mardi 30 mai 2017

Sur Gaza et l’horreur du siège

Par Haidar Eid
Les étagères vides à l’hôptal Shifa à Gaza, le 11 mai 2017 -source Gettyimages

Haidar Eid est professeur agrégé de littérature postcoloniale et postmoderne à l’Université Al-Aqsa de Gaza. Ses nombreux articles sur la colonisation israélienne en Palestine sont publiés entre autres sur Znet, The Electronic Intifada, Palestine Chronicle et Open Democracy. Cet article a été publié en anglais sur Mondoweiss le 25 mai 2017.

« Nous ne faisions qu’obéir aux ordres ! »
« Il n’y a aucune justification à obéir à des ordres illégaux. Tu te souviens de Nuremberg ? » (dialogue fictif avec un officier israélien).
A la mi-mai, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a averti de l’effondrement imminent de la Bande de Gaza en disant, dans un communiqué sinistre que « la rareté de l’énergie et la pénurie sévère de carburant à Gaza ont ravagé tous les aspects de la vie dans la Bande (…) » et de « la crise imminente » dans les secteurs de la santé publique et de l’environnement à cause du manque d’énergie.

Remontons à Septembre 2015, quand les Nations-Unis ont prévenu que Gaza serait « inhabitable » d’ici à 2020. A l’époque, l’article disait clairement que le PIB de Gaza était tombé à 15% en 2014 et que le chômage avait atteint le sommet record de 44%, et 72% des ménages étaient en insécurité alimentaire ! Le rapport concluait que l'attaque israélienne sur Gaza en 2014 avait accéléré le recul de développement de Gaza.

Quelques années auparavant, les médias israéliens avaient révélé que l’armée israélienne ont calculé le nombre de calories dont les habitants de Gaza ont besoin pour consommer juste pour survivre et éviter la malnutrition.

Et même des années avant cela, Dov Weissglass, conseiller du Premier ministre israélien, avait résumé la politique israélienne vis-à-vis de la zone la plus densément peuplée sur terre : « l’idée est de mettre les Palestiniens à la diète, mais pas de les faire mourir de faim. »

Des décennies de diabolisation des Palestiniens en général, et des Gazaouis en particulier, ont conduit à leur déshumanisation et à la prolifération de stéréotypes et de généralisations catégoriques à leur sujet, comme : « Ils sont faibles, malades, dangereux, fondamentalistes, terroristes, affreux, noirs, arriérés, pauvres, pas civilisés, etc. ». La conscience du monde n’a PAS enregistré le lent génocide qui leur est infligé depuis des décennies et leur mort progressive !

Tant que Israël-Apartheid essaie de normaliser ce « génocide progressif » et prend toutes les mesures possibles pour le justifier, le monde doit s’y opposer en reprenant l’appel BDS de la société civile palestinienne.

Nous comprenons parfaitement que la privation délibérée de la nourriture ou des moyens de cultiver des aliments ou de l’accès à la nourriture sous quelle forme que ce soit est une autre stratégie de l’occupation, de la colonisation israélienne et de l’apartheid en Palestine et, par conséquent, elle doit être considérée comme une aberration, et même comme un pogrom !

Mais ce que nous n’arrivons pas à concevoir, à Gaza, c’est : comment laisse-t-on cela arriver ?

Source : Mondoweiss

Traduction : MR pour ISM

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