mercredi 31 août 2011

Réflexions sur l’avenir des mouvements de solidarité

Publié le mercredi 31 août 2011 sur le site info-palestine.net
par Ameer Makhoul

Réflexions sur l’avenir des mouvements de solidarité : la Flottille de la Liberté, sans prendre la mer, a porté au blocus de Gaza un coup qui conduira à sa désagrégation.

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Ameer Makhoul

Menée à une époque de mondialisation de la terreur d’Etat, l’entreprise officielle et internationale de sabotage de la Flottille de la Liberté constitue un moment- clef dans l’histoire du mouvement populaire mondial et de la solidarité entre les peuples. Cette action met à jour l’inquiétante étendue de la coopération et de la coordination que pratique un système répressif international engageant gouvernements, services de renseignements et unités opérationnelles de l’armée. Nous avons là affaire à un véritable cartel de la terreur officielle mis en place par les détenteurs du monopole de la répression- Etats et organisations internationales- dans le but d’étouffer les mouvements pacifiques de solidarité avec le peuple palestinien qui émergent un peu partout dans le monde afin de mettre fin au blocus de Gaza.

Nul doute que ces Etats partagent avec Israël ce crime commis contre le peuple palestinien et ses droits ainsi que contre les personnes qui lui sont solidaires. Mais en dépit de ces développements, une donnée essentielle émerge : alors même que se déployait sur les plans militaire, judiciaire et ouvertement terroriste l’opération de sabotage visant à empêcher les navires de prendre la mer, au début de juillet 2011, Gaza l’assiégée incontestablement gagnait en liberté. C’est le sentiment qui prévaut parmi nous, nous les combattants de la liberté détenus dans les prisons israéliennes, le sentiment que, grâce à Flottille et à la dynamique qu’elle a suscitée, la liberté est plus proche que jamais.

Ce qu’il faut retenir ici est l’influence et la force du mouvement populaire mondial de solidarité avec le peuple palestinien, en particulier le mouvement « Free Gaza » pour briser le blocus. C’est grâce à cette influence et à cette force toujours grandissantes qu’apparaît maintenant le visage véritable de ces Etats et régimes complices du terrorisme israélien. Que ces Etats et régimes soient désormais contraints de déployer au grand jour leur arsenal guerrier et répressif contre les mouvements solidaires du peuple palestinien est signe clair que le blocus de Gaza est plus fortement secoué que jamais depuis sa mise en place.

Nous devons noter que les parties- Etats et régimes, sans oublier le Secrétaire Général de l’ONU lui-même ! - qui ont exprimé leur hostilité à l’égard de la Flottille de la Liberté sont ceux-là mêmes qui ont condamné les mouvements de masse des réfugiés lors de la commémoration de la Nakba, le 15 mai 2011, et de la Naksa, le 5 juin. Ces réfugiés qui manifestaient la volonté de retourner dans leur patrie - leur droit inaliénable et internationalement reconnu- ont été accusés par ces parties de provocation à l’égard d’Israël, ce régime fondé sur la conquête militaire, l’exode forcé et la purification ethnique ! Mais dans tout cela, ce qui apparaît nettement est l’aggravation, à un niveau jamais égalé auparavant, de la crise d’Israël, crise dont la lame de fond n’est autre que la question- qui ne cesse de prendre de l’ampleur au sein du mouvement populaire mondial- de la légitimité même d’Israël en tant que régime colonialiste et raciste.

Une évolution importante marque le présent élan de solidarité populaire mondiale avec le peuple palestinien et pour la consolidation du droit palestinien, c’est que désormais, de nombreux militants sont prêts à payer un prix très élevé pour leur engagement et à affronter les dangers que comporte l’affrontement avec Israël et ses complices parmi les Etats et régimes. Malgré ces dangers, cet élan populaire international ne cesse de s’étendre et de gagner en détermination, acculant Israël et lui arrachant chaque jour un lambeau de la légitimité dont il se pare.

Cette solidarité, digne de la plus haute estime, est mouvement des peuples, mouvements populaires de toutes les parties du monde qui considèrent que dans le combat inégal entre l’oppresseur et l’opprimé, leur place est d’être, de façon active et concrète aux côtés de ce dernier, aux côtés des victimes de la conquête militaire, de la répression, des détentions de masse et du racisme. Ce que l’attaque israélienne contre la Flottille nous donne à voir de façon plus flagrante que jamais est que les gouvernements complices n’hésitent pas à employer leur influence politique et diplomatique, leurs services de renseignements, leurs appareils judiciaires ainsi que leurs unités militaires spéciales afin d’accroître l’inégalité du rapport de force au profit d’Israël et au détriment des droits du peuple palestinien et des mouvements qui le soutiennent.

Que ce système mondial de terreur officielle s’affiche ouvertement en assignant un rôle précis à chacune des forces, Etats et gouvernements, qui le composent signifie que dans cette vision, les peuples ne comptent plus et que seuls comptent les structures internationales dominantes d’intérêts et les pouvoirs en place.

L’Union Européenne s’est employée à discréditer la Flottille de la Liberté et à s’attaquer à sa légitimité mais il faut dire, et il n’y a rien d’étonnant à cela, que l’administration américaine l’avait précédée dans cette basse manoeuvre. Le pire, cependant devait venir de la Grande-Bretagne qui a pris la décision politique d’arrêter Cheikh Raed Salah, l’un des plus grands dirigeants du peuple palestinien et dirigeant du mouvement mondial contre le blocus de Gaza. La campagne de calomnies qui a accompagné son arrestation, qui n’est rien d’autre que reprise grossière de la propagande israélienne dirigée contre cet homme et ce qu’il représente, montre l’étendue de la compromission - voire de la soumission - de ces milieux au gouvernement israélien et au lobby sioniste

En arrêtant le Cheikh Raed Salah, la Grande Bretagne a offert à Israël la possibilité de pervertir et de détourner à son profit un des moyens d’action de la société civile mondiale et, pour ce pays ci, le recours aux tribunaux britanniques pour poursuivre et arrêter les criminels de guerre israéliens, généraux et personnalités politiques. Pour rappel, quand, il y a quelques années, le Centre Palestinien des Droits de l’Homme, dans une action menée avec des parties solidaires britanniques, obtint de ces tribunaux un arrêt ordonnant l’arrestation du général Doron Almog pour sa responsabilité dans l’assassinat du martyr Salah Shehade et de treize membres de sa famille à Gaza, les autorités britanniques distillèrent l’information à l’ambassade israélienne et à Doron Among lui-même, ce qui permit à celui-ci de fuir le territoire britannique et d’échapper à la justice de ce pays.

Ainsi, le recours à la justice qui était pour les victimes de l’occupation, du racisme et du colonialisme un lieu où leurs droits pouvaient être entendus est devenu pour les occupants et les criminels de guerre moyen de pousser encore plus loin l’oppression de ces mêmes victimes et cela, en utilisant non seulement leurs lois mais aussi celles qui ont cours dans les pays dont les gouvernements sont complices des crimes israéliens.

La Grèce, qui est liée à Israël par un système de coopération militaire et sécuritaire en plein développement incluant des manœuvres conjointes, a engagé une opération militaire utilisant ses forces spéciales dont les commandos navals pour immobiliser la Flotte, y compris en recourant aux explosifs pour détruire les moteurs des navires. Dans le même temps, elle ne s’est pas privée d’actionner ses appareils judiciaires afin de donner un semblant de légalité à son recours à la force militaire brute pour empêcher la Flottille de prendre la mer pour Gaza. A la gloire de cette force militaire hautement louée par Israël, le blocage des navires au port, le sabotage de leurs moteurs et l’opération d’arraisonnement en pleine mer suivie d’un retour forcé au port.

Par ailleurs, Chypre a annoncé sa décision d’interdire aux navires de la Flottille de mouiller dans ses eaux territoriales alors que la Turquie a fait preuve d’une attitude moins qu’honorable. On sait que les explosions qui ont touché un des navires de la Flottille ont eu lieu dans ses eaux territoriales mais il y a pire que cela : elle a interdit au Mavi Marmara, ce symbole de la solidarité avec Gaza qui porte encore les traces de la sanglante attaque israélienne, de rejoindre la Flottille de la Liberté.

Encore une fois, nous constatons la pitoyable veulerie de la position officielle palestinienne, celle de l’ Autorité Palestinienne et de l’ OLP lesquelles, face à ce crime commis par Israël et de nombreux autres Etats, n’ont pas trouvé mieux que de se dérober à leur rôle de partie essentielle dans le conflit avec Israël pour assumer celui de « partie tierce ». Il faut aussi noter que durant ces évènements, la coopération sécuritaire de l’Autorité Palestinienne avec Israël ne s’est pas relâchée ni même été mise en question un seul instant.

Nous avouons que nous attendions plus de l’Egypte révolutionnaire. Cet Etat à vocation de puissance régionale avait la possibilité d’offrir, à la Flottille de la Liberté, accueil dans ses ports et protection lors de son départ vers Gaza, car son littoral et ses eaux territoriales sont plus proches de Gaza que ne l’est cette dernière d’Israël. L’Egypte s’est abstenue d’offrir à la Flotte un tel soutien, car avec son régime actuel, elle accepte encore de subir ce siège mis en place autour d’elle et autour de la Palestine par les accords de Camp David). Nous devons reconnaître que l’Egypte révolutionnaire a ré-ouvert le passage de Rafah, un pas extrêmement important mais nous pensons que quand on est capable d’ouvrir Rafah, on est également capable de protéger la Flottille de la Liberté.

