vendredi 21 octobre 2011

Palestine, synonyme d’occupation et de chômage

Publié le 19 octobre 2011 sur le site albayane.press.ma
Écrit par DNC à Madrid, Mohamed Boundi

Les territoires palestiniens occupés, qui ont célébré mardi la libération de prés d’un millier de prisonniers des centres de détention israéliens, dépendent dans une large mesure de l’aide étrangère, indique un rapport de la Banque Mondiale, publié lundi dernier qui attire l’attention sur les graves problèmes humanitaires provoqués par un des conflits contemporains les plus longs.

La Cisjordanie et Ghazza vivent quasiment sous une totale domination militaire d’Israël depuis 1967, de l’aide économique de l’extérieur et sont très affectées par la crise, ajoute le document, intitulé « Coping with Conflict : Poverty and inclusion in The west Bank and Gasa (luttant contre le conflit : pauvreté et inclusion à Ghazza et Cisjordanie), qui traite de l’impact de ces problèmes sur la région depuis 2001.
Les rédacteurs de ce document sont arrivés à la conclusion selon laquelle Ghazza est une zone qui vit particulièrement dans des conditions précaires et où le chômage croissant et la pauvreté caractérisent l’ambiance dans les rues en ruines causées par les militaires israéliens. L’aide internationale a doublé en 2009 du fait que 71% des palestiniens de la frange de Ghazza avaient sollicité «pour le moins une forme d’assistance sociale», a signalé Tara Vishwanath, qui a dirigé l’étude.
Le développement déséquilibré dans les territoires palestiniens occupés est instable comme pour permettre tout type de croissance durable à long terme, observe la Banque mondiale. Par exemple, si les gains d’un ménage à Ghazza chutent 20%, comme lors de 2007, le nombre de personnes se trouvant dans une extrême pauvreté augmentera de 33 à 49%.
Le chômage dans ces territoires défie toutes les statistiques puisqu’il avait atteint 41% de la population active en 2008, soit un pourcentage supérieur à ceux enregistrés en Allemagne durant la République de Weimar ou aux Etats-Unis après le crash de 1929. Plus de 35% des habitants de Ghazza en âge de travailler étaient sans emploi en 2009, un problème qui touche particulièrement les jeunes et les catégories sociales moins qualifiées. «Les jeunes est un bon exemple à citer. Ils vont à l’université, finissent leurs études et n’arrivent pas à accéder à un emploi», signale le professeur des sciences politiques, Moukhaimer Abou Sada de l’Universdité Al Azhar de Ghazza.

Face au chômage masculin généralisé, “la participation de la femme au marché du travail et le chômage féminin augment depuis 2003 », remarque la Banque mondiale. Toutefois, les femmes qui exercent une activité souffrent de la diminution de leurs gains et de la chute du salaire réel. De manière que la situation à Ghazza est, dans ce contexte, pire que celle des les habitants en Cisjordanie. «La plus grande barrière qui se plante devant l’accroissement économique à Ghazza, est l’application d’un système de restrictions limitant la circulation des biens et des personnes à partir et vers Ghazza», a dit Wiswanath à l’agence Inter Press Service (IPS). «Eliminer les restrictions à la circulation des personnes et des biens est une priorité de grande importance», observe le rapport notant que la pêche et l’agriculture, deux fondamentaux piliers de l’économie de Ghazza, ont été fortement affectés par l’occupation. Près de 46% des terres cultivées de la frange de Ghazza sont inaccessibles par leurs propriétaires palestiniens après l’opération militaire israélienne «plomb fondu», de fin décembre 2008 à janvier 2009, précise un rapport de 2010 de l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). D’autant plus, le nombre de personnes exerçant dans l’agriculture est passé de 12,75% à 7,4% en 2010 de la population active occupée. Le nombre de pêcheurs a été ramené de 10.000 en l’an 2.000 à 3.500 en 2011 à cause précisément de l’interdiction par Israël d’opérer au-delà de trois miles marins de la côte. «Il est totalement anormal qu’à notre époque deux économies, celles de Cisjordanie et de Ghazza, soient otages d’une puissance occupante pendant 44 ans», déclare Helena Cobban, experte en questions palestiniennes et propriétaire de la maison d’édition, Just world books. «L’occupation militaire signifie qu’il s’agit d’une étape de transition. Même l’occupation par les Etats-Unis de l’Allemagne et du Japon n’avait pas duré plus de sept ou huit ans», a-t-elle ajouté. «Ghazza et Cisjordanie ont besoin de contacts, de relations et de la communication avec le reste du monde», a-t-elle remarqué. “Ghazza, qui possède un port, des communications terrestres avec l’Egypte et un petit aéroport peut parfaitement être connectée très rapidement au monde extérieur mais les israéliens persistant dans leur politique visant à faire de la population palestinienne un collectif de mendiants pour dépendre totalement de l’aide étrangère ou des exportations vers et à travers Israël », a-t-elle déploré. «Du point de vue humanitaire, l’occupation est un acte atroce puisque toutes les familles de Ghazza sont séparées, la moitié de leurs membres doit abandonner le territoire faute de garanties économiques, sociales et militaires. Ceci ne peut continuer ainsi», a-t-elle conclu.
Le secteur agricole à Ghazza, qui était en mesure d’exporter 2.300 tonnes de fraises et 55 millions tonnes d’œuillets, a totalement cessé de vendre sa production depuis 2005 à cause du blocus imposé par Israël, selon la FAO.
C’est la situation de désespoir que doivent supporter avec grand courage les habitants des territoires palestiniens occupés devant l’indifférence de la communauté internationale.

URL du billet: http://www.albayane.press.ma/actualite/10829-proche-orient--palestine-synonyme-doccupation-et-de-chomage.html

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