mercredi 15 mars 2017

La police ferme un bureau palestinien qui aurait suivi les ventes de terrains aux Juifs

Le directeur du bureau de Jérusalem Est a été arrêté ; des documents et des ordinateurs ont été saisis

Les forces de sécurité israéliennes dans le quartier Beit Hanina
 de Jérusalem Est pendant la fermeture d'un bureau qui serait utilisé par 
l'Autorité palestinienne pour suivre les ventes de terrain des habitants de 
Jérusalem Est aux Juifs, le 14 mars 2017. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)


La police a fermé lundi un bureau de Jérusalem Est qui serait autorisé par l’Autorité palestinienne pour surveiller les ventes de terrains aux Juifs par des Palestiniens.

Dans un communiqué, la police a déclaré que le bureau, situé dans le quartier de Beit Hanina, récoltait les noms des habitants de Jérusalem Est soupçonnés de vendre leurs propriétés aux Juifs. Le bureau agissait au nom des services de sécurité palestiniens de Ramallah, selon la police.

Le bureau de Jérusalem Est, qui prétendait être un cabinet de conseil géographique appelé Arab Studies Society, compilait une base de données de propriétaires palestiniens de Jérusalem Est, et suivait les changements sur le terrain, a déclaré la police.

La police a arrêté Khalil Tafakji, un cartographe qui dirige le département de cartographie et de systèmes d’information géographique d’Arab Studies Society. Depuis des décennies, Tafakji cartographie les Territoires palestiniens. Il fait autorité dans le domaine et est régulièrement cité par les experts et les journalistes internationaux.

Tafakji présidait également le département d’étude et de cartographie de la Maison d’Orient de Jérusalem, qui était le siège dans la capitale de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) jusqu’à la fermeture du bâtiment par Israël en 2000.


Les forces de sécurité israéliennes ont arrêté Khalil Tufakji, chercheur et cartographe palestinien, dans le quartier Beit Hanina de Jérusalem Est pendant la fermeture d’un bureau qui serait utilisé par l’Autorité palestinienne pour suivre les ventes de terrain des habitants de Jérusalem Est aux Juifs, le 14 mars 2017. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)


La porte-parole de la police a affirmé que Tafakji était accusé d’être « en lien permanent avec les services de sécurité palestiniens pour suivre les ventes de terres à des Juifs, le cadastre des biens palestiniens à Jérusalem et les aménagements territoriaux réalisés par Israël. »

L’avocat du cartographe, Me Ziad Hadami, a indiqué à l’AFP chercher à savoir où il était et « quelles sont les accusations qui pèsent sur lui ».

La police a indiqué que, pendant l’opération, un grand nombre de documents avait été saisi, ainsi que des ordinateurs.

Gilad Erdan, le ministre de la Sécurité intérieure, qui a ordonné la fermeture des locaux, a déclaré dans le communiqué de la police que les opérations du bureau faisaient « partie d’un plan de l’Autorité palestinienne pour nuire à notre souveraineté dans Jérusalem et pour terroriser les Arabes qui vendent leurs propriétés à des Juifs dans la ville. »

« Je continuerai à travailler avec détermination pour empêcher les autorités palestiniennes d’installer un bastion à Jérusalem », a-t-il ajouté.

La police a déclaré que l’ordre de fermeture du bureau serait en application pendant six mois.


Saeb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de la libération de
la Palestine (OLP), à Ramallah, le 23 novembre 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Saeb Erekat, responsable palestinien, a condamné dans un communiqué la fermeture et l’arrestation « illégitime » et « provocante », affirmant qu’il s’agissait d’une des tentatives d’Israël pour « effacer toute [trace] palestinienne » à Jérusalem.

Le cadastre est une question particulièrement sensible pour les Palestiniens qui accusent Israël de tenter de judaïser Jérusalem Est, où vivent actuellement 200 000 Israéliens. Vendre sa maison ou ses terres à des Juifs peut, selon la loi palestinienne, être puni de la peine capitale. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas n’a cependant pas autorisé ces exécutions depuis son élection en 2004.

Même si Israël a annexé Jérusalem Est en 1980, les Palestiniens revendiquent la partie orientale de la ville comme capitale de l’état auxquels ils aspirent.

Les ventes de terrains entre Palestiniens et Israéliens sont généralement secrètes en raison du danger affronté par les Palestiniens impliqués.

Les arnaques sont courantes. Parfois, les Palestiniens vendent un terrain qui ne leur appartient pas, ou prennent l’argent sans remettre la propriété. D’autres fois, des Israéliens affirment à tort avoir acheté un terrain palestinien et présentent de faux documents. Après une vente réussie, les Palestiniens déménagent souvent à l’étranger par crainte d’attaque à leur encontre.

L’AFP a contribué à cet article.

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