mardi 21 mars 2017

« Plus royaliste que le roi » : une rencontre avec le sionisme français

Protestation marquant une décennie de lutte à Bil'in, 
en Cisjordanie. Des femmes palestiniennes font face aux
 forces israéliennes d'occupation lors d'une manifestation 
contre le mur d'apartheid, le 27 février 2015 - Photo : ActiveStills


Samah Jabr – De ceux qui sont prêts à légitimer le meurtre et la torture de la Palestine en soutien à l’occupation israélienne, il faut seulement s’attendre à ce qu’ils inventent des mensonges et de fausses accusations pour intimider leurs adversaires.



Ma dernière rencontre avec le sionisme international a eu lieu à Paris, le 10 mars, après la projection du film documentaire « Derrière les Fronts » au cinéma des Trois Luxembourg. J’y étais pour participer au débat qui suit la projection du film dans la mesure où j’apparais de façon très visible dans le film lui-même. Mais, aussitôt après que l’un des spectateurs a posé une question, réelle et sincère, sur les psychopathologies que je rencontre en tant que praticienne en Palestine, un ami d’Israël s’est emparé du micro, saisissant l’occasion pour faire un long discours, haineux et chauvin, sur la « paranoïa des Palestiniens » et « la violence et le racisme naturels des Arabes », jusqu’à ce que, finalement, le public ne puisse plus tolérer sa diatribe et que monte un vif tollé général exigeant qu’il laisse s’exprimer quelqu’un d’autre.


Bloquer le débat public



Le nom, le sexe, la couleur, la religion et l’aspect de cette personne sont moins importants que son rôle : arriver à tout moment et en tout lieu possibles pour une activité qui reconnaît les Palestiniens et les montre comme défendant leurs droits. « Lui », je l’avais déjà rencontré d’innombrables fois dans le passé – quand je suis intervenue comme étudiante à l’université Saint Peters à New York il y a des années, quand je suis intervenue parmi les professionnels à l’« Évènement spécial de l’Espace de pensée » de la Tavistock and Portman NHS Foundation Trust à Londres, après la guerre de 2014 contre Gaza, et aujourd’hui au cinéma, à Paris.

Son rôle est d’occuper le temps consacré au débat public afin d’empêcher que n’ait lieu une discussion sérieuse, d’intimider les orateurs et le public par son attitude agressive et accusatrice, et de profiter de l’occasion pour diffamer et pour menacer les orateurs et les personnes chargées de l’organisation de cette activité qui reconnaît l’expérience palestinienne.

Actuellement, nous voyons bien qu’Israël se hâte d’inventer de nouvelles lois pour criminaliser et punir celles et ceux qui s’impliquent dans le BDS et qui mettent en avant les actions illégales, honteuses, d’Israël. Rien qu’en l’espace de ces derniers jours, Israël a expulsé Hugh Lanning, le président de la Campagne Solidarité Palestine pour son implication dans la critique d’Israël, et il a arrêté Kahlil Tufakji, le directeur du Centre palestinien pour les droits de l’homme (le PCHR), un expert en cartographie et colonisation.


Une liberté menacée

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