jeudi 13 avril 2017

HRW implore l’Egypte d’avouer l’enlèvement d’agents du Hamas


L’association suspecte que 4 Palestiniens qui ont disparu au poste-frontière de Gaza en 2015 sont détenus au Caire

Des membres des Brigades Ezzedine al-Qassam , la branche armée 
du Hamas, pendant un rassemblement anti-Israël à Rafah, dans le sud 
de la bande de Gaza, le 26 février 2016. (Crédit : Said Khatib/AFP)


Une association internationale de défense des droits de l’Homme a appelé jeudi le gouvernement égyptien à reconnaître avoir enlevé quatre membres du Hamas qui ont disparu il y a presque deux ans au poste-frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza.

Dans une lettre adressée au ministre égyptien de l’Intérieur, Magdy Abd al-Ghaffar, Human Rights Watch (HRW) appelle Le Caire à « révéler immédiatement » s’il détient Abd el-Daim el-Basset, Said Abdallah Abu Jabin, Yasser Fathi Zanon et Hussein Hamis el-Dabda.

HRW a déclaré que plusieurs médias, notamment Al-Jazeera, média qatari qui a publié une photographie des hommes l’année dernière, avaient indiqué que les quatre agents étaient détenus dans une prison de la région du Caire.

« Si cela est vrai, leur détention prolongée sans communication, associée au démenti des autorités égyptiennes d’avoir connaissance de leur détention et à leur refus de révéler leur localisation, constituerait une disparition provoquée », a écrit l’ONG.

Basset, Jabin, Zanon et Dabda ont été sortis d’un bus en août 2015 par des hommes armés non identifiés quand ils entraient en Egypte depuis la bande de Gaza, pendant une ouverture humanitaire du blocus égyptien de l’enclave palestinienne. Les quatre hommes n’ont plus été vus depuis.

Soldats égyptiens déployés au poste-frontière de Rafah, entre la péninsule 
égyptienne du Sinaï et la bande de Gaza, le 26 mai 2015. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

« Vingt mois sans contact avec les disparus infligent une angoisse et une souffrance incalculables à leurs familles et à leurs amis », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen Orient de Human Rights Watch. « Les autorités égyptiennes doivent être transparentes et révéler si ces quatre Palestiniens disparus de Gaza sont entre leurs mains. »

L’incident au poste-frontière de Rafah avait fait les gros titres, mais les Egyptiens avaient déclaré que le groupe terroriste affilié à l’Etat islamique dans la péninsule du Sinaï était responsable des enlèvements.

Le Hamas n’a pas cru cette version, et a déclaré que les hommes avaient été enlevés par les renseignements égyptiens car Le Caire avait appris qu’ils se rendaient en Iran pour y suivre une formation militaire intensive.

Ces dernières années, l’Egypte surveille les activités de la branche armée du Hamas dans la bande de Gaza, particulièrement dans la région frontalière du Sinaï.

Les renseignements égyptiens pensent que des combattants du Hamas travaillent avec des terroristes liés à l’Etat islamique dans la péninsule, qui sont responsables de plusieurs attentats en Egypte et que l’armée égyptienne cherche à éliminer depuis quelques années.

Les plongeurs des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée
 du Hamas, pendant une cérémonie marquant le 27e anniversaire de la création 
du mouvement terroriste, à Gaza Ville, le 14 décembre 2014. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Des médias régionaux rapportent depuis longtemps que les commandos navals du Hamas suivent des formations intensives en Iran, pays qui arme également le groupe terroriste avec des équipements et des technologies sophistiqués.

Pendant la majorité de la dernière décennie, l’Egypte a été un partenaire silencieux d’Israël pour assurer le blocus de la bande de Gaza, dirigée par le Hamas. Israël impose ce blocus pour empêcher le Hamas, qui a pris le pouvoir en 2007 et cherche ouvertement à détruire l’Etat juif, d’importer des armes.

Ces derniers mois, Le Caire a augmenté le nombre de personnes autorisées à quitter la bande de Gaza par le poste-frontière de Rafah, l’accès principal du territoire palestinien au monde extérieur. Il a également permis l’importation de biens commerciaux par ce même poste-frontière pour la première fois depuis 2013, et donné des signes publics d’intérêt à l’amélioration de ses relations avec le groupe terroriste.

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