lundi 31 octobre 2011

La Question d'Ennahda et la Révolution

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Des supporters du parti Ennahda fêtent leur victoire, mardi 25 octobre à Tunis.
Des supporters du parti Ennahda fêtent leur victoire, mardi 25 octobre à Tunis.REUTERS/ZOHRA BENSEMRA


Par Mondher Sfar

J'ai appelé il y a peu à faire confiance aux hommes d'Ennahda, et cela m'a valu des critiques. Je voudrais y répondre en clarifiant la situation politique de notre pays au lendemain des élections.
Le désarroi actuel de nombreux compatriotes face au succès impressionnant d'Ennahda est en fait le résultat, je puis dire, d'une erreur majeure commise au lendemain de notre Révolution. Ceux qui sont sortis dans la rue s'exposer aux balles de l'ancien régime policier l'ont fait pour se débarrasser de la dictature en tant que système politique, au profit d'un régime qui respecte la dignité de chacun et d'une société solidaire et fraternelle qui est garante de notre vivre ensemble.
Malheureusement, au lendemain de la Révolution, au lieu d'assister à l'union de toutes les forces vives de notre peuple, toutes tendances confondues, au sein d'un gouvernement révolutionnaire exprimant la volonté du peuple et élaborant un programme précis de refondation de l'Etat et de ses institutions, nous nous sommes surpris d'être appelés à des élections, d'abord d'un Président, puis d'une Assemblée nationale, et pour finir, d'une Assemblée constituante.
C'est là l'erreur fatale à l'origine de la confusion et du desarroi qui habitent bon nombre d'entre nous. C'est l'épisode électif qui pose problème, parce qu'injustifiable. Certes on l'a justifié en parlant de quête de légitimité. On a trop vite oublié que la légitimité est revenue au peuple qui a dit son mot sur ce qu'il veut et sur ce qu'il ne veut pas. Le peuple a remis son sort entre les hommes politiques non pas pour faire triompher telle ou telle idéologie, telle ou telle opinion politique ou même économique, mais pour édifier ensemble un nouvel Etat et parer aux urgences économiques et sociales.
Après les élections du 23 octobre, nous nous trouvons au point de départ, nous nous trouvons face à la même exigence : édifier ensemble notre nouvelle maison commune. Il nous faut comprendre que les élections malgré qu'elles ont eu lieu, ne changeront rien quant aux nécessités voire l'urgence des objectifs des réformes fondamentales de l'Etat et de l'instauration de la solidarité sociale entre tous les Tunisiens quels que soient les hommes ou les tendances qui sont appelées à les mettre en oeuvre.
C'est ce qu'Ennahda a bien compris en appelant à la formation d'un gouvernement le plus large possible, non pas parce qu'Ennahda est généreuse, mais parce qu'elle a compris qu'il s'agit là d'une exigence révolutionnaire, quel que fut le « gagnant » de cette consultation électorale.
Car, ce gouvernement qui a trop tardé - puiqu'il aurait dû se constituer au lendemain de la Révolution - aura pour programme fondamental : la réalisation des objectifs de la révolution, en mettant au point une sorte de feuille de route pour les réformes de l'administration et des rouages de l'Etat conformément à l'esprit et à l'élan révolutionnaire : concrétisation de la dignité du Tunisien, préservation des libertés fondamentales de conscience et d'expression, et en matière économique, l'instauration d'une meilleure justice sociale.
C'est pourquoi nous devons nous dire aujourd'hui: cessons de nous occuper des colorations idéologiques ou politiques des uns et des autres, exacerbées malheureusement avec les regrettables élections. Notre seule garantie fondamentale pour notre marche actuelle, c'est notre attachement au programme révolutionnaire, quels que soient nos partenaires. C'est en nous investissant massivement dans la réalisation des objectifs de la Révolution que nous dépassereont définitivement nos suscptibilités et appréhensions idéologiques ou politiques qui trouveront leur solution dans la réalisations mêmes de ces objectifs.
J'ajouterais enfin une remarque à l'adresse de ceux qui craignent une dérive fondamentaliste religieuse dans le moyen terme. Ceux qui formulent de telles craintes n'ont-ils pas plutôt intérêt à encourager Ennahda pour l'aider à conforter ses positions modérées et fidèles aux principes révolutionnaires face aux forces rétrogrades qui sont tentées de la pousser dans leur camp. N'est-il pas un devoir révolutionnaire de soutenir Ennahda dans sa lutte contre ces extrêmistes en dénonçant de la manière la plus ferme l'usage de la violence, contraire au respect de la liberté de conscience et d'expression qui sont les acquis les plus chers de notre Révolution? Formons un front uni contre toute forme de terrorisme idéologique ou politique pour la concrétisation de notre Révolution et pour préserver nos libertés! Nous sommes condamnés à réussir ensemble dans la fidèlité à ceux qui sont morts pour que nous puissions tenir notre destin en mains.
Mondher Sfar
Paris le 31 octobre 2011
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Finie l'ère de la méfiance.
Tous ensemble pour édifier une Tunisie fraternelle
par Mondher Sfar

