vendredi 7 avril 2017

L’objectif occidental est de démembrer la Syrie


Abdel Bari Atwan - Photo: via Quantara.de

Abdel Bari Atwan – La création de « zones intermédiaires de stabilité » signifie démembrer le pays, en commençant par l’État post-islamique d’al-Raqqa.

Le même son de cloche inquiétant est de plus en plus entendu à Washington et dans quelques capitales européennes ces jours-ci, et s’est fortement répandu dans les
médias occidentaux. Il appelle à la partition de la Syrie par l’établissement de zones autonomes intérimaires pour les différents groupes ethniques et religieux, comme solution préliminaire à la crise syrienne.

J’ai personnellement participé à un certain nombre de programmes de discussion au cours desquels j’ai été surpris d’entendre cette proposition répétée sous différentes formes, notamment par des experts américains impliqués dans la conférence internationale sur la guerre contre le terrorisme tenue plus tôt ce mois-ci à Washington.

Le nouveau secrétaire d’État américain, James Tillerson, un nouveau venu à la politique, a articulé dans des termes assez édulcorés le plan qui est actuellement et rapidement mis en œuvre sur le terrain par l’armée américaine. Il a déclaré que les États-Unis établiraient des « zones provisoires de stabilité » en Syrie, tout en ajoutant que celles-ci seraient différentes des « zones de sécurité » que l’opposition syrienne demande, et que « leur objectif est de permettre aux réfugiés syriens de revenir chez eux ».

Pour le dire plus brutalement et brièvement: le partage de la Syrie pourrait commencer par la ville d’al-Raqqa et ses environs – et cela pourrait servir de première étape – sous le prétexte officiel de la protection des réfugiés – dans l’imposition du changement de régime. C’est précisément ce qui a été fait en Libye, lorsque la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU demandant la protection des civils a servi de couverture pour bombarder le pays et renverser son régime.

Qu’il s’agisse de la capture du barrage et de la base aérienne de Tabaqa par les forces américaines (300 troupes au sol) soutenues par le SDF kurde (Forces démocratiques syriennes) sous prétexte d’empêcher l’effondrement ou la destruction du barrage, de la prise de contrôle de l’écoulement de l’eau de l’Euphrate depuis la région de Jarablos en amont, ou de la coupure de toutes les voies d’approvisionnement de l’État islamique (IS) au nord-est… toutes ces étapes sont préliminaires vers la mise en place de la première zone autonome parrainée par les États-Unis dans la province de Al-Raqqa.

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