mercredi 22 mars 2017

Soldats français accusés de viols en Centrafrique: Le parquet demande un non-lieu

Des soldats français le 30 janvier 2014 à
 Bangui en Centrafrique - ISSOUF SANOGO AFP

Le parquet estime qu' « il ne peut être affirmé à l’issue de l’information qu’aucun abus sexuel n’a été commis sur ces mineurs », mais les éléments recueillis et « la variation des témoignages ne permettent pas d’établir des faits circonstanciés et étayés à l’encontre des militaires qui ont pu être entendus comme mis en cause dans ce dossier », a indiqué une source proche du dossier.

Il appartient maintenant aux juges d’instruction d’ordonner un procès ou de confirmer ce non-lieu, l’hypothèse la plus probable puisqu’aucune mise en examen n’a été prononcée. Les accusations avaient ébranlé l’armée française, présente enCentrafrique pour restaurer la sécurité après des mois de violences confessionnelles entre rebelles et milices.

Une enquête préliminaire secrète

L’affaire avait été révélée fin avril 2015 quand le quotidien britannique The Guardianavait fait état d’une note interne de l’ONU relatant les auditions de six enfants, âgés de 9 à 13 ans, qui dénonçaient des abus sexuels commis par des militaires dans le camp de déplacés de l’aéroport M’Poko de Bangui, en échange de rations de nourritures, entre décembre 2013 et juin 2014.

Saisi par le ministère de la Défense, le parquet de Paris avait ouvert dès juillet 2014 une enquête préliminaire, mais son existence était restée secrète et les autorités françaises ainsi que l’ONU avaient été accusées d’étouffer l’affaire. Le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire quelques jours après les révélations du Guardian.

Les enfants visaient au départ quatorze militaires, mais les investigations des magistrats et de la gendarmerie prévôtale, chargée d’enquêter sur les militaires engagés en opération extérieure, n’ont pas permis de les étayer. Les juges se sont rendus sur place en 2015 et 2016. La note de l’ONU faisait état de six témoignages, ceux de quatre enfants se disant victimes et de deux témoins de faits.

« Le contenu des auditions a fortement varié », souligne le parquet, d’après la source proche du dossier. Des incohérences matérielles ont aussi été relevées, selon cette source. Six militaires désignés comme pouvant être les agresseurs des enfants ont été entendus, dont l’un en garde à vue, mais aucun n’a été mis en examen. Ils ont nié tout abus sexuel.

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