jeudi 9 mars 2017

Au 27ème jour de grève de la faim, Muhammad al-Qiq transporté à l’hôpital

Par Maan News/ISM-France


08.03.2017 – Les autorités d’occupation ont transporté le journaliste palestinien en grève de la faim Muhammad al-Qiq au centre médical Assaf Harofeh, à Tel Aviv, suite à la grave détérioration de son état de santé, a indiqué le Comité palestinien des affaires des prisonniers dans un communiqué publié ce mercredi. Al-Qiq, qui est en grève de la faim depuis 27 jours, a perdu 12kg en 4 semaines, il ne peut plus se tenir debout et souffre de maux de tête, de vertiges et de problèmes ophtalmiques.

Le communiqué précise que malgré son état, « al-Qiq insiste pour continuer sa grève de la faim jusqu’à sa libération. »

Le communiqué exhorte toutes les organisations de défense des droits de l’homme et « tous les Etats qui se disent démocratiques » d’exercer des pressions sur Israël, « l’occupant criminel », pour qu’il libère Al-Qiq « avant qu’il ne soit trop tard. »

Al-Qiq refuse toute forme de nourriture et de compléments alimentaires, il ne consomme que de l’eau, pour protester contre sa détention administrative, la politique israélienne largement condamnée d’internement sans accusation ni procès.

Al-Qiq, qui vit à Ramallah et est originaire de Dura, dans le district d’Hébron/Al-Khalil, a été libéré en mai 2016 après avoir refusé toute nourriture pendant 94 jours éprouvants – déjà pour protester contre sa mise en détention administrative d’alors.

Il a été ré-arrêté à la mi-janvier 2017 après avoir participé à une manifestation, à Bethléem, pour exiger la restitution des corps des Palestiniens assassinés séquestrés par le régime d’occupation.


Le précédent emprisonnement d’Al-Qiq par Israël – largement condamné par les Nations-Unies, Amnesty International et d'autres groupes de défense des droits de l’homme – et la grève de la faim qu’il a entreprise ont mis les projecteurs sur l’utilisation de la détention administrative par l’occupation, l’emprisonnement arbitraire des Palestiniens et le ciblage concerté sur les journalistes palestiniens.

Tandis que les autorités d’occupation affirment que la dissimulation des preuves pendant la détention administrative, ce qui permet une détention de 3 à 6 mois renouvelables indéfiniment, est essentielle pour des questions de sécurité nationale, les groupes de défense des droits affirment au contraire que cette politique permet aux autorités israéliennes de détenir des Palestiniens pendant une période indéfinie, sans présenter la moindre preuve qui pourrait justifier leur détention.

Les groupes pour les droits de l’homme disent que la politique israélienne de détention administrative est également utilisée pour perturber les processus politiques et sociaux palestiniens, en ciblant en particulier les hommes politiques, les militants et les journalistes.

D’après Addameer, à janvier 2017, 6.500 Palestiniens étaient détenus dans les geôles de l’occupation, 536 d’entre eux en détention administrative.

Source : Maan News

Traduction : MR pour ISM

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