dimanche 9 avril 2017

Les affrontements armés s'intensifient dans le camp de Aïn el-Héloué


Une colonne de fumée s'échappe du camp de réfugiés palestiniens de
 Aïn el-Héloué, dans la banlieue de Saïda, au Liban-sud, suite à des 
affrontements armés le 8 avril 2017. Photo AFP / Mahmoud ZAYYAT



Environ quatre blessés suite aux combats qui font rage dimanche.

Les affrontements armés dans le camp de Aïn el-Héloué (Liban-Sud), opposant sans arrêt depuis vendredi des membres du comité conjoint de sécurité et du mouvement Fateh à des partisans de Bilal Badr, un responsable du groupuscule terroriste Fateh el-Islam, se sont intensifiés dimanche matin, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Les combats de dimanche ont lieu dans la rue Fouqani, où des détonations de roquettes sont entendues. Trois de ces roquettes sont tombées à l'extérieur du camp. L'une d'entre elles a touché l'hôpital gouvernemental de Saïda. Une autre est tombée sur le quartier Taamir. Ces tirs n'ont fait aucune victime.

Les accrochages à l'intérieur du camp ont fait "environ quatre blessés" dimanche, selon l'agence, portant le bilan à deux tués et 27 blessés depuis vendredi. L'une des personnes tuées a été identifiée. Il s'agit de Mohammad Jamal Hamad. Le chef de la Brigade Fateh, Jamal Kodsieh, fait partie des blessés.

Des colonnes de fumées s'échappaient dimanche de l'agglomération, en raison des commerces et maisons qui brûlent en raison des combats.

Face à ces développements, l'armée libanaise a renforcé ses positions aux abords du camp.

Aïn el-Héloué est le plus grand camp de réfugiés palestiniens du Liban. L'armée libanaise n'y entre jamais et la sécurité y est assurée par les factions palestiniennes, conformément à un accord remontant à 1969.

Le Fateh s'est dit déterminé à poursuivre les combats afin de mettre un terme aux îlots sécuritaires à l'intérieur du camp et pour que Bilal Badr lui soit livré. Il y aurait plusieurs initiatives de médiation en cours. L'une d'entre elle prévoit la prise du contrôle d'un quartier par le mouvement islamiste Isbat al-Ansar qui se chargerait de superviser Bilal Badr. Toutefois, le Fateh aurait refusé cet accord, affirmant vouloir le déploiement des forces du comité conjoint de sécurité de sorte à mettre un terme au contrôle exercé par Bilal Badr à l'intérieur du camp.

Les combats ont éclaté vendredi après le déploiement des membres du comité dans la rue Fouqani.

Fin février, Aïn el-Héloué avait déjà été le théâtre d'affrontements meurtriers entre des combattants du Fateh et des groupes islamistes. Les accrochages avaient éclaté après le retrait du Fateh du comité conjoint chargé de la sécurité à l'intérieur du camp. Depuis, les accrochages sont devenus récurrents.

Environ 450.000 Palestiniens sont inscrits au Liban auprès de l'Unrwa. La plupart vivent dans des conditions difficiles, répartis dans les 12 camps du pays.

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