Un certain nombre de mes compatriotes m'ont fait part de leur desarroi devant le score impressionnant obtenu par le Parti Ennahda aux élections de l'Assemblée constituante. Je voudrais leur dire ici que ces appréhensions, si elles sont compréhensibles, sont toutefois injustifiées.
C'est mon devoir aujourd'hui de dire la vérité à mes compatriotes et leur apporter mon témoignage et ma réflexion en ce moment décisif de notre histoire.
J'ai connu les militants d'Ennahda durant mes 19 ans d'exil en France, et je peux dire que la Tunisie peut être fière d'eux. Je suis agnostique et j'ai publié deux ouvrages d'histoire et d'anthropologie sur le Coran, et j'affirme que je n'ai trouvé auprès d'eux que respect et compréhension pour ce que j'ai écrit, contrairement aux militants de mon bord ! Le long exil que nous autres avons tous connu ensemble, religieux ou laïques, a été pour nous une chance pour mieux nous connaître, nous rapprocher. Avec le temps nous avons mûri. Nous nous sommes débarrassés des jugements tranchés que nous portions les uns sur les autres, sur nos idées et nos personnes. C'est pour cette raison que nos compatriotes de Tunisie réagissent aujourd'hui avec tant de perplexité et d'appréhension. Ils n'ont pas connu l'expérience que nous avions connue dans l'exil. C'est pourquoi je voudrais les rassurer et leur dire qu'ils seront surpris par ces hommes et ces femmes admirables qui sont la fierté de notre pays.
Mais au-delà de ce considérations, il y a un second motif pour envisager notre avenir avec confiance et optimisme. Ce motif, c'est notre Révolution que nous avons peut-être trop oubliée sur la foulée de ces dernières élections. Eh oui chers frères et compatriotes, notre pays a fait une Révolution et qu'aujourd'hui, grâce au sacrifice de notre jeunesse, nous pouvons dire avec fierté que nous sommes libres et que nous avons redécouvert la solidarité et la fraternité entre nous. Le Tunisien après la 14 janvier ne ressemblera plus jamais à ce que nous étions avant cette date. Alors cessons d'avoir peur de nous-mêmes. Nous allons édifier la vraie Tunisie, celle qu'ont rêvée nos parents qui ont lutté contre le colonialisme, mais que les dictateurs ont ravie à leur peuple.

Cette vraie Tunisie, oeuvre du sacrifice de ses enfants, personne au monde ne pourra plus nous la confisquer, parce que nous sommes devenus tous maîtres chez nous, et que la Tunisie est devenue la patrie de tous ceux qui l'aiment, toutes catégories sociales confondues, et avec tous ses courants de pensée. La Tunisie rêvée par nos parents est devenue réalité. Oeuvrons tous ensemble pour soigner ses blessures, et la préserver pour les générations futures.

