mercredi 30 mars 2016

Le soldat responsable du tir sur un terroriste palestinien à terre à Hébron est franco-israélien

Le soldat Elor A. devant une cour militaire
 près de Kyriat Malakhi, le 29 mars (Flash 90)

Elor A., âgé de 19 ans, a vu sa détention prolongée mardi par le procureur militaire.

Nouveau rebondissement dans l’ « affaire de Hébron ». Plusieurs médias, dont Le Monde etLibération, affirment que le soldat accusé d’avoir exécuté de sang froid, le jeudi 24 mars à Hébron (Judée-Samarie), un terroriste palestinien, neutralisé par l’armée israélienne, détiendrait la double nationalité franco-israélienne. Agé de 19 ans, Elor A. a intégré les forces armées il y a deux ans. Il appartient aujourd’hui à la brigade Kfir en tant qu’infirmier. Deux Palestiniens avaient attaqué des militaires israéliens dans le quartier de Tel Rumeida. La riposte israélienne avait permis d’abattre mortellement le premier assaillant et de le blesser le second. Une vidéo publiée par l’organisation non gouvernementale d’extrême gauche B'Tselem, montrant le soldat A. tirer une balle dans la tête du Palestinien couché à terre, Abdel Fattah Al-Sharif, avait révélé l’incident.Selon un avocat contacté par Radio France Internationale, la nationalité française du soldat pourrait lui valoir des poursuites en France « si le parquet s’autosais[issait] ou si des proches [du Palestinien] dépos[aient] une plainte en France ».



Détention prolongée mardi

Depuis plusieurs jours, l’affaire émeut la société israélienne et sa classe politique. Médias et réseaux sociaux sont le théâtre de débats acharnés entre partisans d’une condamnation sévère du militaire incriminé et défenseurs de son innocence, le soldat A. ayant agi selon eux par légitime défense. La question a trouvé un prolongement au sein même du gouvernement, signe du rôle central occupé par Tsahal et ses soldats dans l’ethos national. De vifs échanges se sont tenus opposant le chef d’état-major Gadi Eizenkot, soutenu par le ministre de la Défense, Moshé Yaalon, et plusieurs hommes politiques de droite, notamment le chef du parti Habayit Hayéoudi (le Foyer juif), Naftali Bennett. « Ce qui est arrivé à Hébron est grave » a affirmé lundi 28 mars M. Yaalon. « Le soldat n’est pas un héros ».

Les éléments de l’enquête diffusés par Tsahal semblent confirmer les premières impressions des autorités. Le soldat Elor A. aurait déclaré, avant de le viser par balle, que le terroriste palestinien blessé devait être tué. Il confirmera ses propos devant ses commandants après le tir mortel. Mardi 29 mars, dans le cadre de la comparution du soldat, le procureur militaire a décidé de la prolongation de sa détention, le tir mortel contre Abdel Fattah Al-Sharif ne pouvant être considéré selon lui de « nécessité opérationnelle ». « Les preuves suggèrent que le soldat a tiré sur le terroriste gisant sur le sol après avoir été touché par balles par des soldats de Tsahal mais étant encore en vie. L’enquête laisse penser que le tir était délibéré et a été réalisée sans aucun but militaire ».

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