mercredi 19 avril 2017

Israël reste ferme face aux détenus palestiniens en grève de la faim

Les prisonniers réclament des conditions de détention « dignes ».

Des milliers de Palestiniens ont défilé, lundi, « pour dire aux prisonniers qu’ils ne sont pas seuls »,
 à Bethléem, en Cisjordanie occupée, et ont eu des affrontements violents avec les forces de l’ordre israéliennes. 
Chaque année, depuis 1974, le 17 avril marque une journée nationale de mobilisation en faveur des 
prisonniers palestiniens détenus dans les geôles israéliennes. Ahmad Gharabli/AFP PROCHE-ORIENT


Israël a affirmé hier qu'il refuserait de négocier avec le millier de prisonniers palestiniens ayant entamé, la veille, une grève de la faim pour réclamer des conditions « dignes » de détention. « Il s'agit de terroristes et d'assassins qui reçoivent ce qu'ils méritent, et nous n'avons pas de raisons de négocier avec eux », a affirmé le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, à la radio militaire.
Quelque 1 300 détenus, selon l'Autorité palestinienne, refusent depuis lundi de s'alimenter dans différentes prisons israéliennes. Ce mouvement, inédit depuis 2013, a été initié par le leader Marwan Barghouthi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié « d'architerroriste » dans un communiqué. M. Barghouthi purge cinq peines de perpétuité pour des attentats meurtriers durant la deuxième intifada (2000-2005). Les grévistes de la faim sont issus de toutes les mouvances politiques palestiniennes, du Fateh du président Mahmoud Abbas et de son grand rival Marwan Barghouthi, aux partis de la gauche en passant par le Hamas islamiste qui a salué « les valeureux prisonniers » grévistes. « Têtes couronnées et estomacs vides », a titré hier le quotidien palestinien al-Hayat el-Jadida, en soulignant le « soutien du peuple » après la tenue de manifestations de solidarité à travers les territoires occupés.
Dès lundi, l'administration pénitentiaire israélienne avait procédé à des transferts pour tenter de briser ce mouvement. M. Barghouthi, régulièrement en tête dans les sondages sur une hypothétique présidentielle palestinienne, et d'autres figures du mouvement ont été envoyés vers d'autres prisons et placés en isolement. Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a prévenu dans un communiqué qu'il était favorable « à l'approche de Margaret Thatcher » face aux grévistes. Il faisait allusion au refus de la Première ministre britannique, en 1981, de céder aux exigences de détenus irlandais de l'IRA grévistes de la faim. Dix d'entre eux étaient décédés à la suite de ce mouvement de protestation. La ministre de la Justice, Ayelet Shaked, a affirmé à la télévision que les autorités « n'hésiteront pas à utiliser la loi autorisant à nourrir de force des détenus en grève de la faim ». Cette loi a été votée en 2015 et concerne les grévistes de la faim dont la vie est jugée en danger.
Interrogé, un porte-parole de l'administration pénitentiaire a assuré qu'aucun incident n'avait été signalé hier et que le nombre de grévistes est resté stable, à 1 100 détenus. Mahmoud Abbas a, lui, appelé « la communauté internationale à intervenir immédiatement pour sauver la vie des détenus grévistes de la faim ». Ces derniers demandent des téléphones publics, des droits de visite élargis, la fin des « négligences médicales » et des mises à l'isolement, ainsi que l'accès à davantage de chaînes télévisées et la climatisation.
La question des prisonniers est cruciale pour les Palestiniens, alors que 850 000 d'entre eux ont été incarcérés depuis 1967 et l'occupation des territoires palestiniens, selon leurs dirigeants. Chaque famille, répètent régulièrement responsables et anonymes, a au moins un membre en détention ou passé par la prison.
Source : AFP

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