L’ouverture du passage de Rafah est chose extrêmement positive mais elle ne met pas fin au blocus ni ne suffit à le briser. Nous devons aussi noter que l’Egypte, l’Autorité Palestinienne et la Jordanie poursuivent toujours leur coordination sécuritaire avec Israël et cela est extrêmement dangereux, car en fin de compte, ceux qui sont encerclés, ce sont le peuple palestinien, les peuples arabes et la souveraineté arabe, spécialement celle de l’Egypte.

Tous ces évènements nous apprennent malheureusement que les révolutions arabes ont encore du mal à traduire leur élan sur le plan des responsabilités régionales. Que l’Union Européenne, la Grèce , la Grande Bretagne ou encore Chypre manifestent de façon aussi insolente et brutale leur hostilité à l’égard de la Flottille de la Liberté, à l’égard du mouvement contre le blocus imposé à notre peuple n’est que la conséquence de ce déficit au plan régional. Il est vital que les forces populaires et politiques, précisément celles de l’Egypte, prennent conscience de ce déficit.

Israël que nous connaissons bien, s’était préparé à perpétrer une boucherie contre les membres du mouvement de solidarité en lançant une campagne haineuse appelant à verser leur sang, en répandant des mensonges éhontés sur eux et ce qu’ils sont, sur leurs intention et sur la nature des biens qu’ils transportaient. En dépit de la grossièreté de ces mensonges, mensonges dont sont conscients même leurs journalistes les plus connus, les médias aux ordres d’Israël ont continué à les diffuser comme s’ils étaient détenteurs d’un dossier de « preuves »- un dossier qui n’existe pas.

Il est clair que les peuples et les mouvements solidaires du peuple palestinien, très nombreux dans le monde, ne se soucient que très peu de l’impact des médias israéliens mais nous devons reconnaître qu’Israël a bien retenu le sens des signaux qu’elle a reçus après son attaque sanglante contre la Flottille de la Liberté en juin 2010 : désormais, elle redoublera d’actions criminelles. Et cette fois-ci, comme l’action de sabotage de la flottille a été essentiellement commise par des Européens, des Grecs, des Chypriotes, des Américains etc., elle n’est que tentative de blanchiment du crime qui, dans le cas où elle est couronnée de succès selon les critères de ceux qui l’ont perpétrée, ne manquera pas de se répéter à l’avenir.

Pour résumer, nous énumèrerons quelques points qui méritent spécialement d’être soulignés.

Premièrement : le dévoilement au grand jour de la nature de l’ordre mondial officiel lequel opère son passage du terrorisme pratiqué par un seul Etat à un terrorisme qui est le fait d’un système engageant plusieurs Etats dans une organisation et une coordination inédites. Nous pouvons dire que cet ordre mondial a désormais adopté le terrorisme -incluant, sans se limiter à cela, l’usage de l’institution militaire - comme moyen de lutte contre les mouvements populaires de solidarité qui agissent dans le cadre de la légalité internationale et des Droits de l’Homme.

Deuxièmement : l’importance cruciale de l’extension des mouvements de solidarité , importance dont la prise en compte doit se traduire, dans l’action militante palestinienne, par plus d’échanges et de coordination avec ces mouvements. Ceux-ci, en effet, constituent pour notre peuple et sa cause une véritable ligne de défense mondiale. Dans ce contexte, une campagne mondiale s’appuyant sur les lois et conventions internationales pertinentes doit se faire afin d’assurer la protection de ces mouvements car leur combat vise la promotion des Droits de l’Homme et les Droits des Peuples.

Troisièmement : la nécessité d’œuvrer en vue de redonner à la cause palestinienne la place qui lui revient dans les révolutions arabes et, en particulier, en Egypte. Dans ce contexte, il faut agir en vue de promouvoir des mécanismes permettant à l’opinion arabe d’être plus réactive et dans le même temps plus présente en tant que force face aux évènements mondiaux.

Quatrièmement : l’exigence que cesse de façon définitive la coordination sécuritaire de l’Egypte, de la Jordanie et de l’Autorité Palestinienne avec Israël, exigence qui va doit s’accompagner d’une pression sur le régime égyptien afin qu’il se libère des accords de Camp David, ces accords qui ont gommé la dimension arabe de l’Egypte et exclu celle-ci de la confrontation avec Israël.

Cinquièmement : la préparation de la prochaine Flotte de la Liberté, préparation qui doit bénéficier des enseignements tirés l’expérience de la dernière Flotte, parmi lesquels la nécessité de démanteler le cordon sécuritaire que s’est donné Israël grâce aux Etats hostiles mentionnés plus haut.

Nous avons dans ces évènement des leçons précieuses mais la grande vérité qui émerge est que la Flottille de la Liberté est arrivée à Gaza sans même quitter les quais et que Gaza, comme toute la Palestine, a trouvé son chemin vers le cœur des peuples du monde, Là est le meilleur fruit de la lutte de notre peuple et de ses amis dans le monde.

* Ameer Makhoul est prisonnier politique dans l’Etat d’Israël. Responsable associatif et politique, il a été arrêté le 6 mai 2010, suite à une descente nocturne à son domicile familial, à Haïfa, opérée par divers services sécuritaires israéliens. Condamné à 9 ans de prison ferme, suite à des « aveux » arrachés par la torture physique et morale, Ameer n’a cessé de proclamer que son arrestation et détention sont politiques et visent à décapiter la direction politique et civile des Palestiniens de 48.

Consultez le blog pour Amir Makhoul

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5 juillet 2011 - Traduction de l’arabe : Najib Aloui

URL du billet: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11097

Israël arme et entraîne les colons juifs installés en territoire palestinien

Publié le mercredi 31 août 2011 sur le site info-palestine.net
D’après Al Jazeera

L’armée israélienne d’occupation prévoit de fournir des grenades de gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes au colons juifs installés en Cisjordanie, pour repousser les manifestations palestiniennes qui pourraient avoir lieu le mois prochain, selon les informations divulguées.

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Colons juifs... Ultra-fanatiques, ultra-violents, ultra-racistes... Drôles de spécimens pour un soit-disant "peuple élu" mais certainement la fine fleur du sionisme !

Selon un journal israélien, l’armée israélienne envisage de fournir des grenades de gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes aux colons juifs en Cisjordanie occupée. Ceux-ci ont été formés pour repousser les possibles manifestations au moment où les Palestiniens chercheront à obtenir la reconnaissance d’un Etat aux Nations Unies le mois prochain.

Selon Haaretz, l’armée israélienne a également préparé une stratégie pour déterminer une « ligne rouge » pour chaque colonie en Cisjordanie, ce qui permettra de déterminer quand les soldats seront autorisés à tirer sur les Palestiniens s’ils franchissent cette ligne.

Interrogée pour confirmer l’information, l’armée a publié une déclaration écrite ce mardi, disant qu’elle était en train de former et d’entraîner des équipes dans les colonies, chargées de répondre « pour faire face à tout possible scénario ».

Le communiqué indique que « la formation de la majorité des équipes de première intervention était achevée » et que les exercices étaient en cours.

L’Autorité palestinienne [de Ramallah] envisage de demander la reconnaissance d’un Etat à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies qui se réunira le mois prochain, une initiative susceptible de renforcer le statut diplomatique des Palestiniens.

Les responsables israéliens craignent qu’à l’occasion du vote, des manifestations aient lieu dans les territoires palestiniens sous occupation.

« Scénario catastrophe »

Chaim Levinson, le journaliste d’Haaretz qui a livré l’information, a déclaré à Al Jazeera : « Une partie de l’entraînement est de former les colons afin qu’ils soient préparés pour le pire scénario, c’est-à-dire que des centaines, voire des milliers de Palestiniens sortent des villes palestiniennes pour protester contre les colonies ».

« Les forces de défense israéliennes [troupes d’occupation] forment les colons, les arment avec des grenades de gaz lacrymogène et assourdissantes », a ajouté Levinson.

L’armée veut s’assurer que toutes les manifestations seront réprimées et elle veut pouvoir compter si nécessaire sur l’assistance de supplétifs dans les colonies.

L’armée a fixé deux lignes virtuelles pour chacune des implantations coloniales situées près d’un village palestinien. La première ligne, si elle est traversée par des manifestants palestiniens, sera protégée avec des gaz lacrymogènes et d’autres moyens pour disperser les foules.

La deuxième ligne est une « ligne rouge », et si celle-ci est franchie, les soldats seront autorisés à tirer sur les manifestants.

Rien qu’en juin 2011, ont été répertoriées 139 attaques de colons juifs contre les habitants palestiniens

Plus de 300 000 colons israéliens occupent la Cisjordanie et la construction des colonies est un obstacle majeur à la reprise de négociations.

