samedi 1 octobre 2011

Manuel Valls : « Je suis lié de manière éternelle à Israël »

Publié le 29 septembre 2011 sur le site oumma.com
par Icham Hamza

Information Oumma.com. En campagne pré-électorale, le socialiste Manuel Valls a récemment révélé son attachement -qualifié d’« éternel »- à l’Etat hébreu. L’aveu est éclairant : le député de l’Essonne s’est déclaré également hostile à la demande palestinienne d’adhésion à l’ONU.

L’élève aurait-il dépassé le maître ? En matière d’allégeance d’un élu de la République envers un Etat étranger, seul Dominique Strauss-Kahn avait osé se démarquer de ses confrères. C’était en 1991, à l’occasion d’unentretien accordé à la revue Passages : « Dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, au travers de l’ensemble de mes actions, j’essaie de faire en sorte que ma modeste pierre soit apportée à la construction de la terre d’Israël ».

Coming out

Vingt ans plus tard, un de ses plus fidèles partisans est allé encore plus loin : maire d’Evry et député de l’Essonne, Manuel Valls a récemment prononcé des paroles singulières pour un représentant de la Nation. Le 17 juin, le socialiste était l’invité d’une conférence-débatorganisée par l’antenne strasbourgeoise de Radio Judaïca. Interpellé par un membre du public sur l’attitude de la gauche contre l’antisémitisme, Manuel Valls a tenu à se justifier par un biais inattendu : l’évocation de son « lien éternel » -à travers son épouse, la violoniste Anne Gravoin- avec « la communauté juive et Israël ». Depuis trois mois, cette petite phrase était passée curieusement inaperçue, notamment de la part des journalistes politiques du microcosme parisien : Oumma se devait de donc réparer cette cruelle injustice en repérant, découpant et mettant en ligne l’aveu stupéfiant d’un homme à la conquête de la magistrature suprême.

Dans l’expression publique, de telles paroles sont doublement inédites : le responsable d’un parti qui s’affiche comme hostile au communautarisme avoue tout haut son lien privilégié avec une religion au détriment des autres. En outre, l’élu républicain manifeste avec une emphase quasi-religieuse son dévouement envers un Etat étranger-en l’occurrence, Israël.

L’extrait complet de cette intervention est encore plus révélateur : laissant éclater sa colère-« Merde, quand même ! », Manuel Valls veut rendre hommage à Lionel Jospin, le Premier ministre qui « s’est pris des pierres pour avoir traité le Hezbollah d’organisation terroriste ». Le député fustige au passage l’ancien président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, coupable de « regarder Israël depuis la Jordanie avec des jumelles »,ainsi que l’ex-ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas, qualifié de « sale bonhomme ». A l’inverse, François Mitterrand aurait eu, d’après lui, « les gestes nécessaires » vis-à-vis de l’Etat hébreu. Enfin, Manuel Valls a tenu à rappeler à l’audience son opposition à Tariq Ramadan et à l’UOIF, organisation avec laquelle -selon le député- Nicolas Sarkozy se serait fourvoyé pour « créer les conditions de l’islam de France ».

La critique du président de la République par une figure de l’aile droite du Parti socialiste est toute relative : en dépit de leur antagonisme politique plus ou moins feutré, les deux hommes s’estiment en privé. Nicolas Sarkozy avait sollicité-en vain- Manuel Valls lors de la constitution en 2007 du « gouvernement d’ouverture ». Adversaires sur la scène médiatique, ils continuent pourtant de partager des opinions similaires comme c’est le cas à propos de la question palestinienne.

Contrairementà François Hollande, Arnaud Montebourg -tous deux signatairesd’un texte en faveur de la reconnaissance d’un Etat palestinien- et, dans une moindre mesure, Martine Aubry et Ségolène Royal -qui se sont relativementprononcées en faveur de la demande d’adhésion à l’ONU, Manuel Valls s’est déclaré -pour sa part- hostile à ce qu’il qualifie, à l’instar du gouvernement israélien, de démarche « unilatérale ». Le 19 septembre, le socialiste rédigea une tribune spéciale parue dans Libérationafin d’étayer son propos. Dimanche dernier, interrogé sur Europe 1 par Jean-Pierre Elkabbach et Michaël Darmon, il affirma notamment qu’il n’était pas nécessaire, « dans les conditions actuelles », d’« imposer une décision » et de « braquer Israël » sur le sujet.

