mardi 28 mars 2017

Rasmea Odeh sera expulsée mais l’arrangement conclu lui permet d’échapper à la prison

Par Charlotte Silver

23.03.2017 - Rasmea Odeh a accepté un accord, ce qui met un terme à ses trois années de bataille juridique avec le gouvernement des Etats-Unis. Odeh, 69 ans, qui devait avoir un nouveau procès en mai prochain sur des accusations de fraude à l’immigration, va maintenant perdre sa citoyenneté US
et être expulsée. Mais dans le cadre de l’accord, elle ne fera pas de prison ou en détention à la demande des autorités d’immigration US, selon un communiqué de son équipe de défense, jeudi 23 mars.

Le Comité de Défense de Rasmea a déclaré que la décision d’accepter l’arrangement a été difficile à prendre, mais il la qualifie de « victoire » étant donné les tentatives du gouvernement de condamner Odeh à une peine allant jusqu’à sept ans de prison.

Le comité de défense a dit que la décision d’accepter un marché a été fondée sur la conviction que dans le cadre du « climat politique raciste actuel », les « perspectives d’un procès équitable pour Odeh sont plus minces que jamais. » Les procureurs US ont cherché à structurer le nouveau procès autour de son implication présumé dans « le terrorisme » il y a quatre décennies.

« Le choix de Rasmea aujourd’hui ne fut pas facile, mais rien ne l’a été dans son parcours, et notre soutien continue d’être crucial, » a dit le comité de défense. Il a ajouté qu’il serait demandé aux supporters de Rasmea de venir à Détroit lorsqu’une date serait fixée pour la discussion de négociation, comme ils l’ont fait pour chaque audience depuis le début de l’affaire.

En novembre 2014, Odeh a été déclaré coupable de fraude en matière d’immigration pour ne pas avoir déclaré sa condamnation par un tribunal militaire israélien en 1969 sur ses demandes d’immigration et de citoyenneté.

Elle a été condamnée à une peine de 18 mois de prison, à la révocation de sa citoyenneté US et à l’expulsion.

En février 2015, une cour d’appel des Etats-Unis a rejeté le verdict, estimant que le tribunal de première instance avait commis une erreur en ne permettant pas à Odeh d’appeler un témoin expert pour témoigner sur les effets du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) dus à la torture et au viol qu’elle avait subis en détention israélienne.

Les avocats de la défense d’Odeh ont fait valoir que le SSPCT avait affecté son état mental lorsqu’elle a rempli sa demande de citoyenneté en 2004.

En conséquence, elle a obtenu un nouveau procès qui comprendrait le témoignage d’un expert sur son SSPT.

Pour tenter, semble-t-il, de contourner cette défense, le gouvernement a récemment déposé de nouvelles accusations contre Odeh qui se concentrent sur son implication dans ce que les Etats-Unis nomment « une organisation terroriste » - le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).

« Grâce à une campagne de défense importante et coordonnée, le nom de Rasmea Odeh – icône du mouvement de libération de la Palestine depuis longtemps – est maintenant connu par tous les acteurs du mouvement pour la justice sociale aux Etats-Unis, » a dit le comité de défense.

« Elle a exposé Israël pour ce qu’il est –un occupant raciste et un colonisateur- et dénoncé, devant une cour de justice états-unienne, sa politique permanente de torture et d’agression sexuelle. »


Note ISM-France : Rasmea Odeh est l’une des quatre héroïnes du film de la réalisatrice Buthina Canaan Khoury, « Women in Struggle » (ci-dessous), diffusé en 2004. Le documentaire donne la parole à Rawda Basir, Terry Bulate, Aysha Odeh et Rasmieh Odeh, quatre Palestiniennes qui ont été, à des degrés divers, impliquées dans la lutte nationale pour l’indépendance palestinienne et la résistance contre l’occupation israélienne pendant la Première Intifada. Elles ont toutes été emprisonnées dans les geôles de l’occupation.

Le film donne également la parole à la mère de Rawda Basir.



Source : Electronic Intifada

Traduction : MR pour ISM

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