samedi 18 mars 2017

L’ONU retire le rapport de la Cesao accusant Israël d'"apartheid" de son site web


Rima Khalaf, secrétaire exécutive de Cesao a présenté hier sa
démission après que le patron de l'ONU lui a demandé de retirer un 
rapport accusant Israël d'imposer aux Palestiniens des conditions
 pouvant s'apparenter au régime d'apartheid. REUTERS/Jamal Saidi



La Jordanienne Rima Khalaf démissione de la Commission économique et sociale des Nations unies pour l'Asie occidentale.

L'annonce de la démission de la secrétaire adjointe des Nations unies, la Jordanienne Rima Khalaf, de la Commission économique et sociale des Nations unies pour l'Asie occidentale (Cesao), basée à
Beyrouth, a suscité de nombreuses réactions de la part de délégués permanents à l'ONU, dont la représentante des États-Unis, Nikky Haley, et le représentant permanent d'Israël, Danny Danon.

Rima Khalaf, secrétaire exécutive de Cesao (ou Escwa en anglais) avait rendu public un rapport controversé rédigé par Richard Falk et Virginia Tilley, sur le développement dans les pays arabes, qui conclut qu'Israël a établi un « régime d'arpartheid ». « Ce rapport a été retiré du site de l'ONU », a indiqué hier dans un point de presse le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric.

«Le secrétaire général de l'ONU (Antonio Guterres) m'a demandé hier matin de retirer (le rapport), je lui ai demandé de repenser sa décision mais il a insisté », a expliqué lors d'une conférence de presse à Beyrouth Rima Khalaf. «Sur ce, je lui ai présenté ma démission de l'ONU», a ajouté Mme Khalaf. M. Guterres a accepté la démission de Mme Khalaf mais démenti qu'elle soit le résultat de pressions américaines, a indiqué aux journalistes Stéphane Dujarric.

Commentant la démission de Mme Khalaf, Stéphane Dujarric a indiqué que « le secrétaire général ne peut accepter qu'un secrétaire général adjoint ou un haut fonctionnaire qui lui prépare un rapport autorise une publication sous le nom et le logo des Nations unies sans le consulter et consulter les services compétents ». M. Dujarric a rappelé que « la consultation et la coordination entre les hauts fonctionnaires des Nations unies sont essentielles pour que l'ONU soit gérée efficacement afin que l'organisation puisse travailler correctement dans la poursuite de ses objectifs ».

Devant le tollé provoqué par les journalistes présents au sujet des droits du peuple palestinien et de la solution à deux États, le porte-parole a clairement rappelé la position d'Antonio Guterres sur ce sujet. « Le secrétaire général a été très clair sur les droits du peuple palestinien, a-t-il souligné. Depuis le début de ce mandat, il préconise vivement une solution à deux États et il s'est prononcé contre toute action unilatérale qui porterait atteinte à cet objectif. »

Rapport « diffamatoire »
L'ambassadeur Nikki Haley a pour sa part exprimé la position des États-Unis sur la démission de Rima Khalaf, indiquant : « Quand quelqu'un publie un rapport faux et diffamatoire au nom de l'ONU, il est opportun que la personne démissionne. Les agences de l'ONU doivent faire mieux pour éliminer le travail faux et partial. »

De son côté, l'ambassadeur israélien Danny Danon a enfoncé le clou en déclarant : « La décision du secrétaire général est une étape importante pour mettre fin au parti pris contre Israël à l'ONU. Les activistes anti-israéliens n'appartiennent pas à l'ONU. Il est temps de mettre fin à la pratique selon laquelle les fonctionnaires de l'ONU utilisent leur position pour faire avancer leur agenda anti-israélien. Son départ de l'ONU est attendu depuis longtemps. » Rima Khalaf a longtemps été critiquée par les responsables israéliens pour ses positions perçues comme « anti-israéliennes ».

« On s'attendait bien sûr à ce qu'Israël et ses alliés exercent des pressions énormes sur le secrétaire général de l'ONU pour qu'il désavoue le rapport et qu'ils lui demandent de le retirer», a indiqué Mme Khalaf lors de son point de presse. « Il est normal que le criminel s'attaque à ceux qui défendent la cause de ses victimes mais je ne peux accepter d'être soumise à ces pressions », a-t-elle dit en lisant sa lettre de démission à M. Guterres.
Selon le rapport, dont l'un des auteurs est Richard Falk, un ex-Rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme dans les Territoires palestiniens, les Palestiniens sont soumis à une « fragmentation stratégique » permettant à Israël d'imposer une « domination raciale » avec des lois différentes en fonction des régions.
« Israël est coupable d'imposer un régime d'apartheid au peuple palestinien, ce qui correspond à la commission d'un crime contre l'humanité», indique dès lors le rapport.

Basée à Beyrouth, la Cesao est composée de dix-huit pays arabes, dont l'Etat de Palestine comme un membre à part entière, selon son site internet. Elle oeuvre à renforcer la coopération et à promouvoir le développement.


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