vendredi 14 avril 2017

Marine Le Pen sera "le plus grand défenseur de la communauté juive de France"

Marine Le Pen's presidential campaign headquarters in Paris 
are hit by an arson attempt, April 13, 2017
FRANCOIS NASCIMBENI (AFP/File)


"Israël est un Etat souverain et a le droit de fixer sa capitale où il veut"

La candidate à l’élection présidentielle Marine Le Pen sera si elle est élue, "le plus grand défenseur de la communauté juive de France", a-t-elle affirmé lors d’une interview publiée jeudi dans le magazine israélien Makor Rishon, ajoutant par ailleurs que l’Etat d’Israël avait "le droit d’établir sa capitale où il le souhaite".

Cette déclaration intervient alors que la polémique concernant les propos de la candidate d’extrême droite sur la rafle du Vel d’Hiv fait rage et suscite un regain de doute dans l’opinion publique sur l’hostilité du parti Front National (FN), auparavant dirigé par son père Jean-Marie Le Pen, envers les minorités y compris la communauté juive.

"J’ai toujours été très claire à ce propos, tout le monde sait que nous sommes en rupture avec mon père sur ce sujet, même si cela me peine, car il s’agit de mon père", a affirmé Marine Le Pen à Makor Rishon.

The rise of French left-wing candidate Jean-Luc Melenchon brought him closer 
to his dream of a duel with his nemesis Marine Le Pen and rival for 
the anti-establishment mantle SEBASTIEN BOZON (AFP/File)


Malgré une campagne de "dédiabolisation" du FN menée par Marine Le Pen depuis plusieurs années, le parti est régulièrement impliqué dans des scandales antisémites. Des faits qu’elle a tenté de justifier auprès du journal israélien.

"Vous pourrez toujours condamner des politiciens qui ont quelqu’un autour d’eux qui est suspecté d’être antisémite. Il y a des antisémites, y compris dans l’entourage de François Fillon, Emmanuel Macron, Mitterrand, et même de Gaulle", a-t-elle poursuivi.
"Bouclier" contre l'islam radical

Marine Le Pen s’est par ailleurs "étonnée" de la considération qu’elle juge négative des institutions juives de France à son égard.

"Pourtant ils savent que je suis le meilleur bouclier pour les Juifs de France contre l’islam radical", a-t-elle avancé, affirmant que de nombreux Juifs français votent pour elle pour justement pour cette raison, "je suis l’arme la plus fiable pour les défendre", a jugé la candidate.

Pour elle, "l’islam radical" est le principal danger à combattre, et dans ce contexte, Le Pen a admis que les Juifs français étaient une cible prioritaire. "Chaque jour, des jeunes Juifs sont insultés, humiliés, frappés", a-t-elle encore dit.
Marine Le Pen "vexée" par Israël

Interrogée sur la politique israélienne, Marine le Pen en a profité pour exprimer son amertume envers le gouvernement de Netanyahou. Elle s’est dit "vexée" de l’attitude d’Israël qui "ne veut pas de relations avec nous".

Le gouvernement israélien refuse tout contact avec le Front national français "étant donné l'idéologie et l'histoire de ce parti" avait précisé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon, et a décliné les demandes de rencontre officielle avec des cadres du parti à plusieurs reprises.

"Israël aussi se défend et protège sa souveraineté nationale, comme je veux le faire pour la France, alors pourquoi cette attitude à mon égard?", a-t-elle déploré.

Concernant un éventuel transfert de l’ambassade française à Jérusalem, la chef du Front National a d’abord déclaré que cela "déprendra des négociations" de paix dans le conflit israélo-palestinien, avant de précisé qu’elle n’était cependant pas opposée à cette idée.

"Israël est un Etat souverain et a le droit de fixer sa capitale où il veut. Ce n’est pas à nous Français de décider quelle sera la capitale de l’Etat d’Israël", a-t-elle jugé.

Marine Le Pen a également indiqué qu’elle était ferment opposée au mouvement de boycott de l’Etat hébreu, BDS, condamnant le soutien du Parlement européen à cette organisation.

La présidente du Front national est au coude à coude dans les sondages avec le candidat Emmanuel Macron, tous deux désigné comme vainqueurs du premier tour de l'élection présidentielle, mais reste toutefois donnée perdante au seconde tour.

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