Un rapport publié par l’Autorité palestinienne [de Ramallah] a révélé que la violence des colons a augmenté « considérablement » en juin 2011, rapportant de façon détaillée 139 attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie et la destruction de plus de 3600 oliviers et de plusieurs vignobles.

Les bilans annuels réalisés par le groupe israélien des droits de Yesh Din ont montré à maintes reprises que dans neuf cas sur 10, les soit-disant enquêtes policières sur les crimes des colons ne débouchent sur aucune poursuite.

31 août 2011 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/news/m...
Traduction : Info-Palestine.net

URL du billet: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11107

lundi 29 août 2011

Cinq pays s’opposeraient à l’adhésion d’un Etat de Palestine à l’ONU

Publié le 28 août 2011 sur le site letemps.ch
par AFP

Cinq pays s’opposeraient à l’adhésion d’un Etat de Palestine à l’ONU, dont le vote aura lieu en septembre Selon un télégramme d’ambassadeur rapporté par «Haaretz», les Etats- Unis, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la République tchèque auraient dit à Israël vouloir voter «non»

Israël s’attend à un vote massif à l’ONU en faveur de l’adhésion d’un Etat de Palestine en septembre, malgré son opposition et celle des Etats-Unis. C’est ce qu’indique un télégramme de l’ambassadeur d’Israël aux Nations unies, a rapporté dimanche le quotidien Haaretz (l’article, en anglais).

Dans ce télégramme, dont la teneur a été confirmée de source diplomatique, l’ambassadeur Ron Prosor exprime son pessimisme sur les chances d’Israël de contrer cette initiative à l’Assemblée générale de l’ONU le mois prochain. «Le mieux que nous puissions espérer, c’est qu’un groupe d’Etats s’abstiennent ou ne soient pas présents lors du vote», remarque le diplomate israélien.

Selon Haaretz, seuls cinq pays ont informé Israël à ce jour qu’ils voteraient contre l’adhésion d’un Etat palestinien: les Etats- Unis, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la République tchèque.

Le ministère israélien des Affaires étrangères s’attend en conséquence à ce que 130 à 140 pays sur les 193 Etats-membres votent en faveur d’un Etat de Palestine, soit une confortable majorité des deux tiers.

Les Palestiniens veulent obtenir une adhésion à part entière de leur Etat à l’ONU et la reconnaissance de la Palestine sur les lignes du 4 juin 1967, avant la Guerre des Six jours, soit la totalité de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est. Les Palestiniens espèrent obtenir le soutien de «plus de 150 pays» membres de l’ONU.

Les Etats-Unis menacent cependant d’utiliser leur veto au Conseil de sécurité pour empêcher la requête, dans la mesure où une demande d’adhésion à l’ONU doit être validée par le Conseil. Pour contourner cette opposition, les Palestiniens pourraient demander directement à l’Assemblée générale «d’élever (leur) statut à l’ONU d’observateur à Etat non membre».

Cette formule leur permettrait de devenir membre à part entière de toutes les agences de l’ONU, comme l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), l’Unesco, l’Unicef.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a lui appelé samedi Catherine Ashton, la cheffe de la diplomatie de l’UE, à contribuer à ce que l’Europe appuie la demande d’adhésion d’un Etat de Palestine à l’ONU.

«Le président Abbas a demandé à Mme Ashton d’aider à ce que l’Europe vote pour l’adhésion», a déclaré le négociateur palestinien Saëb Erakat à l’issue d’une rencontre entre les deux responsables à Ramallah.

Il a dit que la cheffe de la diplomatie européenne avait réservé sa réponse, se bornant à indiquer que le soutien de l’Europe dépendrait du «texte qui sera soumis par les Palestiniens aux Nations Unies» et de la possibilité d’une position européenne unie.

Catherine Ashton a déclaré pour sa part aux journalistes que sa visite dans les territoires palestiniens avait pour objet de discuter de la démarche palestinienne aux Nations unies et d’une reprise des négociations avec Israël.

Le président palestinien a aussi réaffirmé que cette démarche n’empêchait nullement de «revenir à la table de négociations (avec Israël), quel que soit le résultat à l’ONU, car il y a des questions qu’on ne peut régler sans négocier».

Quant à l’exigence israélienne que les Palestiniens reconnaissent Israël comme «l’Etat nation du peuple juif», M. Abbas a de nouveau opposé une fin de non-recevoir, estimant que ce n’est pas aux Palestiniens de «définir la nature de l’Etat d’Israël ni de dire si Israël est un Etat juif ou non».

En réaction, le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman a accusé les Palestiniens de «ne pas vouloir vivre aux côtés d’Israël, mais créer un Etat vide de juifs» en Cisjordanie, en allusion au refus des Palestiniens d’un maintien de colons israéliens dans leur futur Etat.

M. Lieberman avait menacé au cours de la précédente visite de Mme Ashton dans la région d’annuler tous les accords avec les Palestiniens s’ils demandaient l’adhésion d’un Etat de Palestine à l’ONU.

URL du billet: http://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/74792fa8-d168-11e0-a79a-a8e71be8489f/Cinq_pays_sopposeraient_%C3%A0_ladh%C3%A9sion_dun_Etat_de_Palestine_%C3%A0_lONU

Domestication, apprivoisement et domptage politico-religieux

Publié le 28 août 2011 sur le site dieguez-philosophe.com
point de vue de Manuel de Diéguez

Les premiers pas de l'Ecole de simianthropologie de Paris

La géopolitique de demain

Tunis, Le Caire, Tripoli et demain, Damas, Rabat et Ryad: que de voyageurs contraints de monter dans le train en marche! Jamais le monde n'a poussé à ce point et l'épée dans les reins la science historique et la géopolitique à changer non seulement le regard que notre espèce tente de porter sur sa propre complexion, mais la méthode d'observation et d'analyse dont elle use afin d'apprendre à se connaître et à se comprendre.

L'idée d'étendre le champ de la science politique au globe terrestre est née sous Bismarck; mais cette discipline aussi nouvelle qu'audacieuse est aussitôt devenue un instrument du pangermanisme de l'époque. Puis la tentative de la rendre "objective" et "scientifique" l'a seulement conduite à se mettre subrepticement au service de l'empire anglo-saxon auquel l'atlantisme sert d'épicentre.

Du coup, il est apparu que les sciences humaines sont nécessairement superficielles et qu'elles n'ont pas moins besoin d'apprendre à se regarder du dehors que les théologies. Mais si vous prenez le recul de Micromégas, comment ne pas quitter le récit événementiel? Et pourtant, il faut bien éviter de couper le cordon ombilical entre la chronologie et le recul scientifique. Dans cet esprit, l'anthropologie trans-descriptive et néanmoins enracinée dans la texture de l'histoire observe l'humanité en son animalité spécifique, celle d'une espèce narcissique, spéculaire et cérébralisée à laquelle ses idoles servent de miroirs géants.

C'est dire que si la simianthropologie critique ne convainquait pas l'encéphale actuel du simianthrope de se soumettre au bistouri de l'évolutionnisme et de placer sa rétine dans la postérité chirurgicale de Darwin, jamais nous ne prendrions le tournant qui seul permettra à notre appareil visuel de modifier le globe oculaire de " Dieu " et de féconder la postérité cérébrale du mythe qui nous sert encore de miroir. Pour cela, ce sera progressivement qu'il nous faudra apprendre à répondre à la question suivante: "Quelle sorte d'animaux la meule du temps a-t-elle fait de nous?"

Notre ciel se rendra-t-il capable d'observer au microscope la boîte osseuse d'un animal en évolution? Nos sciences humaines seront-elles en mesure de conquérir, du moins en laboratoire, une distanciation réelle à l'égard de nos crânes et de leur contenu? Dans ce cas, tentons de mettre en observation les critères mêmes qui pilotent la boîte osseuse de notre prétendu créateur et vissons-nous à l'œil la loupe d'une science de la domestication à laquelle nous soumettons les "autres animaux", comme disait Salluste. Serait-ce la même que celle qui nous vassalise, nous aussi?

Le texte ci-dessous trace l'enceinte d'une problématique simianthropologique de la géopolitique qui nous permettra d'observer le lion de Juda, la panthère de Gaza et Israël en dompteur de cirque.

1- Les animaux et nous
2 - Phénoménologie de la socialisation simiohumaine
3 - L'apprivoisement
4 - Le domptage
5 - Israël en dompteur de cirque

1 - Les animaux et nous

Une science de l'évolution de notre espèce qui se fonderait enfin sur une simianthropologie critique s'inspirerait nécessairement de la jonction de deux territoires appelés à se partager notre savoir historique et notre art de la politique confondus; car d'un côté, il nous faudrait réfléchir aux types de socialisation qui régissent les animaux, de l'autre, examiner les sources zoologiques du sacré au sein de l' humanité.

Nos frères inférieurs sont soumis à trois formes de pédagogie, la domestication, l'apprivoisement et le domptage.

Le chien a fini, sous notre férule, par devenir un animal domestique. L'obéissance de ce quadrupède à un maître permanent ou de passage emprunte désormais les formes et les contours de la docilité auxquels les diverses races de Médors servent de creuset: le chien de berger et le chien de chasse n'entretiennent pas les mêmes relations de confiance et d'amitié avec leur propriétaire.

