mardi 13 juin 2017

Le Hamas, acteur incontournable dans la bande de Gaza

Des combattants des brigades Ezzedine al-Qassam, lors de 
unérailles d'un commandant de la branche armée du Hamas, à Rafah, 
dans la bande de Gaza, le 8 juin 2017. AFP / SAID KHATIB


Rappel des dates-clés du mouvement islamiste palestinien Hamas, grand ennemi d'Israël, qui a pris le pouvoir par la force dans la bande de Gaza il y a dix ans.

Le 14 décembre 1987, le Hamas est créé peu après le début de la première Intifada, le soulèvement palestinien dans les Territoires occupés, par un groupe de militants islamistes se réclamant des Frères musulmans, parmi lesquels cheikh Ahmad Yassine.

Acronyme en arabe de Mouvement de la résistance islamique, il est fondé pour faire pièce au Jihad islamique, petite organisation militaire. Le Hamas va s'employer à développer un très vaste réseau d'aide sociale et d’œuvres de bienfaisance, notamment des écoles.

Le 18 août 1988, le Hamas se dote d'une "charte", destinée à concurrencer celle de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), et qui prône l'instauration d'un Etat islamique sur l'ensemble de la Palestine historique (Territoires palestiniens et Israël).


Premier attentat suicide

En 1990, le Hamas crée sa "branche armée", les brigades Ezzedine al-Qassam, du nom d'un militant nationaliste arabe qui a combattu en Palestine avant la création d'Israël en 1948.

Le 14 septembre 1993, au lendemain de la signature des accords d'Oslo sur l'autonomie palestinienne, trois cents militants du Hamas manifestent contre l'accord et pour la poursuite des attaques contre l'armée israélienne. Le même jour, le Hamas perpètre à Gaza son premier attentat suicide.

Les brigades Qassam vont mener des attaques sanglantes contre des militaires et des civils israéliens, et assassiner de nombreux Palestiniens soupçonnés de collaboration avec Israël.


Éliminations ciblées

Le 22 mars 2004, le chef spirituel du Hamas, cheikh Ahmad Yassine est tué lors d'un raid d'hélicoptère israélien à Gaza, alors qu'il sortait d'une mosquée. Moins d'un mois plus tard, son successeur à la tête du mouvement, Abdel Aziz Rantissi, est lui aussi abattu par un raid israélien.

Plusieurs dirigeants politiques et militaires du Hamas sont morts victimes des assassinats ciblés d'Israël. Parmi eux figurent Yahya Ayyash, tué en 1996 par l'explosion d'un téléphone portable piégé et le chef militaire du Hamas et fondateur des Qassam, Salah Chéhadé, en 2002.


Le Hamas s'empare de Gaza

Le 12 septembre 2005, trois semaines après le démantèlement de la dernière colonie dans la bande de Gaza, l'armée israélienne retire unilatéralement son dernier soldat.

Le 25 janvier 2006, le Hamas emporte haut la main les législatives palestiniennes en écrasant le Fateh, du président Mahmoud Abbas. Lors des législatives de 1996, les premières jamais organisées dans les Territoires occupés, le Hamas avait boycotté le scrutin pour protester contre les accords d'Oslo, et le Fateh avait alors remporté la majorité absolue des sièges au Parlement.

Le 15 juin 2007, à la suite d'une quasi-guerre civile ayant fait des centaines de mort entre les services de sécurité loyaux au Fateh mis en déroute et les islamistes, le Hamas prend le contrôle de la bande de Gaza. Israël renforce son blocus.


Combat "politique", non "religieux"

Le 13 février 2017, un commandant de la branche armée, Yahya Sinouar, est élu chef du Hamas pour Gaza.
Mais le 1er mai, pour la première fois de son histoire, le Hamas annonce de nouvelles orientations politiques qui, de fait, assouplissent -sans toutefois l'annuler- sa charte fondatrice. Il précise mener un combat "politique" et non "religieux" contre Israël et accepte l'idée d'un futur Etat palestinien limité à la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza.

Le Hamas essaie "de duper tout le monde", réagit le gouvernement israélien. Outre Israël, son grand ennemi, le mouvement islamiste est considéré comme "terroriste" par les Etats-Unis et l'Union européenne.

Le 6 mai, Ismaïl Haniyeh est élu à la tête du bureau politique du Hamas, succédant à Khaled Mechaal. Les deux hommes incarnent une ligne modérée au sein du Hamas, pragmatique vis-à-vis d'Israël.

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