mercredi 26 avril 2017

Dossier. Israël punit les grévistes de la faim qui réclament leurs droits

Manifestation pour la libération des prisonniers 
palestiniens, prison militaire Ofer (Photo: Activestills)

Par Charlotte Silver

Des centaines de prisonniers palestiniens sont entrés dans leur sixième jour de grève de la faim ce samedi 22 avril 2017, tandis que les autorités israéliennes ont renforcé leurs mesures punitives dans
le but d’affaiblir l’action collective.

Le 17 avril, 1500 Palestiniens ont entamé une grève de la faim de masse avec une longue liste de demandes, y compris des soins et des conditions médicales améliorés et plus de visites familiales.

Alors que plusieurs des grévistes ont déjà été hospitalisés, les dirigeants israéliens refusent toute négociation sur les demandes des prisonniers.

«En ce qui concerne la grève de la faim des terroristes dans les prisons israéliennes, je prends l’approche de Margaret Thatcher», a déclaré le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, sur Facebook, en référence à l’ancien Premier ministre britannique qui a notoirement fait mourir plusieurs grévistes de la faim irlandais en prison en 1981.

Israël détient actuellement plus de 6000 prisonniers politiques palestiniens. Des centaines d’entre eux sont détenus sans aucune accusation ou procès, et des milliers après des procès devant les tribunaux militaires d’Israël qui ont un taux de condamnation de près de 100%.

S’attaquant aux dirigeants de la grève, les autorités israéliennes ont commencé à confisquer des effets personnels et des vêtements, à interdire la télévision, à déplacer de force les grévistes dans différentes sections des prisons et à placer des dizaines d’autres en isolement cellulaire.

«Dans les prisons de Nitzan et de Ramla, des fonctionnaires israéliens ont utilisé des chiens policiers contre les détenus palestiniens en grève de la faim et confisqués les exemplaires du Coran que possédaient les prisonniers», a déclaré l’agence de presse Ma’an ce samedi, faisant référence à la Société des prisonniers palestiniens.

Représailles pour l’article du New York Times

Parmi ceux qui sont placés en isolement, se trouvent Marwan Barghouti [voir ici son appel: il a passé déjà 15 ans en prison: http://chroniquepalestine.com/greve-de-faim-prisons-israeliennes/], qui a été à l’initiative de la grève de la faim en masse, et Karim Younes, le Palestinien qui aura purgé la plus longue peine ininterrompue dans une prison israélienne.

Marwan Barghouti, un personnage éminent du mouvement du Fatah, pourrait être encore puni pour son article publié dans The New York Times, le 16 avril 2017, expliquant les raisons de la grève.

Le Comité palestinien pour les affaires de prisonniers a cité des accusations d’Israël selon lesquelles la femme de Barghouti «a sorti en contrebande» l’article de prison.

Mais le ministre israélien de la sécurité publique, Gilad Erdan, a déclaré que les autorités essayaient de savoir s’il s’agissait de ses avocats.

Erdan a ajouté que si on découvre que ses avocats ont aidé Barghouti à publier l’article, ils pourraient être interdits de le visiter.

Michael Oren, ancien ambassadeur américain en Israël qui travaille maintenant pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a suggéré que The New York Times a peut-être joué un rôle.

«Si quelqu’un dans le journal l’a aidé [à sortir l’article hors de prison], The New York Times devrait en être tenu responsable», a déclaré Oren, suggérant que le bureau de Jérusalem du journal pourrait être fermé.

Ma’an News Agency a signalé que les avocats ont déjà été empêchés de visiter la prison d’Ashkelon et que l’accès à d’autres prisons a été impossible.

Les avocats représentant des prisonniers en grève boycottent maintenant les tribunaux militaires israéliens.

Harceler les grévistes de la faim

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