La domestication se caractérise donc par une mutation foncière et irréversible du capital psychogénétique de la bête. Il faut qu'à la suite d'une longue et patiente éducation du loup une métamorphose de ses réflexes originels apparaisse. Pour que la meule de la coutume contraigne la nature à prendre à titre héréditaire la relève de la tradition un apprentissage multiséculaire se révèle nécessaire.

Toutes les espèces ne basculent pas définitivement de l'acquis dans l'inné: le chat n'est jamais qu'un animal apprivoisé. A ce titre, il nous appelle à le séduire de génération en génération. On l'achète à l'école des prébendes dont ce souverain juge avantageux d'accepter le marché. Mais ce corruptible-né ne change jamais de psychobiologie: il se vend à titre provisoire et toujours en échange de concessions immédiatement profitables à ses yeux. N'essayez pas d'en compter à un chat: ce félin soumet son vantard de maître à l'oscillation de ses comportements tour à tour conciliants et sauvages. Vous le verrez intéressé à bénéficier de son allégeance passagère, au plus offrant, mais il en pèsera la dépense. Je vous en conjure, Mesdames et Messieurs, ne vous y trompez jamais: la soumission fièrement consentie que ce faux domestique affiche quelquefois à votre égard est toujours bien calculée et le ronron cajoleur ne sera renouvelé que si vous le méritez. Puisque l'apprivoisement exige des compromis réfléchis avec le "mieux disant", l'obéissance du chat sera révocable par définition et seulement sur l'initiative d'un roitelet tellement autarcique que la nature l'a armé d'une noblesse inaliénable.

Le domptage est une forme d'apprivoisement en serre. Tout seigneur-né ne subit jamais qu'une forcerie artificielle, donc trompeuse. Le monarque sauvage ou féroce ne cède qu'à la peur du danger qui menace son indocilité et qui culmine sans cesse dans la terreur humiliante à laquelle l'homme au fouet soumet injustement les empereurs de la jungle. Le domptage du lion, du tigre ou de la panthère est une victoire inéquitable sur l'indépendance des grands carnassiers, mais une victoire de cirque - si le dompteur ne sauvait son honneur à se laisser quelquefois dévorer tout cru, la honte du dressage serait entièrement pour lui.

2 - Phénoménologie de la socialisation simiohumaine

Ces modèles de la servitude des animaux fréquentables ou d'un commerce dangereux présentent un fidèle décalque des avantages et des inconvénients de l'assujettissement, triphasé à son tour, de l'espèce simiohumaine à ses éducateurs, à ses acheteurs et à ses dompteurs. Comment les bénéfices actuels du chimpanzé rendu loquace par son évolution bizarre copient-ils les formes triplices de la socialisation à laquelle nous avons réussi à soumettre le chien, le chat et le lion? A l'origine, seule la théologie servait de moule pédagogique et de modèle éducatif à la socialisation artificielle et sans cesse à recommencer de l'Adam des forêts. La foi religieuse de certains peuples est visiblement devenue innée par l'effet de l'inculcation inlassable d'un aveuglement, donc d'un moulage multiséculaire du cerveau de la population à l'école de divinités tour à tour charmeuses et menaçantes.

Toute cléricature est faite pour façonner une mythologie doctrinale. Celle-ci se durcit de génération en génération dans les têtes, puis périclite sous la meule des siècles. L'homme est un animal dédoublé par un fantastique religieux fatigable et dont le joug se rend transmissible à l'école de la rigidification continue d'un récit fabuleux ; mais les narrateurs de l'insoluble finissent par tomber dans un amollissement cérébral qui préfigure l'évanouissement de leurs récits dans le vide de l'immensité. Longtemps l'homme a colloqué des interlocuteurs à son effigie dans l'espace; mais quand ils se sont vaporisés à l'extrême, leur insaisissabilité finit par décourager leurs adorateurs - à moins qu'ils ne s'incarnent en vous et moi pour deux ou trois millénaires.

Aujourd'hui encore, le Sicilien ou le Napolitain ignorent autant que faire se peut les miracles physiques réputés s'accomplir sur l'autel sanglant du sacrifice. Qu'on y assassine réellement une victime, qu'on en mange réellement la chair et qu'on en boive réellement l'hémoglobine - prodiges consécutifs aux paroles réputées métamorphosantes que le prêtre prononce à cet effet - autant de merveilles censées se produire corporellement sur les offertoires. Mais tout cela n'est nullement conçu, connu et réfléchi: c'est sans seulement s'en douter que les ensorcelés par des prodiges domesticateurs se laissent benoitement conduire au paradis ou précipiter sans trop rechigner ou avec une passivité exemplaire dans un enfer rôtisseur que le diable tient prêt jour et nuit à les accueillir, tellement leur capital génétique a reçu l'empreinte des châtiments codifiés et rendus torturants à titre héréditaire.

Mais de même que le petit de l'homme est un "chien du seigneur", comme on dit et qu'il s'initie aux arcanes du langage par l'oreille, mais perd sa capacité auriculaire d'apprendre à parler s'il ne se trouve placé en temps voulu dans l'environnement sonore que requiert impérativement sa nature, de même le cheval laissé à l'état sauvage au-delà du délai requis ne se laisse plus monter, se cabre et jette à terre l'audacieux qui tente de se cramponner à sa croupe. La domestication religieuse est une virtualité périssable et qu'il faut faire germer tout de suite ou se résigner à la jeter aux orties.

3 - L'apprivoisement

La seconde forme du façonnement durable du cerveau simiohumain repose sur l'apprivoisement au guichet d'une théologie, donc sur le type de négociation soutenue et sans cesse renouvelée qu'appelle le chat devenu le créancier de son maître; mais cette fois-ci, l'idole des débiteurs - chattes et matous - se montre résolument séductrice. Non seulement elle y met le prix, mais elle rend ses appas achetables et ses attraits désirables. Du coup, ses atouts sont rendus publics et elle les vend à l'encan. Il y faut des conversations serrées entre l'idole prévaricatrice et des créatures fort inégalement disposées à l'entendre. De leur côté, les futurs sujets du ciel se disputent entre eux sur l'art d'engager des pourparlers profitables avec un dispensateur fantastique de ses grâces dans le cosmos. Car tout Jupiter sue sang et eau à se rendre persuasif à crédit. Ecoutez les raisonnements conciliants, et les arguments adroitement agencés de sa dialectique de la grâce, prêtez l'oreille à l'éloquence de ses tractations avec une espèce chattesque en diable.

Car l'assemblée générale des candidats à l'immortalité de leur chair et de leurs ossements est habile à engager la controverse avec ses propres organes. Elle exprime les doutes les plus tenaces de son squelette et les arguments les plus griffus de ses pattes au vendeur sur parole de chats immortels. Tantôt leur multitude prétend que l'espace du ciel ne saurait suffire à la masse des chats qui, n'ayant existé que d'une génération à la suivante sur la terre, occupent d'ores et déjà la plus grande partie de l'univers sommital. Comment, demandent-ils, leur père cosmique rendra-t-il leur corps bondissant à tous les matous et à toutes les chattes déterrés et élevés dans les nues? Comment le seigneur suprême des félins apprivoisés s'y prendra-t-il pour rendre contemporains entre eux les chats de tout âge et de tout poil dont l'afflux accumulera sans répit les fourrures dans l'immensité? Certes, leur masse en provenance des villes, des villages et des champs de tout le globe terrestre ne sera pas soumise jour et nuit aux contraintes de la vie sur la terre; le dieu des chats aura pris le plus grand soin de les rendre insensibles au froid et à la chaleur. Le tout puissant et miséricordieux ne leur donnera ni à boire, ni à manger, afin de les préserver du péril d'une amaigrissement affreux ou d'une obésité malencontreuse; quant à la lanterne solaire, ils continueront d' exposer leur fourrure à ses rayons. Mais une nature demeurée généreuse sera bien inutile à des chats éternels. Et puis, des cieux dont les luminaires n'auront plus d'heure à marquer, quel renversement de l'ordre et de l'harmonie de l'univers! Mais quand la multitude intarissable des chats impérissables aura rempli l'étendue à ras bords, comment multiplier les montagnes, les rochers, les rivières, les mers et les rivages de l'immortalité?

A ces savantes observations des propulsés dans l'éternité, leur créateur répondra avec toute la vigueur de son éloquence. Vous le verrez monter en chaire, adjurer, supplier, menacer, cajoler, caresser. Mais comment expliquer à l'assemblée générale des ressuscités réticents le carrousel sans fin des prières, des dévotions, des agenouillements et de tout le cérémonial des chatteries célestes dont les "chiens du seigneur" n'avaient pas besoin, eux, de fatiguer leur cerveau domestiqué d'avance?

Mais quand l'apprivoisement cérébral des chats a besoin de se montrer charmeur pour convaincre, le discours cajoleur de leur souverain n'en demeure pas moins fort ressemblant dans son ciel à celui qu'il adressait aux rampants du salut et de la rédemption sur cette terre; simplement les nouveaux-venus de la foi veulent se trouver patiemment instruits du contenu de la théodicée générale à laquelle ils feront allégeance dans leur intérêt bien compris. L'hérétique est un chat à circonvenir cérébralement; il faut lui tendre un râtelier de logicien.

