samedi 28 mars 2015

Les Palestiniens de 48 sont une composante majeure de la cause palestinienne

Dans cette interview réalisée le 25 mars dernier, Ramzy Baroud nous fait part de son opinion sur les résultats des dernières élections israéliennes, la place des Palestiniens de 48 dans la lutte de libération nationale et l’importance du mouvement BDS aujourd’hui.


Ramzy Baroud - Photo : B. Cope

Info-Palestine : Le score réalisé lors des dernières élections israéliennes par la Liste Commune - fédérant plusieurs organisations politiques représentant les arabes israéliens (ou Palestiniens de 1948) - place cette liste en 3e position à La Knesset, avec 14 sièges. Peut-on considérer ce score électoral comme un évènement majeur, spécialement dans un contexte de renforcement des lois répressives ségrégationnistes contre la minorité arabe en Israël ?

C’est un grand événement, bien que la Liste Commune ait été une obligation issue des circonstances politiques à l’initiative du gouvernement de Benjamin Netanyahu et de ses alliés à la Knesset. La loi israélienne a été fondamentalement adaptée pour discriminer les partis politiques arabes.

Par exemple, une loi récente a augmenté le seuil minimum pour la représentation parlementaire, et c’était les parties arabes qui étaient visés. Netanyahu escomptait que si ces parties n’atteignaient pas le nouveau seuil imposé, ils auraient moins de sièges à la Knesset et peut-être iraient même jusqu’à se désintégrer.

Mais ces partis se sont unis, pour garantir essentiellement leur propre survie politique avec des résultats au-delà de toutes les attentes, devenant le troisième bloc à la Knesset avec 14 sièges. Cela signifie que les politiques de Netanyahu ont fini par lui sauter à la figure, et les questions liées à la minorité arabe, censées être complètement évacuées, ont été remises en force à l’ordre du jour, d’où la crainte parmi la droite et les partis sionistes en Israël.

Ramzy Baroud :

IP : La question palestinienne depuis de nombreuses décennies, était centrée sur deux communautés : celle des territoires occupés en 1967, et celle de la diaspora, principalement la population des camps de réfugiés autour du Moyen-Orient. La communauté arabe et palestinienne vivant en Israël (Palestiniens de 1948) ne représente-t-elle pas aujourd’hui une troisième et incontournable composante de la lutte des Palestiniens ?

RB : Les Palestiniens de 1948 ont toujours, et resteront une composant majeure de la question de la Palestine et de la lutte palestinienne pour la liberté et les droits de l’homme.

La fragmentation entre les communautés était en grande partie politique. Par exemple, après la guerre 1967, La Palestine de 48 s’est retrouvée à l’écart du discours politique, et après les accords d’Oslo de 1993, les réfugiés dans la Diaspora ont été plus ou moins évacués de l’équation politique.

Aucun commentaire: