samedi 22 avril 2017

Israël : 300 prisonniers palestiniens ont moins de 18 ans


Un Palestinien de 13 ans accusé d'avoir poignardé de deux Israéliens, 
est escorté par la sécurité israélienne lors d'une audience devant un 
tribunal de Jérusalem le 30 octobre 2015. © Ahmad Gharabli / AFP



Plusieurs centaines de prisonniers palestiniens ont entamé, lundi 17 avril 2017, une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention. 6.500 palestiniens sont actuellement dans les
geôles israéliennes. Parmi eux, 300 mineurs.


«Quand les soldats sont venus la première fois, il avait 13 ans. Je l’ai bien habillé car il faisait froid. J’avais peur parce qu’il était encore trop jeune. Ayed s’est accroché à nous, nous a suppliés de ne pas laisser les soldats le prendre et de leur dire qu’il n’était qu’un enfant» témoigne la mère d’un adolescent palestinien dans un rapport publié en avril 2016 par une plateforme d’ONG françaises pour la Palestine sur la répression qui touche les mineurs.
Depuis la deuxième intifada en 2000, plus de 8500 enfants ont été interpellés par les forces de sécurité.

Des mineurs, lanceurs de pierres
Chaque nouveau cycle de tension entre Israéliens et Palestiniens entraîne une recrudescence d’arrestations. Les mineurs palestiniens ne sont pas épargnés puisqu’ils participent à la confrontation. La plupart des jeunes sont accusés d’avoir jeté des pierres et sont condamnés à des peines d’emprisonnement allant de quelques jours à plusieurs années. Les autorités israéliennes ont durci récemment leur loi concernant les lanceurs de pierres.

Et des attaques aux couteaux
Outre les jets de pierres ou de cocktails Molotov, certains jeunes Palestiniens sont poursuivis pour des attaques aux couteaux. Un adolescent de 14 ans a été condamné à 12 ans de prison ferme pour avoir blessé deux jeunes juifs d’une colonie à Jérusalem-Est en octobre 2015. Un verdict jugé lourd par les organisations de défense des droits de l’Homme. Les députés israéliens avaient approuvé l’emprisonnement des enfants dès l’âge de 12 ans s’ils sont condamnés pour des «crimes terroristes», comme le souligne Times of Israel.



Site Addameer (la conscience), l'association palestinienne de
 soutien aux prisonniers et aux droits de l'homme © Capture d'écran


Des centaines d’arrestations par an
Chaque année, Israël arrête, emprisonne et poursuit devant les tribunaux militaires quelque 500 à 700 enfants palestiniens soupçonnés d’infractions pénales dans les territoires occupés, selon un rapport de Human Rights Watch. L’organisation de défense des droits de l’Homme dénonce le recours excessif à la détention de mineurs palestiniens.
Israël est le seul pays au monde à poursuive automatiquement des enfants devant la justice militaire.

Violation des droits de l’enfant.
Plusieurs organisations internationales dénoncent depuis plusieurs années les conditions d’arrestation et de détention des enfants palestiniens. Dans un rapport publié en 2013 l’Unicef accuse Israël de mauvais traitements «systématiques» lors des arrestations et dans les prisons. «L’interrogatoire est un mélange d’intimidation de menaces et de violences, avec le but évident de forcer l’enfant à se confesser» explique le rapport de l’ONU.

Dans la foulée du rapport de l'Unicef, Israël a promis d'améliorer le traitement des mineurs palestiniens. Les perquisitions nocturnes, l'intimidation, la détention administrative sont toujours en vigueur. La plupart des mineurs victimes d'abus lors de leur arrestation n'osent pas porter plainte de peur de représailles.

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