lundi 26 juin 2017

Des artistes refusent que leurs oeuvres soient exposées à la Biennale de Sahknin en Israël

Les oeuvres de la Biennale sont exposées dans les commerces et les maisons du village arabe de Sahknin, en Israël. Le directeur de la Biennale accuse le BDS de vouloir détruire des événements pacifiques


Des artistes franco-marocaine et franco-algériennes protestent
 de la présence de leur oeuvres à la Biennale de Sakhnin
 en Israël (Crédit: capture d'écran Biennale de Sakhnin)



La 3e Biennale de la méditerranée qui a lieu à Sakhnin en Israël accueillera des oeuvres créées par des artistes du bassin méditérannéen à partir du 29 juin prochain.
« Les oeuvres seront exposées dans chez des habitants de Sahknin et des commerces qui se sont portés volontaires. Les oeuvres seront exposées dans des épiceries et des bars à chicha de la ville » explique Belu-Simion Fainaru, créateur et organisateur de la Biennale de la méditerranée de Sahknin. « Cette affluence pourra être bénéfique pourra aider ces commerçants ».


Dans sa newsletter, la Biennale annonce qui seront les artistes présents. Parmi eux, Yto Barrada, Bouchra Khalili, et Zineb Sedira, trois artistes françaises originaires d’Algérie et du Maroc.

Mais, rapporte le Huffington Post Maghreb, il semble que les trois artistes n’aient pas été consultées avant d’être exposées à Sakhnin, et elles l’ont fait savoir via les réseaux sociaux.

« Un événement artistique nommé ‘la Biennale Méditerranéenne’ à Sakhnin, Israël, a récemment annoncé à travers la newsletter à grande diffusion e-flux la participation d’Yto Barrada, Bouchra Khalili, Zineb Sedira lors de sa prochaine édition. C’est un mensonge, et une tentative de nous co-opter. NOUS N’AVONS PAS ACCEPTÉ de participer à cet événement, » lit-on sur le message posté.

Ainsi, leurs oeuvres auraient été prêtées par le Frac PACA (Fonds Régional d’Art Contemporain Provence-Alpes-Côte-d’Azur, à Marseille) sans leurs consentements.

Elles précisent enfin être « entièrement solidaires de (leurs) collègues palestiniens et du peuple palestinien ».

« Le Frac nous réclame maintenant leurs oeuvres. A 4 jours de l’ouverture de la Biennale ! » regrette Belu-Simion Fainaru au Times of Israel. « Ces oeuvres avaient été commandées il y a un an, et leur prêt approuvé par une commission artistique de la Frac qui nous a demandé de payer le prêt » appuie Fainaru qui se dit attristé de la décision des trois artistes.

« J’ai constaté beaucoup de réactions au Liban, et dans le monde musulman francophone. Mais également beaucoup de pression venant de personnes proches du mouvement BDS. Ils disent qu’ils se battent pour la cause palestinienne, mais la Biennale se tient à Sahknin, c’est un village arabe, et toutes les oeuvres sont en accès gratuit ».

« Il est dommage que la politique vienne se mêler une nouvelle fois à l’art. Ici il n’est pas question des Territoires, de violence ou de quoi que ce soit. Juste de l’art, qui a le pouvoir de dépasser les clivages politiques, et dont le but est de monter de quelles créations l’homme est capable ».

D’autres artistes musulmans seront exposés lors de cette Biennale. Ils sont originaires de Turquie, du Bahreïn, du Koweït ou encore d’Afghanistan.

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