dimanche 14 mai 2017

Une interview de Aarab Marwan Barghouti: « Les grévistes de la faim ont besoin de notre soutien »

Des mères palestiniennes participent à un rassemblement en
 solidarité avec les prisonniers en grève de la faim, dans la ville de
 Ramallah, en Cisjordanie, le 3 mai - Photo : Ahmad Al-Bazz ActiveStills


Socialist Worker – Une grève de la faim suivie par plus de 1 500 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes entre dans sa quatrième semaine, et les autorités israéliennes continuent de la réprimer.

Interview: Aarab Marwan Barghouti

Environ un sur quatre Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes participe à la grève de la faim qui a été lancée le 17 avril pour exprimer une foule de revendications concernant les conditions de détention et le traitement qu’ils subissent, allant du contact avec leur famille aux soins médicaux et la fin de l’isolement cellulaire. Les responsables israéliens ont réagi par la répression – certains grévistes de la faim ont été mis à l’isolement, tandis que d’autres ont été répartis dans l’ensemble des établissements pénitentiaires israéliens. Plus de prisonniers souffrent des graves conséquences sur leur santé, y compris l’atrophie musculaire et la perte d’équilibre, selon le comité Médias de la grève.

L’un des plus célèbres grévistes de la faim est Marwan Barghouti, dirigeant de la première et seconde Intifadas, qui est derrière les barreaux depuis 15 ans. Son fils, Aarab Marwan Barghouti, s’est entretenu sur l’état actuel de la lutte et l’importance de la solidarité avec Brian Bean à Chicago après une manifestation de solidarité avec les grévistes de la faim.

SW: Quelles sont les causes de la grève de la faim, et quels objectifs les grévistes espèrent-ils atteindre ?

AMB: La grève de la faim a débuté le 17 avril, suivie par plus de 1500 prisonniers politiques palestiniens. Ils sont unis pour faire entendre leur voix contre les conditions inhumaines de détention.

De nombreux grévistes sont en mauvaise santé, aussi ils veulent une amélioration des soins médicaux. Certains sont incarcérés depuis des années sans procès. Et, bien sûr, il leur est tous impossible de voir leur famille de façon régulière. Ils veulent pouvoir toucher leur famille. Ils veulent que la durée des visites passent de 45 minutes à une heure trente, et ils veulent de meilleures conditions de visite pour les membres de leur famille.

Personnellement, j’allais souvent voir mon père avant mes seize ans. Puis après, mes seize ans je ne pouvais plus le voir qu’une fois tous les deux ans. C’est illégal au regard du droit international, mais cela se produit pour de nombreuses familles. Hier, j’ai rencontré le père d’un prisonnier appelé Mohammad, et il m’a dit qu’il n’a pu rendre visite à son fils que six fois en 16 ans.

Ils réclament des conditions humaines et le respect des droits de l’homme. Cette grève a pris le nom de « grève de la faim de la dignité et de la liberté » — dignité parce qu’il est temps de dire c’en est assez des conditions inhumaines en prison, et liberté parce que ce sont tous des combattants de la liberté.

Tout le monde devrait comprendre que ces personnes ne sont pas en prison parce que ce sont des criminels. Ce sont des combattants de la liberté, et ils ne se sont rendus coupables que d’avoir élever la voix contre l’occupation.

SW: Ce n’est, bien sûr, pas la première grève de la faim menée par des prisonniers palestiniens. De Khader Adnan et Samer Issawi à Mohammed Allan et d’autres, l’histoire de la résistance palestinienne qui s’engage dans des grèves de la faim pour protester contre le système d’apartheid en vigueur dans les tribunaux et prisons israéliens est longue. Comment se situe cette grève dans cette histoire du combat ?

Aucun commentaire: