mercredi 15 mars 2017

Ces légions étrangères d’Israël

DAECH recrute dans le monde entier. Ses légions «étrangères» sont formées d’Européens, d’Asiatiques, d’Américains, d’Africains, de Maghrébins… bref, il a pu, selon divers rapports d’organismes internationaux, «séduire» des jeunes à la trajectoire sociale ou familiale «chaotique», mais aussi des jeunes issus des classes moyennes. Mais que dire d’Israël ? Elor Azaria, un Franco-Israélien membre d’une unité paramédicale, a achevé, face caméras, un Palestinien, blessé par balles, gisant à terre inanimé, d’une balle dans la tête, Alison Bresson, également franco-israélienne, exécute, à un check-point, sur la route de Naplouse, Qasem Saba’aneh, 19 ans, et blesse grièvement Fares Al Na’asane, ont mis à nu, par leur assassinat, une réalité que les médias occidentaux
connaissent bien, mais qu’ils n’abordent presque pas et surtout pas de façon permanente ou en boucle, pour ne pas marquer les esprits.
Aucune institution (en France notamment) n’ose mettre le doigt sur cette réalité qui fait qu’un citoyen d’un pays étranger parte en Israël endosser une tenue militaire, prendre arme pour en découdre avec les Palestiniens, et comme le ferait un vacancier, retourner tranquillement chez lui après un safari. L’armée israélienne compte des milliers de volontaires étrangers. Les Français seraient les plus représentés parmi ces légionnaires, dont la majorité est affectée dans des unités combattantes. «Tsahal» a mis en place cinq programmes pour recruter des étrangers et les intégrer dans des unités militaires, paramilitaires, et élargir sa base de soutien à travers le monde. Basé sur le principe du «bénévolat», comme le fait DAECH ou toute secte qui tisse sa toile autour des jeunes qui idéalisent l’humanitaire loin de chez eux. Ces cinq programmes comportent un apprentissage de l’hébreu, des entraînements physiques et une formation sur l’histoire d’Israël et du sionisme. Le programme «Sar’El» recrute, dès 16 ans, des jeunes pour travailler dans une base militaire, pour une période de trois semaines maximum. Les tâches sont diverses : «préparer les repas des soldats, les trousses de premiers secours, nettoyer le matériel militaire, etc.». «Marva» recrute, pour sa part, des volontaires de 18 à 24 ans qui souhaitent «connaître et expérimenter la vie dans une base militaire». Ensuite, «Mahal» recrute des garçons de 18 à 23 ans et des filles de 18 à 20 ans, pour un engagement militaire de 14 à 18 mois. La mission principale de ce programme est d’accompagner les «lone soldiers», c’est-à-dire les volontaires qui n’ont ni attache familiale dans le pays ni la nationalité israélienne. Le programme «Mahal» comptait près de 500 Français, lors de l’opération israélienne contre la bande de Gaza, durant l’été 2014. Sur son site, «Mahal» affirme avoir déjà assisté plus de 350 jeunes du monde entier, dont des français. Le dernier programme s’adresse aux étudiants : Atouda leur permet de poursuivre leurs études au sein d’une école israélienne et de faire leurs classes durant leurs congés. L’armée prend en charge les frais universitaires à hauteur de 2.080 euros par an. Au terme de leur cursus scolaire, ces étudiants s’engagent à terminer leur service militaire de trois ans, pour les garçons comme pour les filles.

Mohamed Koursi

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