mercredi 5 avril 2017

Mossoul : « Nous avons enterré nos parents et nos voisins, un par un »

Tom Westcott

Les survivants de l’attaque du 25 mars qui a fait 18 morts affirment que les bombardements de la coalition ont tué plus de civils que l’EI


« Ils ont tué mon fils », témoigne la grand-mère
 d'Abdulrahman (MEE/Tom Westcott)

MOSSOUL, Irak – « Ils disent que vous n’entendez pas la bombe qui vous frappe. Et c’est vrai. J’ai vu les murs s’écrouler autour de moi et je pensais que je rêvais jusqu’à ce que je repousse des
morceaux de béton qui me tombaient dessus, sur mon lit », raconte Abdulrahman, en se rappelant le raid aérien à l’est de Mossoul le 25 mars dernier, qui tua dix-huit personnes, dont ses parents et son jeune frère.

« J’ai attendu sous les couvertures pendants deux minutes jusqu’à ce que tout devienne silencieux et ensuite, j’ai crié pour que mon frère Adnan, qui partage la chambre avec moi, m’entende », raconte celui qui a 19 ans. « J’ai crié : ‘’Es-tu en vie ?’’ et il m’a répondu. »


« Le toit avait cassé notre maison en deux. J’ai appelé et appelé encore mes parents. Mais personne ne me répondait »

-Abdulrahman, survivant de l’attaque aérienne sur Mossoul

Adnan, 21 ans, a été légèrement blessé. Alors Abdulrahman lui a dit d’attendre dans ce qu’il restait de leur chambre pendant qu’il partait à la recherche de leurs parents dans les ruines fumantes de leur maison familiale.

« J’ai commencé à marcher – ou plutôt j’essayais de marcher – mais il n’y avait vraiment plus rien de plat. C’était comme si j’escaladais une montagne », raconte-t-il.

« Quand j’ai atteint le salon, j’ai vu que le toit avait coupé la maison en deux. J’ai appelé et appelé encore mes parents. Mais personne ne me répondait. Tout était si horriblement silencieux. »

En réalisant que leurs parents étaient piégés sous les décombres, Abdulrahman est revenu vers son frère et a recommencé à crier désespérément, en espérant que quelqu’un l’entendrait. Leur voisin, Raffa – dont la maison avait aussi été détruite dans l’attaque – lui répondit et lui dit de ramper en direction de sa voix.

« Nous avons rampé et rampé, et finalement, nous nous sommes retrouvés tout près de sa voix. Il a tendu sa main, je l’ai agrippée et il m’a sorti des décombre », témoigne Abdulrahman.

« La première chose que j’ai vue, c’est son fils, Mohammed, 12 ans, allongé sur le sol, en train de se tordre et de hurler. Sa jambe saignait beaucoup et il était si gravement blessé que j’étais terrifié à l’idée de le regarder. »

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