4 - Le domptage

Encore et toujours à l'instar de l'archétype animal, le domptage simiohumain présente le troisième moule de la socialisation par le sacré dont les exploits de cirque auxquels notre espèce se livre dans le ciel nous ont présenté les modèles. Cette fois-ci, le César des nues s'est fâché. Hâtez-vous de vous mettre à l'abri de ses éclairs et de sa foudre. Voyez les déchaînements du terroriste de la piété, observez l'épouvante bien ajustée féconder les signes de la dévotion que les dompteurs obtiennent des lions et des tigres. Au terme d'un long dressage, les fidèles bondiront à travers des cerceaux enflammés, les saints s'assiéront en chien de faïence sur des plots de bois sec, les futurs immortels se plieront à tous les exercices requis pour l'obtention de leur salut éternel.

Ici encore, c'est au cœur de la zoologie qu'il faut chercher les exemples d'une anthropologie scientifique du sacré. Prenez un éléphant à l'état sauvage; puis observez-le menacé par une horde de gnomes dansants autour de lui. Ils l'encerclent de torches enflammées; puis ils se montrent tout subitement charitables au point de multiplier jour et nuit leurs petits appâtements. Le pachyderme se laisse tenter; et l'on voit le Titan corrompu en venir à préférer le confort alimentaire qu'une tribu de nains lui tend à pleines mains au silence et à l'étendue majestueuse de la brousse.

De même l'espèce simiohumaine en cours de cérébralisation croit avoir découvert dans le néant un créateur invisible du temps et de l'espace dont l'art grossier de brandir les épouvantes posthumes de l'enfer et les délices d'une vaine éternité la laissent pantoise. Loin de la jungle où campaient les chimpanzés criards, le dressage de l'animal confessionnel demeure encore de nos jours et sur la planète entière le modèle principal de la domestication, de l'apprivoisement et du domptage d'Adam.

5 - Israël en dompteur de cirque

Tentons maintenant d'observer, la loupe à l'œil, les applications de ces premiers modèles de la domestication politique, donc de l'histoire tour à tour vassalisatrice et prometteuse du printemps arabe tel qu'il se déroule sous nos yeux.

Israël tempête, piétine et danse en vain autour de l'éléphant enfermé dans l'enceinte des affamés de Gaza. Mais impossible de faire bondir le prisonnier à travers le cerceau de feu des idéalités que lui tendent ses despotes sacrés. Le peuple palestinien est un fauve tellement sauvage et féroce qu'il refuse de monter sur les tabourets à coussinets de velours que ses dompteurs présentent au géant dans le cirque qu'on appelle désormais la scène internationale. Pourquoi le mammouth résiste-t-il aux fouets claquants des théologiens de la démocratie mondiale? Faut-il juger son entêtement non domesticable, faut-il faire maigrir l'indocile, faut-il droguer son corps et son esprit, faut-il lui inoculer les stupéfiants les plus dormitifs de la conscience universelle? A l'instar du lion ou du tigre, jamais Gaza ne se mettra à l'école des pitances de la "Justice" et du "Droit" du roi des singes.

Voyez comme les diamants de sa Liberté font resplendir ses crocs. Gaza ne fera qu'une bouchée des contrefaçons de sa souveraineté que les prêtres de la démocratie bancaire lui tendent à travers les barreaux de sa cage. Décidément, si la crinière du lion de Juda n'est pas caressable, la panthère et le léopard de Gaza sont griffus.

Introduction aux textes de l'automne 2011

Publié le 28 août 2011 sur le site dieguez-philosophe.com
par Manuel de Diéguez

Il y a maintenant cinquante trois ans que le Général de Gaulle a démontré l'évidence que le politique commande les sciences défricheuses de l'économie et de la monnaie; mais ni les classes dirigeantes des démocraties, ni les économistes dressés sur le piédestal de leur spécialité n'ont encore compris que leur savoir se trompe de quartier général. Comment élargir le champ du regard d'une discipline au-delà de son campement, comment étendre les compétences d'une science aux arpents attenants à son territoire? Chacun s'aveugle à cultiver ses lopins.

Les évènements de l'été, et notamment les conditions grotesques du quatre-vingt seizième relèvement du plafond de la dette américaine ne sont pas près de faire débarquer la logique d'Euclide dans les têtes rebelles à la démonstration du théorème de Pythagore. Mais quand bien même le Congrès et le Sénat du Nouveau Monde auraient augmenté un peu les impôts et diminué les dépenses publiques de quelques centaines de milliards, ces deux homéopathies conjuguées n'en rendraient pas moins inexorable le déclin de l'empire américain, parce que jamais aucune puissance politique ne sera de taille à soutenir indéfiniment les dépenses qu'entraîne l'entretien de mille cent gigantesques bases militaires sur notre astéroïde.

Le son du clairon fait cortège au naufrage du dollar depuis 1944; mais le tocsin sonne maintenant à toute volée. Nos beffrois annoncent à toute la terre que la chute du mur de Berlin a ébranlé davantage les fondements du capitalisme que cent ans de la catéchèse marxiste, parce que les cloches de la religion du profit ont fait croire à tout le monde que ce système économique serait le meilleur, comme si l'universalité de sa folie démontrait sa validité. Jamais la peste ne sera guérie en raison de l'échec des sorciers à remédier au fléau. Les magiciens qui entendaient couper la tête au capitalisme ayant échoué à remettre le guillotiné sur pied, nous sommes à court de trousse aux sortilèges.

La classe dirigeante s'est spécialisée dans la pharmacopée mondiale de se prêter à elle-même une monnaie chimérique. Mais elle ne dispose tout simplement en rien d'une boîte aux utopies de rechange. Et puis, les désastres politiques et économiques sont liés à l'effondrement de la santé même du jugement. Une anthropologie critique sera-t-elle en mesure de faire comprendre à la géopolitique de demain la fatalité qui élèvera Israël au rang de fossoyeur de l'éthique mondiale?

Des centaines de millions de rêveurs ont jugé que le bienfait éternel de l'abolition du capitalisme, donc l'avènement du paradis prolétarien sur la terre valait bien le prix de l'enfer des goulags. Ils se sont trompés: le goulag a tué le communisme et prolongé la survie de l'horreur capitaliste. Et maintenant la Chine et la Russie ne voient pas que le sceptre de l'éthique mondiale retombera entre les mains de l'Amérique s'ils soutiennent Kadhafi et Assad ; et maintenant, la démocratie mondiale ne voit pas que si elle soutient l'asservissement de la Palestine aux ambitions territoriales d'Israël, la planète entière aura sacrifié la liberté sur l'autel de la déraison politique.

C'est pourquoi on demande à l'islam de la pensée et à l'Occident de forger en commun le glaive d'une philosophie de l'esprit. Si la civilisation musulmane ne frappait pas le fer de l'intelligence à venir, jamais Allah n'endossera l'armure d'une théologie de la Liberté, jamais la Palestine ne lancera au Coran et à nous-mêmes les nouveaux défis de la pensée rationnelle.

Les huit textes que je mettrai en ligne jusqu'en octobre tenteront d'illustrer les distanciations nouvelles de l'esprit critique que notre siècle attend de la géopolitique et de la science historique. Mais il ne s'agit que de modestes suggestions à la religion du prophète : que son génie s'ouvre à des entretiens respirants avec la pensée mondiale de demain.

Les cinquante neuf "Lettres persanes" parues sur ce site entre le 3 avril 2007 et le 14 juillet 2007 annonçaient les évènements que 2011 a fait débarquer à grands frais sur la scène internationale. Colletons-nous maintenant avec le récit des progrès que la simianthropologie a accomplis de 2010 à 2050 sous la houlette de l'Ecole de Paris. Il y faut un bref exposé des relations que le "printemps arabe" entretiendra avec le destin de la démocratie.

Le 21 août 2011

dimanche 28 août 2011

إعتداء ظابط صاعقة على شباب حاولو الوصول لمبنى السفارة

le 27 août 2011

بعد اعتداء لوا شرطة على بعض الشباب عشان حاولو يوصلو لمبنى السفارة .. ظابط صاعقة مسك كذا شاب ونزل فيهم تلطيش بطريقة وحشية عشان حاولو يوصلو لمبنى السفارة بردو والامر كان ها يتطور لأن الناس كلها رفضت طريقة التعامل دى وكان موجود قائد الشرطة العسكرية اللى ما قدرش يسيطر عالموقف ودخل مكتب الأمن وساب الاوضاع فى الشارع متأزمة بين الامن والمتظاهرين


L'ONU et la question de Palestine : l'eau

La région connaissant un climat aride et semi-aride, l'eau rare est de plus en plus considérée comme cruciale pour le bien-être de ces pays et de ces peuples. Les territoires occupés Palestiniens, particulièrement dans les zones élevées de Cisjordanie, sont dotés d'abondantes ressources en eau, en comparaison au reste du Moyen-Orient. Cependant, les restrictions sévères imposées aux Palestiniens par Israël en matière de forage pour l'eau, de plantations et et d'irrigation, ont maintenu les quantités d'eau disponibles pour les Palestiniens à un faible niveau. Les politiques israéliennes garantissent que la plupart de l'eau de la Cisjordanie s'écoule sous terre vers Israël, assurant aux colons Israéliens un accès préférentiel aux ressources en eau. En conséquence, une crise de l'eau d'origine humaine dégrade les conditions de vie du peuple Palestinien. Une répartition juste et détaillée des ressources en eau du bassin du Jourdain et des aquifères de Cisjordanie et de Gaza reste à négocier entre les différentes parties.

