mercredi 5 avril 2017

Les prisonniers palestiniens se préparent à une grève de la faim de masse


Dima al-Wawi, 12 ans, dans les bras de son père son père après avoir 
été libérée d'une prison israélienne après 75 jours de détention, 
le 24 avril 2016 - Photo : ActiveStills/Oren Ziv


Ma’an News – Après que les Palestiniens affiliés au Fatah et détenus dans les prisons israéliennes aient décidé d’organiser une grève massive de la faim qui démarrera le Jour des Prisonniers ce mois-
ci, des dizaines de prisonniers palestiniens de tout le spectre politique se sont engagés à y participer.

La grève, dirigée par le membre du comité central du parti, Marwan Barghouti, devrait débuter le 17 avril. Elle vise à obtenir une liste de revendications, dont la fin des interdictions et des interruptions dans les visites familiales, des soins médicaux appropriés, la fin de la négligence médicale délibérée et la fin de l’isolement et de la détention administrative.

Un accord de 2012 qui avait mis fin à un mouvement identique de grève de la faim et impliquant environ 2 000 prisonniers palestiniens, était censé en finir avec la politique d’internement israélienne sans procès ou accusation et largement condamnée, mais quelque 536 Palestiniens restent détenus en détention administrative, selon le groupe de défense des droits des prisonniers Addameer.

Dans un communiqué publié samedi, le Comité palestinien des prisonniers a déclaré que, outre les 430 prisonniers affiliés au Fatah détenus à la prison de Gilboa qui se sont déjà engagés à entreprendre une grève de la faim, quelque 70 prisonniers du Front populaire pour la libération de la guerre La Palestine (PFLP) et du Front démocratique pour la libération de la Palestine (DFLP) à Gilboa se joindraient également à la grève le 17 avril.

Barghouti, le dirigeant du Fatah dans la prison de Waddah al-Bizreh, qui est emprisonné depuis 15 ans sous le coup de multiples peines d’emprisonnement à perpétuité, a fait savoir que des comités ont été formés à Gilboa pour que la grève réussisse.

Muhammad Abbad, un autre dirigeant du Fatah à Gilboa, a déclaré qu’il estimait que les prisonniers palestiniens de toutes les factions ont une « occasion historique » de se réunir et de placer la question des prisonniers à l’avant-garde sous la direction de Barghouthi.

Plus tard ce samedi, le Comité palestinien des prisonniers a déclaré que tous les prisonniers palestiniens de la prison d’Hadarim, quelle que soit leur affiliation politique, avaient également décidé de se joindre à la grève générale de la faim.

Selon la déclaration, 120 prisonniers palestiniens sont détenus dans la prison d’Hadarim, dont la majorité endurent de longues peines.

Sur les 120 prisonniers, 65 sont affiliés au Fatah, 27 au Hamas, 16 au Jihad islamique, cinq au FPLP et trois au DFLP.

Jeudi, le Fatah a demandé au peuple palestinien et aux militants du monde entier de les soutenir dans leur prochaine grève de la faim.


Traitement « brutal et inhumain » des prisonniers par Israël



La déclaration dit que la décision de se lancer dans une grève de masse était en réponse au traitement « brutal et inhumain » des prisonniers palestiniens par les autorités israéliennes et au refus de visites familiales régulières.

Parmi les principales revendications portées par la grève figurent le retour de la deuxième visite mensuelle qui a été suspendue par le Comité international de la Croix-Rouge l’année dernière; la fin des interdictions des visites familiales et des refus de visites pour les relations de premier et deuxième degré, la prolongation de la durée des visites de 45 minutes à une heure et demie, et enfin la permission de photographier les prisonniers avec leurs familles tous les trois mois.

L’utilisation israélienne de l’isolement cellulaire pour les prisonniers palestiniens, les méthodes de fouille « provocantes et humiliantes », la mauvaise qualité de la nourriture carcérale, les amendes infligées par Israël, les sanctions collectives, le manque d’éducation accessible, l’interdiction de recevoir des vêtements de l’extérieur de la prison, les restrictions sur les rituels religieux , la négligence médicale « délibérée » et d’autres violations israéliennes [des droits des prisonniers] ont été citées dans la déclaration comme les raisons pde la décision d’organiser la grève de la faim en masse.

Addameer a également appelé « les militants et personnes de conscience » à à participer à des actions de solidarité pour la Journée des prisonniers palestiniens et de faire de tout le mois d’avril un « Mois des prisonniers palestiniens ».

Selon Addameer, 6 500 Palestiniens étaient détenus dans les prisons israéliennes à la date du mois de janvier, dont 53 femmes et 300 enfants.


Une oppression séculaire



Le groupe a noté que 2017 marque le 100e anniversaire de la déclaration de Balfour, des 70 ans de Nakba et de 50 ans d’occupation militaire – « 50 ans de tribunaux militaires et d’ordres militaires, contrôlant tous les aspects de la vie civile et politique palestinienne ».

« C’est aussi l’année de tenir l’occupation israélienne responsable de ses actes et d’exiger la libération immédiate de tous les prisonniers politiques palestiniens », a déclaré le groupe de défense des droits des prisonniers.

« Chaque année, l’armée israélienne arrête des milliers de Palestiniens avec la volonté de supprimer toute résistance à la poursuite des politiques d’occupation et d’apartheid. Parmi ceux-ci, il y a des centaines d’enfants », a déclaré le communiqué, ajoutant que « dans de nombreux cas, les enfants palestiniens sont torturés, maltraités, placés en isolement cellulaire et contraints de signer une confession en hébreu, une langue que la plupart des enfants palestiniens ne comprennent pas. »

« Tous les jours, les prisonniers palestiniens sont sur le front de la lutte, font l’objet d’interrogatoires avec tortures, de raids nocturnes, d’isolement cellulaire et d’attaques implacables contre leurs droits aux mains des forces d’occupation israéliennes. Ces attaques bénéficient de la complicité et du soutien d’entreprises internationales. La ‘Journée des prisonniers palestiniens’ est un moment critique pour se défendre contre la complicité de l’État et de certaines entreprises avec l’enfermement par Israël des prisonniers politiques palestiniens ».

2 mars 2017 – Ma’an News – Traduction : Chronique de Palestine

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