lundi 27 mars 2017

Devant l'AIPAC, Kagame loue les liens Rwanda-Israël


Le président rwandais Paul Kagame, le 11 mai 2014 à Nairobi
POOL (POOL/AFP/Archives)


"Israël a le droit d'exister et de prospérer comme un membre à part entière de la communauté internationale"

Le président rwandais Paul Kagame a été dimanche le premier chef d'Etat africain à s'exprimer devant la plus grande organisation américaine pro-israélienne, où il a loué les liens entre l'Etat hébreu et son pays meurtri par un génocide en 1994.

Avant de prendre le pouvoir, Paul Kagame était le chef rebelle du Front patriotique rwandais (FPR) qui avait mis fin au génocide des Tutsi en 1994 par des extrémistes hutu (environ 800.000 morts selon l'ONU).

Il a fait ensuite de son pays une puissance économique régionale soutenue par les Etats-Unis, même si les relations avec Washington se sont tendues ces dernières années en raison de la volonté de M. Kagame de rester au pourvoir.

Il était dimanche l'invité de marque de la conférence annuelle de l'Aipac (American Israel Public Affairs Committee), le premier lobby américain pro-israélien, devant lequel il a vanté la réussite de l'Etat d'Israël, né après la Shoah.

Devant un auditoire enthousiaste, M. Kagame a promis l'amitié du Rwanda à l'Etat hébreu et aux Américains juifs.

"La sécurité des peuples qui ont été un jour pris pour cibles pour être exterminés ne pourra jamais être seulement matérielle", a lancé le président rwandais.

Benyamin Netanyahou et Paul Kagame au Rwanda en juillet 2016


"Tant que nous ne vaincrons pas toutes les idéologies qui justifient les tueries au nom du patriotisme, notre monde ne sera jamais vraiment en sécurité. Ni pour nous, ni pour quiconque", a-t-il souligné sous un tonnerre d’applaudissements.

Paul Kagame s'était rendu en Israël en 2008 et, devant l'Aipac, il s'est clairement posé en "ami" et en allié de l'Etat hébreu.

"Ensemble, avec des amis comme les Etats-Unis, nous devons appeler à une solidarité mondiale revigorée contre les dangereuses tentatives qui visent à nier le génocide et à banaliser les victimes", a-t-il encore plaidé.

"Israël a le droit d'exister et de prospérer comme un membre à part entière de la communauté internationale", a souligné le président rwandais. "Ce n'est pas une atteinte aux droits d'un autre peuple", a-t-il ajouté en allusion au sort des Palestiniens avec lesquels Israël est en conflit depuis 70 ans.

Les relations entre Israël et l'Afrique n'ont pas toujours été faciles.

Mais l'Etat hébreu s'est beaucoup activé diplomatiquement et économiquement sur le continent et a noué des relations politiques et commerciales avec des pays comme le Rwanda.

L'été dernier, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a effectué une tournée diplomatique en Afrique, où il s'est rendu dans quatre pays, dont le Rwanda.

Les deux pays on signé un accord de coopération en 2014 et en 2015, et le Rwanda a ouvert une ambassade à Tel-Aviv.

Netanyahou devrait rencontrer en octobre une trentaine de dirigeants au cours d'un sommet Afrique-Israël au Togo.

(avec agence)

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