URL du billet: http://www.un.org/french/Depts/palestine/issues_water.shtml

"La formule juridique palestinienne changera après l'ONU"

URL du billet: http://www.7sur7.be/7s7/fr/1735/Israel-Palestine/article/detail/1310773/2011/08/28/La-formule-juridique-palestinienne-changera-apres-l-ONU.dhtml

Abbas: I am ready to resume peace talks with Israelis

URL du billet: http://www.palestine-info.co.uk/en/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s78hjmLvKLWuQXk6NmkbjLZhf6yIb25vzowtmW9D1vh1362U1bN%2bqtUCZ1oYQVrEE1PY12LfYFy9JI%2f26JD1eCdCT4mXvGxEAY4ih6XQtqWKM%3d

UN envoy Prosor: Israel has no chance of stopping recognition of Palestinian state

URL du billet: http://www.haaretz.com/print-edition/news/un-envoy-prosor-israel-has-no-chance-of-stopping-recognition-of-palestinian-state-1.381062

Netanyahu: Israel shouldn't hurry to alter peace treaty with Egypt

URL du billet: http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/netanyahu-israel-shouldn-t-hurry-to-alter-peace-treaty-with-egypt-1.381146

Un ministre sioniste nie toute renonciation de son gouvernement d'assassiner Haniyeh

Publié le 28 août 2011 sur le site palestine-info.net


El-Nassera – CPI

Le ministre sioniste de l'Enseignement, Gideon Saar a nié les nouvelles publiées,hier matin, samedi 27 août , par un journal égyptien concernant le fait que l'Egypte a empêché la mise en œuvre d'un plan sioniste visant à assassiner le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, dans la Bande de Gaza.

Le ministre Saar qui appartient au parti sioniste du "Likoud" a dit samedi dans ses déclarations à la radio sioniste que ces nouvelles étaient fausses, niant également que son gouvernement a répondu aux pressions égyptiennes pour renoncer à son intention d'assassiner le dirigeant du Hamas, Ismaïl Haniyeh.

Le journal égyptien "el-Ahram" avait rapporté que le Caire avait agi rapidement après avoir reçu des rapports confirmés sur l'intention de l'entité sioniste à assassiner Haniyeh au prétexte de répondre aux attaques d'Eilat, et avait fait pressions sur le gouvernement sioniste afin de l'obliger à annuler son projet d'assassinat.

Proche-Orient: Le Honduras reconnaît l'Etat palestinien

Publié le 28¨août 2011 sur le site injustices-israel.rsfblog.org

Le Honduras a reconnu vendredi un Etat palestinien dans le cadre d'une campagne menée par la Ligue arabe pour obtenir en septembre la reconnaissance d'un Etat de Palestine lors de l'Assemblée générale des Nations unies.

L'ambassadeur d'Israël au Honduras, Eliahu Lopez, a qualifié cette initiative de «coup porté au coeur d'Israël». Le ministère hondurien des Affaires étrangères a souligné qu'il «soutenait et continue de soutenir le droit entier d'Israël à exister au sein de frontières sûres reconnues par la communauté internationale».

Voisin du Honduras, le Salvador a lui aussi reconnu un Etat palestinien jeudi, comme désormais environ 120 pays dans le monde. Les Palestiniens, qui disposent d'un statut d'«observateur» à l'Onu, souhaitent obtenir en septembre la reconnaissance d'un Etat de Palestine lors de l'Assemblée générale.

Avec Reuters
Source: 20minutes.fr

URL du billet: http://injustices-israel.rsfblog.org/archive/2011/08/27/proche-orient-le-honduras-reconnait-l-etat-palestinien.html

The Olive Revolution: "Knocking on Jerusalem's Gates" at Qalandia Checkpoint 26-08-20

Saturday, August 27, 2011

The Olive Revolution: "Knocking on Jerusalem's Gates" at Qalandia Checkpoint 26-08-2011.wmv - YouTube:

planxtysumoud on Aug 27, 2011

Today, activists and supporters of the Olive Revolution (popular revolution and national humanitarian non-armed revolution against the Israeli occupation) and the Popular Committees started the campaign 'Knocking on Jerusalem's Doors' in response to the Israeli policies of Judaizing Jerusalem. In a press release, the Olive Revolution stated that: Jerusalem will remain the jewel of the Arabs and capital of our future country. Jerusalem is the symbol of our pride and our national dignity that's why we are going to knock on its doors by popular demonstrations and non-violent activities which will start with the Friday prayers on the 26th of August 2011. We are planning to knock on four doors:



Part 2: The Olive Revolution, Knocking on Jerusalem's Doors at Qalandia Checkpoint 27-08-2011.wmv:

planxtysumoud on Aug 27, 2011

Bil'in villagers Ashraf Abu Rahmah and Basel Mansour describe the circumstances of their arrest at the Olive Revolution protest at the Qalandia Checkpoint and their subsequent maltreatment by occupation forces.



URL du billet: http://palestinevideo.blogspot.com/2011/08/olive-revolution-knocking-on-jerusalems.html


Daily Life in Hebron: In Cahoots - Theft of Private Palestinian Land

Saturday, August 27, 2011

Excerpt from B'Tselem on Israel's theft of Palestinian private land
During the course of the second intifada, Israel also surrounded settlements with rings of land closed to Palestinians, did nothing to eliminate the phenomenon of piratical closing of land, and even retroactively approved such piratical closing with a variety of means, among them the “special security area” plan.

Since its inception, the settlement enterprise has been characterized by the instrumental, cynical, and even criminal use of international law, local legislation, Israeli military orders, and Israeli law. This use has enabled the continuous theft of land from Palestinians in the West Bank. Among its failures, Israel has ignored international humanitarian law’s explicit prohibition on establishing settlements, which it has interpreted in its own way. Israel’s interpretation has been accepted by very few jurists and has been refuted by the international community.

The process employed in taking control of land breaches the basic principles of due procedure and natural justice. In many cases, Palestinian residents were unaware that their land was registered in the name of the state, and by the time they discovered this fact, it was too late to appeal. The burden of proof always rests with the Palestinian claiming ownership of the land. Even if he meets this burden, the land may still be registered in the name of the state on the grounds that it was transferred to the settlement "in good faith."

The legal cloak that Israel has used as a cover for the settlement enterprise is aimed at concealing the continuing theft of land in the West Bank. Its actions have created a legal system in the West Bank that lacks the basic values of compliance with the law and of justice; rather, the system is to intended to serve political purposes and allow the systematic infringement of Palestinians’ human rights.

Israel uses the seized lands to benefit the settlements while prohibiting the Palestinian public from using them in any way. This use is forbidden and illegal in itself, even if the process by which the lands were taken was fair and in accordance with international and Jordanian law. As the occupier in the Occupied Territories, Israel is not permitted to ignore the needs of an entire population and to use land intended for public needs solely to benefit the settlers.

The High Court of Justice has generally sanctioned the mechanism used to take control of land. In so doing, the Court has contributed to imbuing these procedures with a mask of legality. The Court initially accepted the state's argument that the settlements met urgent military needs and allowed the state to seize private land for this purpose. When the state began to declare land "state land," the Court refused to intervene to prevent this process.

Jewish Colonists Plant 200 Vines on Palestinian Land:

HebronVoices on Aug 27, 2011

Jewish colonists planted 200 grape vines on Abu Haikal land in Tel Rumeida, Hebron, Palestine on 11 Aug 2011. The operation was carefully planned. Large areas of grass were cleared 2 weeks beforehand. Police arrived too late to prevent the operation. The video shows colonists from the illegal colony across the road setting up a new irrigation system and digging holes. 15 colonists arrived in a co-ordinated operation and planted the vines in less than 10 minutes. Israeli soldiers made no move to stop them even though the land has been declared a Closed Military Zone.




URL du billet: http://palestinevideo.blogspot.com/2011/08/daily-life-in-hebron-in-cahoots-theft.html

Israël et « sa belle petite guerre » : Gaza et l’Egypte en ligne de mire

Publié le dimanche 28 août 2011 sur le site info-palestine.net
par Ramzy Baroud

L’écrivain israélien Uri Avnery a récemment écrit un article intitulé « Combien tes tentes sont divines ? » [How Godly Are Thy Tents ?], qui débutait par ces mots : « Tout d’abord, un avertissement. »

(JPG)
Comme à l’accoutumé, Israël massacre... Aussi bien les enfants que les adultes et les vieillards... Assassinerait-on aujourd’hui des Palestiniens pour faire oublier la flambée du prix de l’immobilier à Tel-Aviv ? La perversité et la cruauté sionistes sont sans limites... - Photo : facebook/ICAI2

Cela faisait référence aux villes de tentes qui ont surgi un peu partout à travers le pays à l’initiative de la classe moyenne israélienne qui exige des changements et des réformes. Le style d’organisation de ces revendications n’était pas totalement différent de celui des soulèvements arabes. À la surprise générale, cette mobilisation israélienne limitée, qui allait des préoccupations sur la flambée des prix de l’immobilier aux appels à une « justice sociale », a été considérée comme la Place Tahrir israélienne du moment. Le mouvement avait encore à articuler un projet politique, et cela aurait été une évolution logique.