Mondher Sfar
Paris – le samedi 29 octobre 2011 
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Toujours au sujet de la victoire du parti Ennahda aux élections de l'Assemblée constituante Charlie Hebdo, l'ignoré, sort à nouveau du bois pour se faire de la pub et du fric sur le dos des musulmans! 

En Occident, le mensonge le mieux partagé est celui qui prétend que l'on souhaite l'avènement d'un processus démocratique pour les populations arabes car dès lors que le résultat du dit processus ne fait pas les affaires de notre célèbre supériorité issue des Lumières, les ex très chers amis des tous les tyrans arabes déchus, nos compatriotes et tous les peuples au ventre plein se mettent à hurler à ce soi-disant loup qui est entré démocratiquement dans la bergerie!!!

Les nouveaux acteurs politique de la Tunisie sont musulmans, ceux de la France, sont chrétiens, juifs, communistes, frontistes, gaullistes... même parfois chrétiens ! Et alors?! Il est où le problème?! 

Estime-t-on que la Tunisie serait bien plus chouette s'il n'y avait pas ou plus de musulmans en son sein?! Y aurait-il des envies de nouvelles croisades pour changer cette réalité qui semble sauter subitement aux yeux de tous les aliénés du journal de 20 heures! ! C'est vrai, qu'avant le tyran tunisien, il savait quoi en faire de ses musulmans! ... et nos gentils touristes n'avaient donc pas à s'inquiéter de leur présence si peu "catholique" à leur goût!

Il y a une leçon à tirer du scrutin tunisien, c'est que le monde doit être regardé comme il est réellement et non comme nous voudrions qu'il soit!!! Les Tunisiens, ces femmes et ces hommes qui se sont libérés seuls, ont voté démocratiquement en ce mois d’octobre 2011 pour les candidats les plus à même, selon eux, de répondre à leurs aspirations démocratiques, et plutôt que de les mépriser aujourd’hui pour les choix qu’ils ont fait, concentrons-nous plutôt sur nos prochaines échéances électorales parce que cela pourrait bien être nous autres Français, qui les 22 Avril et 6 Mai prochain aurons "une sacrée gueule de bois" après les choix démocratiques qui auront été faits en France!!!

Charlie Hebdo rebaptisé "Charia Hebdo" 
URL du billet: http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/10/31/97001-20111031FILWWW00505-charlie-hebdo-se-rebaptise-charia-hebdo.php

2 commentaires:

juste a dit…

Ce qui met hors de soi c'est l'orgueil démesuré et le fort sentiment de supériorité ancrés dans le psychisme collectif occidental, lui enlevant toute gêne quant à l'ingérence naturelle, directe et sans scrupule dans les affaires les plus intimes des autres pays, peuples et cultures. Cet ignoble résidu culturel, cette sale habitude de commère et de mauvaise langue, et ce réflexe spontané, trouve son origine dans le passé colonial et impérialiste de l'occident. Dans cet aveuglement absurde, l'occident semble ne pas se rendre compte de son cas gravissime de schizophrénie, car en voulant imposer à la planète entière sa vision des choses et son modèle propre, en dépit de la volonté et du choix des peuples, il tombe dans le totalitarisme, l'extrémisme politique et la dictature sous toutes ses formes.

Saif-eddine a dit…

ce qui me choque le plus (c'est pas que les musulmans ne réagissent pas on est habitué maintenant)c'est qu'avec tout les problèmes rencontré dans leurs propre pays, les français ne se lèvent pas pour protester contre l’ingérence occidental dans les pays (psychologiquement) colonisés! Il faudrait expliquer à l'Europe qu'elle doit apprendre à ce mêler de ses affaires!

De toute façon c'est toujours la même histoire! On la bien vu à Ghaza se qu'a donné le vote démocratique qui a provoqué le mépris d'un système qu'ils aiment mettre en valeur.