PORTRAIT Cet étudiant en sociologie, condamné pour avoir projeté d'assassiner un rabbin, ce qu'il nie, est emprisonné en Israël depuis 2005.

Son histoire , bien que moins médiatisée, fait forcément penser à celle de Gilad Shalit, ce soldat de nationalité franco-israélienne libéré après 5 ans de détention. À la différence de Shalit, enlevé par le Hamas, Salah Hamouri a été condamné par la justice israélienne. Il est détenu dans ce pays depuis.
Né en 1985 à Jérusalem d'un père palestinien et d'une mère française, originaire de Bourg-en-Bresse, Salah a passé son adolescence dans la ville sainte. Parfaitement francophone, il a été scolarisé au collège des «Frères de Lasalle», une école privée catholique de garçons située à Jérusalem-Est. Ses premiers démêlés avec la justice ont lieu en 2001 quand, à l'âge de 16 ans, il est arrêté alors qu'il distribue des tracts contre la colonisation israélienne. Condamné à cinq mois de prison pour «propagande anti-israélienne», il réintègre son lycée après sa détention et obtient son baccalauréat en juin 2003.
«Salah a toujours été actif au point de vue politique»
Il décide alors de poursuivre des études de sociologie à l'université de Bethléem. Mais en 2004, il est arrêté une seconde fois au cours de sa scolarité au motif d'avoir fréquenté un activiste. Thèse réfutée par ses proches selon lesquels le Franco-palestinien se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment : une soirée où l'armée israélienne a fait une descente pour arrêter un homme recherché et où Salah se trouvait également.
Il va passer de nouveau quatre mois sous les verrous. «Salah a toujours été actif au point de vue politique à l'université», reconnaît sa mèredans un documentaire d'Eric Biesse intitulé «Salah, mon fils, mon frère». «Il voulait simplement finir ses études et travailler en Palestine afin d'aider la cause palestinienne», précise, quant à lui, son père qui décrit son fils comme quelqu'un de «simple» et de très «sociable».
Salah plaide coupable de «complot»
Des faits contestés par Salah, qui se définit comme un simple sympathisant de l'organisation palestinienne. Il va pourtant rester trois ans en détention administrative sans avoir été jugé. En avril 2008, il est finalement condamné par un tribunal militaire israélien à sept années de prison pour «complot et appartenance aux jeunesses du FPLP» après avoir plaidé coupable. Un compromis, décidé sur les conseils de son avocate, qui lui permet de voir sa peine réduite aux quatorze ans de détention dont il est menacé.
Depuis, les proches de Salah n'ont cessé d'appeler à sa libération. En 2008, un comité national de soutien à Salah Hamouri, dont font notamment partie des personnalités aussi diverses que Stéphane Hessel, Marie-George Buffet ou encore Jack Lang, a été créé pour faire connaître son cas et obtenir sa libération. Le 16 mai 2009, Salah Hamouri a été fait citoyen d'honneur de la ville de Grigny. Et au mois de juin de la même année, sa mère avait été reçue à l'Elysée par un conseiller du chef de l'État sans toutefois rencontrer Nicolas Sarkozy en personne.
La France a pourtant demandé la libération de Salah à plusieurs reprises. Demande notamment rejetée en août 2009 par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, dont la coalition gouvernementale comprend le parti Shass. Le 11 octobre, la mère du jeune détenu a annoncé à l'Humanité.fr que son fils était à l'isolement et interdit de visite jusqu'au 5 novembre. Dans le même temps, il a été transféré dans une autre prison. Cette mesure aurait été prise après une grève de la faim entamée par des prisonniers palestiniens pour dénoncer l'isolement carcéral. Avant cet épisode, la famille de Salah pouvait lui rendre visite deux fois par mois en détention. «Il lit et écrit beaucoup en prison. Il s'est adapté à cohabiter avec les prisonniers et a déployé beaucoup d‘énergie pour s'adapter», déclarait alors son père.
Depuis l'accord intervenu entre le Hamas et Israël pour la libération de 1027 prisonniers palestiniens contre le soldat israélien Gilad Shalit, Nicolas Sarkozy a exprimé son espoir de voir Salah faire partie de «la seconde vague de prisonniers échangés». Une issue qui permettrait à Salah Hamouri d'être libéré avant qu'il n'ait purgé la totalité de sa peine, le 28 novembre.
URL du billet: http://www.lefigaro.fr/international/2011/10/20/01003-20111020ARTFIG00820-salah-hamouri-un-detenu-franco-palestinien-meconnu.php
Pour remettre les pendules à l'heure!
C’est proprement hallucinant, incroyable !
Publié le 19 octobre, 2011 sur le site salah-hamouri.fr
Mercredi 19 octobre 2011, Gérard Longuet, Ministre de la Défense, déclarait sur France Inter découvrir la situation de notre compatriote Salah Hamouri. Sur cette même antenne Jean-Claude Lefort, coordinateur de son Comité de soutien réagissait à ses propos : “C’est proprement hallucinant, incroyable ! Ou bien il est parfaitement incompétent, ou bien il fait semblant. Tout homme politique normalement constitué ( avant d’être ministre, il était sénateur), a dû entendre parler de notre compatriote Salah Hamouri qui est en prison depuis plus de six ans, dans les geôles israéliennes et comme son comité de soutien a manifesté à l’endroit de tous les parlementaires des prises de position, je ne crois pas que Monsieur Longuet puisse s’exonérer de cette connaissance.”
Jean-Claude Lefort a ensuite rebondi sur la démarche entamée la veille par Nicolas Sarkozy : “L’initiative qu’a pris le Président de la République hier soir est intempestive et même scandaleuse. Parce que Salah Hamouri, selon le jugement doit sortir le 28 novembre prochain. Or le Président de la République a demandé hier que Salah Hamouri figure dans la liste des prisonniers qui doivent sortir dans deux mois, c’est à dire le 18 décembre. Autrement dit, le Président de la République rajoute trois semaines de prison à Salah Hamouri. C’est intolérable.”
Ecouter les interventions de Gérard Longuet et Jean-Claude Lefort sur France Inter
URL du billet: http://www.salah-hamouri.fr/node/311
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