Quel était donc l’objet de la mise en garde d’Avnery ?

Le « mouvement de protestation sociale prend de l’ampleur », écrit Avnery. « À ce moment-là, il y aura une tentation - peut-être une tentation irrésistible - de ’réchauffer les frontières’. Pour commencer une jolie petite guerre. Un appel aux jeunes d’Israël, les mêmes jeunes qui aujourd’hui remplissent ... les tentes, pour aller défendre la patrie ».

C’était un avertissement qui énervait un peu, non seulement parce qu’il émanait d’Avnery, un vétéran féru dans la connaissance de la classe dirigeante en Israël, mais aussi parce qu’il s’est confirmé dans son intégralité quelques jours plus tard.

Et la « guerre » avait en effet commencé, à partir du 18 août. La « provocation » avait prétendument démontré sans aucun doute que la sécurité d’Israël était fortement compromise et que le petit Etat avec ses ’frontières indéfendables’ payait un prix élevé pour l’intransigeance armée de Gaza et le chaos de l’Egypte post-révolutionnaire. Des sources israéliennes ont rapporté qu’un grand nombre de militants avaient traversé le Sinaï vers la station israélienne d’Eilat sur la Mer Rouge, le jeudi (18 août), ouvrant le feu sur deux autobus transportant des soldats israéliens. L’intrusion a été organisée de façon implacable, comme l’a été la capacité de ces audacieux attaquants à tuer et à blesser des soldats et d’autres Israéliens.

Selon la version israélienne des faits, certains des assaillants ont été tués, mais d’autres ont réussi à fuir vers l’Egypte. Ce qui a poussé l’armée israélienne à les poursuivre dans une extraordinaire chasse à l’homme et fait que dans la confusion elle a abattu 3 militaires égyptiens.

Des sources israéliennes, bien qu’apparemment prises de court face à l’infiltration d’hommes armés dans une zone de haute sécurité, ont immédiatement fourni des informations précises sur les attaquants. Un consensus a été immédiat pour relier les attaquants à la bande de Gaza. Avec les bombardements massifs contre de nombreuses cibles dans Gaza, il apparait que tout le territoire sous blocus se retrouve accusé et puni.

Le résultat était des plus prévisibles, quoique tragique. L’aviation israélienne est revenue dans le ciel de Gaza, les drones tournaient sans aucune entrave, et le nombre de morts palestiniens n’a cessé d’augmenter. Les terribles et malheureuses scènes de civils massacrés, d’enfants mutilés et de bâtiments incendiés nous ont à nouveau inondés. Le chorus en soutien à Israël et la condamnation des Palestiniens à Washington n’est pas sans rappeler une histoire qui ne cesse de se répéter.

Mais avant de développer les contre-arguments, on est tenté de remettre en question les guerres présentées Israël comme étant de « légitime défense ». A quel point cette dernière « jolie petite guerre » diffère-t-elle de la terrifiante invasion israélienne du Liban en 1982 ? Quand Ariel Sharon a demandé un feu vert américain pour attaquer le Liban, Alexander Haig, à l’époque secrétaire d’Etat américain sous le président Ronald Reagan, avait insisté sur le fait qu’Israël devait disposer d’une « provocation crédible » avant de se lancer dans un telle action. Par ailleurs, le cas mis en avant pour justifier la guerre contre Gaza en 2008-09, l’opération Plomb Durci, constituait aussi cette « provocation crédible ». En fait, toutes les guerres d’Israël sont vendues au public avec un emballage soigné qui dispose en vérité de bien peu de crédibilité.

Cette fois-ci, la provocation devait être assez convaincante pour justifier de nombreuses frappes israéliennes sur l’ensemble des organisations dans Gaza, ainsi que sur l’Egypte politiquement vulnérable.

Pourquoi Israël est-il déterminé à discréditer l’Egypte, exploitant la période la plus délicate de son histoire moderne en déstabilisant la région frontalière ? Afin de faire la preuve de l’échec de l’Egypte à assurer la sécurité des frontières israéliennes, tel que cela est stipulé dans le traité de Camp David ?

Il apparait que toutes les organisations qui ont pignon sur rue dans Gaza ont nié toute responsabilité dans les attaques d’Eilat, y compris les Comités de Résistance Populaire (non affiliés au mouvement Hamas) qui ont été accusés par Israël d’être à l’origine des attaques.

En réponse à l’assassinat par Israël d’officiers égyptiens, et sous la pression de milliers de manifestants, l’Egypte a rappelé son ambassadeur d’Israël le 20 août. En Israël, le débat s’est porté sur la sécurité et la nécessité d’achever la construction d’une barrière de 200 kilomètres de long à la frontière avec l’Egypte, visant ostensiblement à bloquer les immigrés africains voulant entrer en Israël. Étrangement, l’Egypte, qui est accusée de permettre à des centaines de militants d’entrer dans Israël depuis le Sinaï, avait gardé un oeil sur la frontière malgré les effets de la révolution sur la situation sécuritaire dans tout le reste du pays. Le 7 Juillet et le 11 août, pour ne prendre que ces deux exemples, les soldats égyptiens auraient abattu deux travailleurs migrants, un érythréen et un soudanais, lesquels tentaient de traverser la frontière. Par ailleurs, beaucoup d’autres migrants ont été appréhendés au cours des derniers mois.

La capacité de l’armée égyptienne à abattre les migrants isolés, alors que son laxisme supposé permettrait l’infiltration de centaines de militants, soulève dans ce cas plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Certains semblent orchestrer le chaos dans la ville de Arich et le reste de la région du Sinaï. Cela comprend la surprenante attaque en plein jour par des centaines de gens armés et rassemblés face au poste de police à Arish le 29 Juillet, et qui a eu pour résultat la mort de plusieurs officiers égyptiens.

Alors que le chaos est délibérément provoqué dans le Sinaï, la crainte était de retour à Gaza qui s’est vue promettre une autre agression militaire israélienne.

Le 9 août, les habitants de la Bande de Gaza appauvrie craignaient d’être attaqués par Israël. Les craintes ne sont pas seulement basées sur les menaces répétées venues des responsables israéliens, mais aussi sur une mystérieuse panne de télécommunication ce jour-là qui a eu pour effet de couper tous les accès Internet, les téléphones mobiles et les accès internationaux durant plusieurs heures, selon l’agence de nouvelles Ma’an News. « Mais les habitants de Gaza près de la frontière avec Israël, ont dit avoir vu des bulldozers de l’armée d’occupation qui s’activaient peu de temps avant que les communications ne soient coupées », a signalé Ma’an.

Pourquoi Israël a-t-il coupé les communication dans et hors Gaza ? La « provocation crédible » était-elle alors concoctée ? Pourquoi Israël ne parvient pas à fournir une explication raisonnable pour cette panne totale ? De plus, pourquoi cette tentative de provoquer l’Egypte et peut-être de l’entraîner vers une confrontation sur les frontières à un moment où l’Egypte tente une transition vers la démocratie ?

On estime aussi que « la nouvelle Egypte » est vue comme voulant faciliter l’unité palestinienne, une première étape pour sortir le mouvement Hamas de son isolement au niveau international.

N’est-il pas alors envisageable que la « jolie petite guerre » d’Israël soit une réponse à un changement aussi lourd d’implication dans la politique égyptienne envers le Hamas - et la Palestine en général ?

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Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza (Pluto Press, London), peut être acheté sur Amazon.com.

Du même auteur :

- Le Printemps Arabe remet à jour les priorités au Moyen-Orient - 20 août 2011
- Syrie : slogans éculés et aube nouvelle - 7 août 2011
- Les médias arabes ne peuvent pas passer sous silence ce que les Africains subissent en Libye - 29 juillet 2011
- Comment l’Autorité de Ramallah brade l’unité palestinienne - 20 juillet 2011
- Yémen : une mobilisation exemplaire et qui ne faiblit pas - 14 juillet 2011
- Le succès de son économie ne suffit pas à expliquer la réussite de la Turquie - 2 juillet 2011
- « L’ouverture » de la frontière à Gaza : juste des mots ? - 19 juin 2011
- D’une frappe de missile à une aire de jeu : la volonté de Gaza - 11 juin 2011
- Retour à Nuseirat - 4 juin 2011
- Bienvenue à Gaza ! - 29 mai 2011
- L’unité palestinienne et le nouveau Moyen-Orient - 7 mai 2011
- La leçon d’humanité de Vittorio - 20 avril 2011
- Guerre contre la mémoire palestinienne : Israël résout son dilemme démocratique - 12 avril 2011

22 août 2011 - Communiqué par l’auteur - Traduction : Naguib

URL du billet: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11083

samedi 27 août 2011

On a retrouvé une partie des marchandises pillées pendant les émeutes de Londres

Publié le 26 août 2011 sur le site mounadil.blogspot.com
par Mounadil al Djazaïri
Failed Messiah (USA) 25 août 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
Un étudiant marié d’une école religieuse juive [yeshiva] a été arrêté pour recel de biens volés pendant les récentes émeutes de Londres.Le site d’informations Behadrei Haredim rapport qu’un étudiant d’une yeshiva ultra-orthodoxe a été arrêté pour recel de biens pillés pendant les émeutes à Londres.Selon ce site web, l’arrestation a provoqué une onde de choc dans la communauté ultra-orthodoxe de Londres, et les gens se débarrassent le plus vite possible des marchandises voles.La police indique que d’autres arrestations vont être effectuées.

