mardi 30 mai 2017

Netanyahu : nous devons garder le contrôle militaire de la Cisjordanie

Inflexible sur ses positions, le Premier ministre indique que “l’idée que nous pouvons céder des territoires et conclure la paix n’est pas juste”

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Avigdor
 Liberman, avec le député Avi Dichter et le chef d'Etat-major Gadi Eizenkot, devant 
une nouvelle section de la barrière de sécurité entre Israël et la Cisjordanie, près
 de Tarqumiyah, le 20 juillet 2016. (Crédit : Haim Zach/GPO)


Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mardi qu’Israël devrait maintenir son contrôle militaire sur la Cisjordanie dans le cas d’un accord de paix avec les Palestiniens.
« L’idée que nous pouvons céder des territoires et conclure la paix n’est pas juste », a dit Netanyahu à la radio militaire lors d’une interview précédant la fête de Shavouot.

« Pour garantir notre existence, nous devons avoir le contrôle militaire et sécuritaire sur tout le territoire situé à l’ouest du Jourdain », a-t-il dit, réaffirmant son engagement à une politique rejetée par les Palestiniens, qui veulent un retrait israélien complet du territoire.

A la radio, Netanyahu a affirmé que la racine du conflit ne résidait pas dans les implantations de Cisjordanie, mais plutôt dans l’intransigeance palestinienne concernant la reconnaissance des droits juifs sur n’importe quelle partie du territoire.

La semaine dernière, le président américain Donald Trump a donné l’impression au Premier ministre et au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qu’il était déterminé à travailler sur un accord de paix.

L’implantation d’Ariel, en Cisjordanie. Illustration. 
(Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

« Ce n’est pas à cause des territoires et des implantations », a dit Netanyahu, soulignant l’histoire du conflit entre Juifs et Arabes dans la région depuis 1920, bien avant la fondation d’Israël en 1948 et la conquête de la Cisjordanie en 1967.

Même avant 1967, les Arabes « voulaient se débarrasser de nous à Tel Aviv, et quand nous sommes partis de Gaza [en 2005], ils voulaient [toujours] se débarrasser de nous à Tel Aviv », a dit Netanyahu.

Le Premier ministre a dit que quand Israël avait proposé aux Palestiniens de céder tout le territoire qu’il voulait en l’échange de l’abandon du droit au retour des réfugiés palestiniens de 1948, « ils se sont tortillés dans leur siège et n’étaient pas prêts à donner une réponse. »

« Cette racine du problème était et est toujours ce refus constant des Palestiniens de reconnaître Israël comme la patrie du peuple juif, quelles que soient ses frontières », a dit Netanyahu.

Israël cherche la paix, mais les Palestiniens sont coincés dans leur attitude de ne « pas fonder un état, mais plutôt de nier l’existence d’un état, l’Etat juif », a souligné le Premier ministre.

Dès que cela changera, « alors il y aura un espoir pour la paix, parce que vous ne pouvez pas construire la paix sur des fondations de mensonge », a-t-il dit.

« Aucune nation ne connaît mieux que nous le prix de la guerre ; nous voulons une paix réelle », a ajouté Netanyahu.

Pendant l’interview, Netanyahu a également répété que les états arabes modérés se rapprochaient d’Israël. La paix, a-t-il affirmé, viendra probablement après l’amélioration des relations entre Israël et une partie du monde arabe.

« Un changement se produit. Pas nécessairement avec les Palestiniens, mais dans une partie du monde arabe, ils comprennent qu’Israël n’est pas l’ennemi », a-t-il dit.

Les états arabes comprennent qu’Israël est un allié contre les menaces de l’Iran et du groupe terroriste Etat islamique, a-t-il dit.

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le Premier ministre Benjamin
 Netanyahu saluent le public après les discours qui ont sanctionné la visite de Trump 
au musée d’Israël de Jérusalem, le 23 mai 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Pendant sa visite des 22 et 23 mai en Israël, Trump a répété qu’il voulait négocier un accord israélo-palestinien.

Même si Netanyahu a indiqué qu’il restait sceptique sur la possibilité qu’Abbas veuille un accord, le Premier ministre a dit au président américain que « pour la première fois depuis des années, et, M. le président, pour la première fois de mon existence, je vois un réel espoir de changement. »

Trump a pour sa part été catégorique pendant son dernier discours au musée d’Israël, le 23 mai : Abbas et les Palestiniens « sont prêts à faire la paix ».

Dans les jours qui ont entouré la visite de Trump, certains médias ont affirmé que des états arabes modérés, Arabie saoudite en tête, étaient prêts à proposer une amélioration de leurs relations avec Israël, n’allant cependant pas jusqu’à la reconnaissance, en échange de la relance des négociations de paix avec les Palestiniens.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

Stuart Winer

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