mardi 14 mars 2017

Ile-de-France : des financements sous condition de… laïcité

Qui ne sait pas que la laîcité est le nouveau visage de l'inquisition contre les musulmans ?!

Les organismes franciliens comme ceux qui gèrent les îles de loisirs, ou les 
associations financées par la région devront s’engager à faire respecter la charte de 
la laïcité adoptée dans la nuit de jeudi à vendredi par le conseil régional. ( LP/H.R.)



Pas d’aide financière de la région à ceux qui ne repecteront pas la laïcité… Le conseil régional d’Ile-de-France présidé par Valérie Pécresse vient de voter sa « charte régionale des valeurs de la République et de la laïcité ». Cinq articles principaux accompagnés de huit articles annexes que les associations et organismes franciliens devront désormais faire appliquer s’ils veulent continuer à toucher les subventions de la région. Adoptée tardivement et après plus de deux heures de discussions dans la nuit de jeudi à vendredi, cette charte fait débat.

Elle a pourtant pour vocation, selon la présidente LR, de faire de « l’Île-de-France, une région exemplaire face à la menace des replis communautaires qui remettent en cause les valeurs de la République ». Le texte impose notamment un « devoir de stricte neutralité à tout service public » ou l’obligation « à tout agent de faire respecter l’application du principe de laïcité ». L’article 4 enjoint les organismes « appartenant au mouvement d’éducation populaire et de la jeunesse et du mouvement sportif » à ne tolérer ni les « violences, ni les incivilités ou tout autre comportement signifiant le rejet et la haine de l’autre, en particulier sur les terrains de sport et dans les tribunes de stades ». Ils doivent encore « faire respecter l’égalité entre les femmes et les hommes », « refuser toutes les formes de sexismes et de violences faites aux filles […] et aux femmes, de harcèlement, ou le port de tenues vestimentaires imposé ».

Un texte qui divise

Les formulations employées font craindre le pire aux élus d’opposition. « Ce texte ne donne aucune réponse, ni aucun outil aux agents de la région qui vont se retrouver face à des situations complexes », regrette le socialiste Rachid Temal. « Il y a des valeurs qui relient la droite et la gauche républicaine, pourquoi alors ne pas prendre le temps, rencontrer des spécialistes, des agents de la région et trouver un texte qui recueille l’unanimité ? », poursuit-il, s’interrogeant sur le refus de la région d’interdire dans ce texte « de financer des structures qui visent à empêcher les femmes de recourir à l’IVG ».

Pour les écologistes, « ce document ne règle aucun problème. Au contraire, il ouvre des débats dangereux et joue avec le feu dans cette période complexe qu’est l’élection présidentielle », estime Mounir Satouri, président du groupe. Le Front de gauche déplore, lui, un « document dangereux qui dévoie la loi de 1905 ». Au-delà, ce sont surtout les conséquences d’une telle charte face à des cas concrets qui inquiètent certains pour l’avenir. « Si une affaire comme le burkini devait revenir dans l’actualité l’été prochain, comment les directeurs de base de loisirs feront-ils face ? » souligne un élu de gauche. « On risque de crisper les situations».

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