samedi 3 juin 2017

Israël a investi des milliards d'euros dans les implantations depuis 1967


Une vue partielle de bâtiments dans la colonie de Shilo, en
 Cisjordanie occupée, le 31 mars 2017 THOMAS COEX (AFP/Archives)

Les projets de construction dans les implantations ne satisfont pas la forte demande de logements

Les gouvernements israéliens ont investi près de 17,9 milliards d'euros dans les implantations de Cisjordanie depuis la guerre des Six Jours et le début de la présence de l'Etat hébreu dans territoire disputé en 1967, a indiqué Roby Nathanson, directeur général de Macro Center for Political Economics, une ONG qui publie des rapports sur les implantations.

La superficie totale des constructions en Cisjordanie a bondi de 100% en 18 ans, a indiqué l'ONG qui précise qu'un Israélien vivant dans les implantations reçoit en moyenne trois fois plus d'aides et de subventions publiques qu'un habitant du territoire israélien.

De son côté, Shlomo Swirski, de l'ONG Adva Center, estime le coût des implantations à 13,47 milliards d'euros pour la seule période 1988-2015. Ces dépenses constituent pour l'Etat "un fardeau qui contribue à creuser les inégalités sociales dans la mesure où l'argent va vers les implantations et la défense, au détriment des budgets sociaux", estime-t-il.

L'implantation israélienne d'Otniel, le 10 février 2017 à Samua, 
au sud de Hébron, en Cisjordanie HAZEM BADER (AFP/Archives)

La publication de ces estimations intervient à l'occasion des 50 ans de la guerre des Six jours et de la présence israélienne en Cisjordanie, alors qu'il n'existe aucun chiffre officiel global sur le montant des dépenses engagées dans les implantations depuis 1967.

Le ministère des Finances, seul à publier chaque année le montant d'une partie des investissements, cite des dépenses de 3,1 milliards d'euros de 2003 à 2015 pour la seule Cisjordanie, un calcul qui n'inclut pas cependant le coût des infrastructures comme les routes ou de la sécurité des implantations.

Le montant ne prend pas non plus en compte Jérusalem-Est, ni la bande de Gaza d'où Israël s'est retiré unilatéralement en 2005.

400.000 Israéliens cohabitent, souvent difficilement, avec 2,6 millions de Palestiniens en Cisjordanie.
Pas une fatalité

Malgré les sommes déjà dépensées, plusieurs ONG favorables à la création d'un Etat palestinien indépendant estiment que la poursuite des implantations n'est pas une fatalité.

Gilad Sher, ancien collaborateur de l'ex-Premier ministre Ehud Barak et un des fondateurs de Blue White Future, ONG se proposant de défendre le "caractère juif et démocratique d'Israël", est persuadé que l'économie israélienne a les moyens de financer les 8,86 milliards d'euros que coûterait selon lui un déménagement de 100.000 Israéliens.

Ce chiffre correspond au nombre d'Israéliens installés dans des implantations isolées en Cisjordanie. Ces implantations sont, à des degrés divers, les plus susceptibles d'être évacuées dans le cadre d'un éventuel accord négocié avec les Palestiniens sur le partage de la terre. En revanche, les grands blocs d'implantations font l'objet d'un large consensus politique en Israël quant à leur annexion.

Des Israéliens évacués de l'avant poste d'Amona, le
 2 février 2017 en Cisjordanie Thomas COEX (AFP)

"Nous avons mis au point un plan détaillé et crédible sur le déménagement de 100.000 habitants des implantations" parce que le gouvernement a refusé de le faire, malgré un rapport officiel de 2010 préconisant un tel plan, dit Gilad Sher.

"Nos conclusions sont claires: la situation n’est en aucun cas irréversible. Des options économiques existent pour appliquer la solution de deux Etats pour deux peuples", dit-il.

Roby Nathanson estime lui aussi "tout à fait possible" le scénario de l'évacuation de 100.000 personnes à condition qu'elle soit étalée sur deux à trois ans. "Le problème n'est pas économique, il est avant tout politique".
Demande pas satisfaite

Les dirigeants des implantations ont critiqué vendredi les plans annoncés par le gouvernement visant à promouvoir de nombreux projets de construction dans les implantations de Cisjordanie, affirmant qu'ils ne satisfaisaient pas la forte demande de logements pour cette population en pleine croissance.

Le Comité de haute planification de l'administration civile doit se réunir la semaine prochaine pour examiner et faire avancer plusieurs projets qui ont été mis en attente pour diverses raisons, notamment la visite du président américain Donald Trump en Israël la semaine dernière.

Les différents projets sur la table du comité comprennent, entre autres, la planification de près de 2 600 maisons. 400 d'entre elles devraient être autorisées à être construites, certaines se trouvant en dehors des blocs d'implantations.

Le Conseil des habitants de Yesha a déclaré dans un communiqué que les plans en discussion n'étaient pas suffisants pour répondre aux besoins des résidents.

Un porte-parole du conseil a déclaré que, même si tous les plans sont approuvés, ils ne suffiront pas de combler la demande de maisons en Cisjordanie.

"Même cela est trop petit par rapport au besoin croissant créé par des années de gel des constructions, et qui a créé une pénurie de maisons en Judée et Samarie", a-t-il déclaré.

(i24NEWS avec agence)

i24news.tv

Aucun commentaire: