dimanche 23 avril 2017

« Israël » aboie : les prisonniers palestiniens sont debout

Par Fadwa Nassar

Les prisonniers palestiniens ont entamé une grève de la faim collective, à partir du 17 avril, la journée nationale du prisonnier palestinien. 1500 prisonniers détenus dans la plupart des prisons sionistes, sur le total de 7500, ont rejoint la grève, annoncée par Marwan Barghouty, dirigeant au Fateh. Les grévistes appartiennent à la plupart des mouvements de résistance. Ils réclament la cessation des pratiques immorales et inhumaines à leur encontre, et d’être considérés comme des êtres humains. Ils demandent la fin de la politique de l’isolement, des soins aux malades et aux blessés par des médecins palestiniens et non par des tortionnaires, l’arrêt des incursions sauvages nocturnes dans les cellules, ainsi que leurs droits acquis au fil des années, et que les sionistes ont peu à peu retirés, comme les droits de visite familiale dans le respect de la dignité humaine, l’inscription aux universités, etc. Bref, ils réclament que leur humanité soit prise en compte par les geôliers et l’administration pénitentiaire, et les sionistes d’une manière plus générale.
Au fur et à mesure que les journées de grève passent, la mobilisation des masses palestiniennes autour de leur lutte s’élargit et d’autres prisonniers rejoignent le mouvement. Car les prisonniers, pour le peuple palestinien, ce sont ceux qui ont protesté contre l’occupation, en paroles ou par les armes, ceux que l’occupant a kidnappé de leur maison, au milieu de leur famille, ceux qui représentent l’âme du peuple palestinien. Renouant avec la grève collective, les prisonniers rejoignent l’Intifada al-Quds, à partir des prisons, et la relancent en même temps, dans la rue, les villages, les camps et les villes, que ce soit en Cisjordanie et al-Quds, dans les territoires occupés en 48, dans la bande de Gaza et dans l’exil. L’occupant lance ses criminels contre les manifestants, qui arrêtent anciens prisonniers et journalistes. Il transfère les prisonniers grévistes, et isole certains jugés à la tête du mouvement. Mais la lutte est lancée, dans les prisons et dans la rue. Quelques semaines après la journée de la terre, du 30 mars, la journée des prisonniers et la grève expriment en continu la volonté du peuple palestinien : « Nous voulons vivre libres sur notre terre, nous refusons l’occupation, la colonisation et les soi-disant solutions internationales. La Palestine est notre terre ! Les colons, dehors ! »
Car la question des prisonniers n’est pas un dossier séparé de l’occupation et de la résistance à cette entreprise coloniale qui a débuté à la fin du XIXème siècle, elle est juste l’expression de la volonté de résistance du peuple palestinien. Derrière les barreaux de l’occupant colonial, plus de 200 combattants prisonniers furent exécutés ou abandonnés à la mort par la maladie, des centaines de prisonniers souffrent de maladies chroniques et de blessures non soignées, plusieurs centaines d’enfants croupissent dans des cellules nauséabondes, subissant les tortures morales et physiques au cours des interrogatoires menés par des colons haineux. Les tribunaux coloniaux prononcent de plus en plus de lourdes peines contre des Palestiniens et relâchent les tueurs sionistes. Quant à la pratique de la torture, elle est légalisée puisque pour la société coloniale sioniste, les prisonniers palestiniens ne sont que des « terroristes ».
Outrés que l’Autorité palestinienne de Ramallah n’ait pu stopper le déclenchement de la grève de la faim des prisonniers, comme elle le fait en Cisjordanie en arrêtant les militants, les dirigeants sionistes ont monté le ton, et commencé à aboyer : l’un demande de tuer les prisonniers, l’autre conseille de les laisser mourir de faim, comme l’a fait Tatcher en Grande-Bretagne lors de la lutte des prisonniers irlandais, un autre interdit de soigner les grévistes dans les hôpitaux coloniaux, et chacun y va de son venin. Car la grève des prisonniers, relayée par les médias internationaux, les dérange. L’article de Marwan Barghouty, qui a réussi à percer le blocus médiatique américain, paru dans le New York Times, les a ébranlés. Il y décrit les tortures subies lors de sa première arrestation et les menaces des instructeurs sadiques. Les colons et leurs amis dans le monde sont offusqués : comment un tel journal a-t-il publié un article écrit par un « terroriste » ? Ils ne comprennent pas qu’une partie de l’opinion internationale les lâche, sous la pression des peuples qui voient l’occupant colonial autrement que le voyaient leurs parents, ayant à présent des outils pour mieux voir et analyser. De plus, ils s’imaginent que le monde vit au rythme des accusations à l’antisémitisme, accusations dont seuls les gouvernements occidentaux et des organismes de l’ONU tiennent compte, depuis que la barbarie sioniste a dépassé en horreur tout ce qu’il est possible d’imaginer.
Si les gouvernements occidentaux renvoient aux sionistes colonisateurs l’image d’une société civilisée, c’est uniquement parce que le miroir utilisé est déformé par des siècles de haine envers les peuples de la région. Si cette image les conforte dans leur position et leurs crimes, celle que leur renvoient leurs victimes, les prisonniers palestiniens, et tout le peuple dont ils sont issus, n’est que celle d’envahisseurs venus d’ailleurs, de profanateurs de lieux saints, d’assassins et de massacreurs. Le vernis « démocratique » qui l’entoure et que veulent nous imposer de voir les capitales occidentales se heurte aux monstruosités commises, bien avant 1948, mais surtout lors de la Nakba, mais aussi à celles commises à présent, à Gaza, en Cisjordanie, dans al-Quds, al-Naqab, al-Aghwar, et dans les prisons.
Aujourd’hui, les prisonniers, nos frères et nos sœurs, sont debout et luttent, ils ont décidé d’affronter l’occupant. Que les sionistes aboient tant qu’ils peuvent et déversent leur haine. C’est l’indication que nous sommes dans la bonne voie.

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