mardi 14 mars 2017

Soupçons d'emplois fictifs : François Fillon a été mis en examen

François Fillon visite une exploitation viticole 
à Nîmes le 2 mars 2017 (AFP/Guillaume HORCAJUELO)

François Fillon a été mis en examen pour détournement de fonds publics et recel d'abus de biens sociaux.
François Fillon a été mis en examen ce mardi dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs visant son épouse et deux de ses enfants. Son avocat a confirmé l'information donnée par le Canard enchaîné. Il est poursuivi pour détournements de fonds publics, complicité et recel d'abus de biens sociaux et manquement aux obligations de déclaration à la Haute autorité sur la transparence de la vie publique.



«La mise en examen est intervenue ce (mardi) matin. L'audition a été avancée pour qu'elle se déroule dans des conditions de sérénité», a ajouté Me Antonin Levy, qui n'a pas fait d'autre commentaire. Le député de Paris, qui devait initialement être convoqué par les juges mercredi, a d'ores-et-déjà prévenu qu'il maintiendrait sa candidature même en cas de mise en examen. S'il pouvait encore espérer se voir accorder le statut plus favorable de témoin assisté, François Fillon avait toutefois confié aux Echos dimanche ne se faire guère d'illusions sur sa future mise en examen.

Une image déjà écornée

Au coeur de l'affaire qui a bouleversé sa campagne, l'emploi, révélé fin janvier par Le Canard Enchaîné, de son épouse Penelope comme assistante parlementaire -- de 1986 à 2013 avec des interruptions -- alors qu'elle semblait jusque-là n'avoir eu aucun rôle politique à ses côtés. L'enquête porte également sur les activités de Penelope Fillon à La Revue des deux mondes, pour lesquelles elle a perçu environ 100.000 euros brut entre mai 2012 et décembre 2013 et dont le propriétaire, l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière, est un proche du candidat Les Républicains. Elle doit être entendue à son tour le 28 mars.

Le soupçon d'emploi fictif et les sommes totales en jeu, 680.000 euros nets (soit une moyenne mensuelle de 3.600 euros), ont durement écorné l'image du candidat, jusque-là épargné par les affaires, et qui avait marqué la campagne de la primaire à droite par cette formule revenue en boomerang: «Qui imagine le général de Gaulle mis en examen?».

Un candidat majeur à l'Elysée mis en examen, une première

François Fillon, faisait encore face ce mardi à de nouvelles révélations du Parisien sur ses enfants, qui lui ont rétrocédé une large part de leurs salaires d'assistants parlementaires.

Il devient aisni le premier candidat majeur à une élection présidentielle à concourir avec le poids d'une mise en examen sur les épaules, après avoir promis qu'il se retirerait dans une telle hypothèse. Marine Le Pen y a échappé vendredi en refusant de répondre à une convocation des juges dans l'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs chez les assistants des eurodéputés FN.

Comme si de rien était, le candidat a poursuivi sa campagne, en tenant un discours face à la Fédération nationale des chasseurs, à qui le candidat a notamment lancé ceci : «Je peux vous confier en souriant qu'il ne me déplaît pas d'être aux côtés de vrais chasseurs», tandis que les «balles volent bas» dans la campagne. Comme si de rien n'était... ou presque, donc.


En début de soirée, l'avocat de François Fillon, Antonin Levy, a par ailleurs fait savoir qu'ils allaient contester la procédure de mise en examen, «nulle» selon lui.

Leparisien.fr

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