jeudi 11 mai 2017

Israël : feu vert parlementaire à une loi pour créer un « État juif »

Le parlement israélien a approuvé en lecture préliminaire un texte de loi qui définit le pays comme le « foyer national du peuple juif » et rétrograde l'arabe de son statut de langue officielle

Une femme marche près d’un poster montrant les clefs des
 maisons quittées par les Palestiniens en 1948, quelques jours
 avant le 68e anniversaire de la « Nakba » (AFP)


Le parlement israélien a approuvé mercredi en lecture préliminaire un texte de loi controversé définissant Israël comme le « foyer national du peuple juif » et dénoncé par ses détracteurs comme
excluant encore davantage l'importante minorité arabe.

Le texte est « crucial en des temps comme ceux-ci où certains cherchent à saper le droit du peuple juif à un foyer national sur sa terre », disent les notes qui l'accompagnent.

Au contraire, les critiques voient dans le texte un projet discriminatoire pour les Arabes israéliens qui représentent 17,5 % d'une population très majoritairement juive, ainsi qu'une remise en cause de l'équilibre entre les caractères juif et démocratique d'Israël.

Outre la définition d'Israël comme « foyer national du peuple juif », le texte rétrograde l'arabe de langue officielle (avec l'hébreu) à un simple « statut particulier ».

Autre disposition polémique : l'autorisation faite à un groupe, y compris d'une même religion, de vivre en communauté séparée des autres. Cette disposition est interprétée comme permettant l'établissement de communautés exclusivement juives.

Le texte, approuvé dimanche par un comité ministériel, l'a été mercredi au parlement par 48 voix contre 41, sur 120 députés.

Après ce vote préliminaire et un passage en commission, le texte devra être soumis à trois lectures successives en séance plénière pour éventuellement intégrer les lois fondamentales israéliennes tenant lieu de constitution.

Pour le député Avi Dichter, du parti Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ce projet dont il est l'initiateur est « le moyen de fixer dans la loi notre identité nationale tout en restant un État démocratique ».

« Aucune loi d'apartheid, aussi raciste et nationaliste qu'elle soit, ne changera rien au fait que deux peuples vivent ici », a dit en revanche Ayman Odeh, chef d'une alliance majoritairement arabe au parlement, accusant « le gouvernement d'extrême droite [d'essayer] de déclencher un incendie de haine nationaliste ».

AFP

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