lundi 30 mars 2015

Visiblement, personne ne se préoccupe de la situation de Gaza

Six mois après l’engagement des donateurs lors de la Conférence du Caire, 100 000 personnes sont toujours sans abri.


Des enfants Palestiniens marchent au milieu des décombres et des ruines d’immeubles 
détruits durant la guerre qui a frappé la ville de Gaza l’été dernier - Photo : AP

Dans un article que j’ai écrit pour Al-Jazeera au mois d’octobre dernier, bien avant la tenue de la Conférence du Caire qui devait réunir les donateurs en prévision de la reconstruction de Gaza, j’avais justement prévenu que la promesse d’engager d’importantes sommes, tel que les donateurs avaient convenu, n’était pas suffisante. Nous devions plutôt tirer des leçons des erreurs et échecs du passé et garantir l’acheminement des dons et aides. Hélas, six mois après la fin des attaques meurtrières, mes pires craintes se sont matérialisées. Les promesses n’ont pas été honorées, la reconstruction est au point mort et l’espoir s’est volatilisé.

Ce mois, nous avons appris que seulement 5%, ou un peu plus, de l’argent promis pour la reconstruction de ce qui reste de Gaza au terme de 51 jours d’offensive Israélienne ont été versés.

Quelle conclusion peut-on tirer de l’engagement de la communauté internationale envers le territoire assiégé et ses 1.8 millions d’habitants ?

J’étais en visite à Gaza la semaine passée, et c’est la première fois que je constate un tel abattement et une telle dépression dans cette région. Les décombres n’ont toujours pas été déblayés. Les coupures d’électricité persistent. L’économie n’arrive pas à se redresser et la pauvreté s’est généralisée. Partout où vous passez, vous ne tomberez que sur des immeubles détruits.

Quelques 100 000 personnes dont les maisons avaient été détruites durant les bombardements sont encore et toujours sans abri ni toit. D’aucuns se sont regroupés avec d’autres membres de leurs familles et vivent dans d’incroyables conditions de promiscuité. D’autres, les moins chanceux, vivent dans des caravanes, ou dans des refuges de l’ONU ou alors dans des maisons détruites où ils sont exposés aux yeux de tous et aux aléas de la nature.

Une autre crise majeure

Je suis parti à Gaza avec une équipe de chirurgiens britanniques, des spécialistes dans la reconstruction des membres. Ils travaillent en collaboration avec leurs confrères Palestiniens en apportant leur aide dans la réparation des os des blessés graves des attaques de juillet. Il s’agit d’un programme lancé et conduit par l’Aide Médicale pour les Palestiniens [Medical Aid for Palestinians] avec le financement du Département pour le Développement International du Royaume-Uni.

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