mercredi 10 mai 2017

Fatima Hjeiji, 16 ans, assassinée par les troupes israéliennes d’occupation…

Une seule politique : tuer... La dépouille de la jeune Fatima a
 montré une vingtaine d'impacts de balles... - Photo : MaanImages


Nigel Wilson – Fatima Hjeiji est le septième enfant assassiné par Israël en 2017.

La famille de Hjeij, une élève talentueuse en mathématiques, ne croit pas à la version de la police israélienne d’occupation sur ce qui s’est passé.

À la maison familiale de Hjeiji, dans le village de Qarawat Bani Zeid en Cisjordanie sous occupation, les camarades de classe, les amis et les proches de Fatima Hjeiji se sont rassemblés pour rendre hommage.

Une par une, les femmes et les filles ont étreint la mère de Fatima Dareen et ont offert leurs condoléances.

« Elle était une fille si charmante. Tout le monde à l’école l’aimait », a déclaré Nadin Imad, âgée de 17 ans, qui a fréquenté l’école des filles dans le village avec Fatima.

« J’étais en classe avec elle depuis la première année. Elle avait un personnalité très forte et n’avait pas peur de dire ce qu’elle voulait. »

L’après-midi du jour qui précède avait commencé comme toute autre après-midi dans la maison familiale Hjeiji. Fatima, âgée de 16 ans, était rentrée de ses cours vers 13h30 et avait raconté à sa mère les événements de la matinée.

« C’était un jour normal, avec rien d’inhabituel », raconte Dareen Hjeiji.

« Elle m’a parlé de sa journée scolaire, de ses amis, de ses enseignants et de son travail. J’ai dû sortir de la maison pour me rendre à un rendez-vous chez le médecin. Fatima ne m’avait pas dit qu’elle allait à Jérusalem pour rendre visite à sa famille ».

L’oncle de Fatima, Salameh Hjeiji, a déclaré à Al Jazeera qu’il pensait que l’adolescente était allée visiter un autre oncle et une tante qui vivaient dans la vieille ville de Jérusalem.

Mais l’adolescente n’avait pas dit à sa famille proche ce qu’elle avait prévu de faire et n’avait pas le permis d’entrée qui lui aurait donné la possibilité de passer par les barrages militaires israéliens qui séparent Jérusalem de la Cisjordanie occupée.


Prétendue attaque

Plus tard dans la soirée, un membre de la famille a reçu un appel téléphonique du DCO, le bureau de coordination militaire palestino-israélien commun en Cisjordanie, les informant que Fatima avait été abattue par la police paramilitaire israélienne près de la porte de Damas à Jérusalem.

Peu de temps après, le père de Fatima, Afeef, a reçu un appel d’un agent de renseignement israélien lui demandant de venir à Jérusalem et d’identifier le corps de Fatima.


Des affiches nouvellement collés sur un mur à Qarawat Bani Zeid, représentent 
Fatima Hjeiji qui a été abattue le 7 mai – Photo : Nigel Wilson/Al Jazeera


Il a également été interrogé par des officiers du renseignement pendant trois heures ce soir-là, a-t-il déclaré à Al-Jazeera.

La police israélienne a prétendu que Fatima aurait tenu un couteau et tenté d’attaquer des officiers paramilitaires israéliens près d’une entrée de la vieille ville. Ces officiers on ensuite tiré et tué l’adolescente.

La déclaration a ajouté qu’une lettre avait été trouvée sur le corps, citant les versets coraniques et adressée à sa famille avec la signature « martyr ».

Mais la mère de Fatima ne peut pas donner foi à ce qui s’était passé la veille et croyait que les policiers n’avaient aucune justification pour tuer ainsi sa fille.

« Je ne pourrais jamais imaginer que ma fille fasse ça », a-t-elle dit. « Je ne crois pas à ce que la police israélienne a dit ».

Selon les rapports de témoins oculaires cités par les médias locaux, Hjeiji se trouvait à environ 10 mètres des policiers lorsqu’ils l’ont tuée.

Certains témoignages établissent que les policiers ont continué à tirer sur l’adolescente après sa mort et alors qu’elle ne pouvait plus représenter la moindre menace.

Alors qu’une vague de violence récurrente a commencé en octobre 2015, impliquant principalement des attaques de Palestiniens contre des Israéliens, un certain nombre de groupes locaux et internationaux de défense des droits de l’homme ont exprimé des inquiétudes sur le fait que les forces répressives israéliennes utilisaient une violence hors de toute proportion face aux Palestiniens qui commettaient des attaques ou étaient été soupçonnés de vouloir le faire.


La famille de Fatima Hjeiji reçoit les condoléances des amis
 et proches dans une salle communautaire du village 
de Qarawat Bani Zeid – Photo : Nigel Wilson/Al Jazeera


En décembre 2015, la police israélienne a assoupli ses règles pour tirer à vue, ce qui permet aux officiers de tirer sans sommation et à balles réelles [sur les jeunes Palestiniens] qui jettent des pierres ou des coktails Molotov, sans avoir à utiliser d’abord des armes non mortelles.

Dans une enquête récemment publiée, le groupe israélien de défense des droits de l’homme B’Tselem a relevé que 101 Palestiniens avaient été assassinés par les forces de sécurité israéliennes en 2016, dont 31 mineurs.

L’ONG a déclaré que « ces incidents ont été rendus possibles grâce à une politique autorisant les tirs dans le but de tuer dans des cas définis comme « incidents d’agression » et une approche « à la gâchette facile » contre les manifestants ou les jeteurs de pierres ».

DCI-Palestine (DCIP), une ONG de défense des droits de l’enfant, a noté que Fatima était le septième enfant palestinien à être tué par les forces répressives israéliennes en 2017.

« Les forces de sécurité israéliennes utilisent systématiquement une force délibérée contre les jeunes Palestiniens », a déclaré dans un communiqué Ayed Abu Eqtaish, directeur de programme auprès de DCIP.

« Une telle force excessive, sans un minimum d’obligation de rendre compte, prouve une approbation tacite pour tuer les enfants en toute impunité ».

L’aînée de quatre frères et sœurs, Fatima était une très bonne élève et elle aimait écrire des poèmes et de la prose dans son temps libre, mais elle excellait particulièrement en mathématiques, a rappelé sa famille.

« Elle faisait partie d’un club pour les étudiants doués en mathématiques à Ramallah », a déclaré sa maman Dareen.

Dareen a parlé d’elle comme d’une enfant calme, tranquille et gentille, notant qu’elle était aimée de ses camarades de classe.

L’adolescente était politiquement consciente et avait l’ambition de travailler dans les médias après avoir terminé ses études.

« Elle s’exprimait très bien et écrivait tout aussi bien », raconte Dareen. « Toujours elle regardait les informations parce qu’elle voulait être journaliste quand elle serait plus grande ».

9 mai 2017 – Al-Jazeera – Traduction : Chronique de Palestine

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