La version en hébreu de l’article original traduite par Google permet de comprendre qu’il y a en effet tout un réseau de receleurs dans la communauté juive de Stamford Hill où l’heure est à la panique alors qu’il faut de débarrasser des marchandises « achetées à bas prix à des Gentils ».

Les Gentils, ce sont en effet les méchants que nous avons vu sur des images de vidéosurveillance se livrer au pillage. Parmi eux se trouvaient de nombreuses personnes qui saisissaient l’occasion de crier leur rage tout en faisant emplette de produits de plus ou moins première nécessité mais aussi de simples voyous. Dans l’un ou l’autre cas, ceux qui tenaient à écouler le fruit de leurs emplettes se sont adressés à un réseau de recel qui fonctionnait avant les émeutes et auprès desquels les vrais voleurs avaient leurs habitudes.

Sauf que les circonstances n’étaient pas habituelles (trop de voleurs amateurs)…

Dans son diagnostic sur les émeutes, le chef du gouvernement brtannique David Cameron avait invoqué la responsabilité d’un « effondrement moral » et parlé des «communautés» :

« les écoles, les prestations sociales, les familles, l’éducation des enfants, les communautés et les problèmes culturels, juridiques et bureaucratiques de notre société … pendant des années, notre système a encouragé les pires comportements dans la population, a encouragé la paresse (…) et découragé le travail ».

M’est avis qu’il pensait là à diverses communautés (antillaise, indienne et surtout musulmane, c.à.d. surtout indo-pakistanaise) mais pas à la communauté juive dans son propos. Et cette dernière non plus, d’où sa surprise devant les descentes de police !

Ce que M. Cameron aurait dû comprendre, est qu’ils faut se garder de stigmatiser des « communautés », quelles qu’elles soient. parce qu’une telle stigmatisation est une erreur et une faute et qu’elle ne porte en elle aucune solution digne. Et parce que tout le verbiage sur l’échec du prétendu multiculturalisme n’a été en fait qu’un artifice pour stigmatiser des Musulmans, ce qu’avaient fait dans des termes voisins et presque en même temps la chancelière Allemande, Mme Merkel, et le chef de l’Etat français, M. Sarkozy.

URL du billet: http://mounadil.blogspot.com/


Un Journal égyptien : plan sioniste visant l’assassinat d’Ismaïl Haniyeh.

Publié le 27 août sur le site palestine-info.net

Le Caire : CPI

Le journal égyptien « Al-Ahram » a dévoilé un plan sioniste visant à assassiner le dirigeant du Mouvement de la résistance islamique "Hamas" et le Premier ministre du gouvernement palestinien à Gaza, Ismaïl Haniyeh.

Le journal a indiqué samedi matin sur son site Internet, que le Caire a réagi immédiatement dès qu’il a reçu des informations non confirmées de l'intention sioniste d’assassiner Haniyeh comme représailles á l’attentat d’Um Rachrach (Eilat), le Caire a exercé une pression sur l'occupation afin de l'obliger à renoncer á son plan.

« Des sources palestiniennes bien informées ont annoncé que les autorités égyptiennes ont rapidement contacté le mouvement du Jihad islamique en Palestine pour le persuader de s‘engager dans la trêve avec l'occupation sioniste. », selon le journal égyptien.

« Pour sa part, le mouvement Hamas a fourni des efforts pour persuader les autres factions de la résistance et le Comité de résistance populaire de retourner au calme et de maintenir le cessez-le-feu, bien que ce dernier ait insisté sur une réponse militaire à l'assassinat de cinq dirigeants éminents suite aux raids aériens menés par l'aviation sioniste. », a ajouté la même source.

URL du billet: http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7unnTPCAPO0RFsbjHRSI7HNMFQQNuiph%2bHt7cHvxzZq4yAJivxsIgYLjllpo0vfS2R9PlTv%2fI5kdcqGXSd4wsTWK%2fkCOcOhwghW0uZf8ULf0%3d

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إسرائيل تراجعت عن تصفية إسماعيل هنية
بضغط من مصر

كتب ـ أشرف أبوالهول‏:‏

كشفت مصادر فلسطينية مطلعة النقاب لـ الأهرام عن ان مصر اجبرت إسرائيل علي إلغاء خطط كانت قد اعدتها لتصفية القيادي في حركة حماس إسماعيل هنية رئيس وزراء الحكومة المقالة في غزة‏.

وقالت المصادر إن القاهرة تحركت بسرعة بمجرد تلقيها انباء مؤكدة عن أن إسرائيل اتخذت قرارا بتصفية هنية عقب عملية إيلات, فضغطت علي تل أبيب من أجل التراجع عن القرار وسارعت بالاتصال بحركة الجهاد الإسلامي في فلسطين لاقناعها بالعودة للتهدئة. وأوضحت المصادر لمندوب الأهرام أن الجهود المصرية لإقناع حركة الجهاد بالعودة للتهدئة سارت بالتوازي مع جهود مماثلة قامت بها حماس في قطاع غزة لإقناع الفصائل الاخري خاصة لجان المقاومة الشعبية بالعودة للتهدئة برغم أن الأخيرة كانت مصممة علي مواصلة اطلاق الصواريخ علي إسرائيل ردا علي قيامها باغتيال خمسة من كبار قادتها وعلي رأسهم أمينها العام أبوعوض النيرب وقائدها العسكري عماد حماد. وقالت المصادر إن السلطة الفلسطينية من ناحيتها ساهمت في اقناع الفصائل بالعودة للتهدئة بعد أن ابلغتها بأن التهديدات الإسرائيلية بتصفية إسماعيل هنية جادة وان المسألة كانت مجرد وقت.

URL du billet: http://www.ahram.org.eg/The-First/News/97492.aspx

Israël d’accord pour une présence militaire égyptienne accrue

Publié le 27 août 2011 sur le site lorientlejour.com

Sinaï
Israël a accepté que l’Égypte déploie des effectifs militaires supplémentaires dans le Sinaï, a indiqué hier un haut responsable israélien. Il a confirmé, sous le couvert de l’anonymat, la teneur d’un article de l’hebdomadaire britannique The Economist dans lequel le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a indiqué avoir accepté que l’Égypte augmente sa présence militaire dans la péninsule du Sinaï. Selon cet article, M. Barak a accepté que l’Égypte déploie des hélicoptères, des véhicules blindés et des milliers d’hommes dans le Sinaï, mais s’est opposé à l’entrée de chars supplémentaires dans la région. M. Barak a pris cette décision à la suite des attentats perpétrés le 18 août au nord de la station balnéaire d’Eilat (mer Rouge) par des commandos armés venus du Sinaï, qui ont tué huit Israéliens. Toujours de même source, M. Barak a estimé qu’il fallait « parfois subordonner les considérations stratégiques aux nécessités tactiques », et sa décision a été approuvée par le Premier ministre, Benjamin Netanyahu. « Toutes ces informations sont exactes », a insisté le haut responsable israélien.
« Des troupes supplémentaires sont déjà entrées dans le Sinaï en coordination avec Israël » lors de l’opération Aigle, lancée à la mi-août, a dit une source militaire égyptienne. Des chars de l’armée égyptienne étaient entrés le 13 août dans le nord du Sinaï en prévision de cette opération. « Il n’y a pas d’amendement du traité » de paix de 1979, a ajouté la même source. Ce traité entre les deux pays prévoit une démilitarisation du Sinaï.
Dans ce même contexte, Israël et le Jihad islamique ont conclu un accord de cessez-le-feu après plusieurs jours de violence, a déclaré hier un responsable palestinien dans la bande de Gaza. Ce dernier, qui a requis l’anonymat, a précisé que les autorités israéliennes et le groupe palestinien avaient informé Le Caire qu’ils allaient finalement respecter la trêve annoncée lundi dernier après une médiation de l’Égypte et des Nations unies. Un porte-parole militaire israélien a déclaré qu’aucune roquette n’avait été tirée sur Israël depuis jeudi.
Par ailleurs, les forces de sécurité israéliennes ont arrêté dans la nuit de jeudi à vendredi un député palestinien du Hamas, ont rapporté le mouvement islamiste et des témoins palestiniens. Anouar Zboun, membre du Conseil législatif palestinien qui fait office de Parlement, a été arrêté à son domicile, dans la ville de Bethléem, dans le sud de la Cisjordanie.

(Source : agences)