Admirateur de Barack Obama et « clintonien-blairiste » déclaré, Manuel Valls, âgé de 49 ans, sait aussi entretenir des amitiés particulières, vieilles d’une trentaine d’années -notamment avec l’influentAlain Bauer, conseiller discret du chef de l’Etat pour les questions de sécurité, et Stéphane Fouks, un des hommes chargés de la communication de Dominique Strauss-Kahn.

Avant de connaître ses déboires judiciaires, l’ex-dirigeant du FMI pouvait compter sur Manuel Valls comme l’illustre une étrange émission de politique-fiction diffusée en 2009 sur Canal Jimmy. Le député-maire d’Evry feint de se réjouir de la nomination hypothétique de son mentor à Matignon : une bonne nouvelle, selon lui, pour « le redressement national ».

Figure éminente d’un parti réputé pour sa lutte contre le communautarisme, Manuel Valls risque de s’attirer l’opprobre de nombreux électeurs potentiels par le double discours que révèle son aveu de Strasbourg : si un autre élu avait songé à révéler publiquement son « lien éternel » avec l’islam et un pays quelconque du Maghreb, une bronca politico-médiatique-du Front national à la frange ultra-laïque du PS, de L’Expressau Point en passant par Le Figaro et Fdesouche - aurait déjà éclaté à son endroit. Qu’en sera-t-il de Manuel Valls ?

Au-delà de la réaction des élus et des éditorialistes dans les prochains jours, ce sont surtout les électeurs qui auront le dernier mot
les 9 et 16 octobre- lors de la conclusion des primaires socialistes. En attendant, libre à chacun de découvrir le programme au complet du maire d’Evry et notamment sa vision-présentée comme impartiale- de ce que doit être la laïcité. Une présentation éloquente et sans favoritisme religieux explicite qu’Oumma se devait de porter à la connaissance de tout citoyen. Revue et corrigée.


3 commentaires:

Anonyme a dit…

« Je suis lié de manière éternelle à Israël » C'est pourquoi donc Vals s'attache autant à maitriser la grande mosquée d'Evry ?!

Sabeeluna a dit…

L'enfer est éternel

juste a dit…

Cet espagnol a dû oublier que si ses ancêtres avaient pu perpétuer leurs gènes et l'engendrer, ce n'était que grâce à la tolérance de l'Islam qui permettait la liberté du culte et allait plus loin en protégeant les adeptes du christianisme et du judaïsme, en contre partie d'un impôt dérisoire. C'est le cas des "ahlu dhima" en arabe, qui veut dire les protégés de l'Islam. C'est un concept formidable que les ennemis de l'Islam ignorent ou déforment à dessein, et qui n'existe dans aucune autre religion, même pas dans la laïcité de l'an 2011.
Il a dû oublier aussi que l'adoption de la laïcité avait pour but de finir avec la tyrannie de la machine de l'inquisition chrétienne. L'Islam ce dogme complet, n'a aucune leçon à tirer de la laïcité. Au contraire c'est cette dernière, dans sa version originelle qui s'inspirait beaucoup de la tolérance de l'Islam, seulement les pionniers avaient trop d'orgueil et de haine envers l'Islam pour l'avouer clairement.
Au lieu de soutenir inconditionnellement israel, et faire injustement l'amalgame de l'Islam et la laïcité, il ferait mieux d'adresser ses conseils aux sionistes qui procèdent au nettoyage ethnique de la Palestine occupée, perpétuent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, et s'attaquent même aux choses sacrées de l'Islam et des musulmans (mosquées, cimetières...). Le pire c'est qu'il n'hésite pas à valser avec les sentiments des musulmans et les dénigrer, quand il affirme qu'il a que faire de nos voix et qu'elle sont d'aucun intérêt.
C'est quoi cette gauche de ces dernières années qui nous pond des personnages comme : Besançon, DSK et maintenant Valls... La droite n'en parlons même pas!
Valls, sale idiot, pervers, borgne et islamophobe... Tu as fais tes choix, maintenant assumes, car dans les urnes tu ne feras jamais la une!