Par Bernard Girard / Enseignant blogueur
Par extension, on[Qui ?] a dénommé « harkis » tous les Algériens musulmans soutenant le maintien de l'Algérie française durant cette période.
Alors que n'importe quelle opération militaire nécessite un déploiement hautement technologique, que la formation d'un soldat demande plusieurs années, que piloter un Rafale est quand même nettement plus délicat que faire la guerre à cheval – même si le cheval reste infiniment plus sûr que le Rafale –, il se trouve encore des politiciens pour fantasmer sur le mythe de la nation en armes, prête à se lancer, baïonnette au canon, contre l'ennemi héréditaire.
D'un Français « de choix », on peut tout exiger… même le pire
Si, pour un Français de naissance, un Français par hasard, le refus de prêter serment ne devrait pas déboucher sur des inconvénients majeurs – à moins qu'on envisage de rétablir les lourdes de peine de prison qui visaient objecteurs et insoumis à l'époque de la conscription –, il n'en irait évidemment pas de même pour un candidat à la nationalité, dont on imagine aisément que les réticences au serment auraient pour conséquence de lui en fermer l'accès. Une sorte de double peine en somme.
C'est un fait : d'un Français « de choix », on peut tout exiger, même le pire, jusqu'à sacrifier sa vie quand on le lui demanderait.
Alors qu'on s'est indigné, dans certains milieux, des sifflets contre « La Marseillaise », du déploiement de drapeaux étrangers dans les rues ou les mairies, le serment d'allégeance apparaît comme une réponse implacable et humiliante à l'adresse de l'étranger dont l'accession à la nationalité française serait conditionnée à l'acceptation de partir en guerre contre sa propre famille restée au pays.
« On croit mourir pour la patrie et on meurt pour les industriels »
Si le racisme est toujours brutal, il est aussi mesquin.
« On croit mourir pour la patrie et on meurt pour les industriels. »
Cette formule d'Anatole France n'a rien perdu de son actualité. Derrière le mythe de la défense du territoire, ce sont bien plus souvent de sordides intérêts financiers qui sont en cause : au cours de ces dernières années, tous les militaires français tués en service commandé, l'ont été contre de prétendus adversaires à qui la France avait précédemment livré des armes.
Quatrième exportateur mondial d'armes, la France est en réalité un fauteur de guerre et les liens étroits qui existent entre les partis politiques et le lobby militaro-industriel contribuent à donner son vrai visage à la dernière lubie de l'UMP : exiger de chacun un serment d'allégeance aux marchands de canons.
Curieusement, dans le flot de critiques ou de commentaires suscités à droite comme à gauche par la proposition Copé – dans un domaine où la gauche ne se distingue pas vraiment de la droite - on chercherait en vain une quelconque préoccupation du droit à l'objection de conscience : la concrétisation de ce projet surréaliste marquerait pour les libertés une régression de près d'un demi-siècle, nous ramenant à l'époque où le refus de porter les armes se traduisait par de lourdes et longues peines de prison.
La « suspension » du service militaire, un dangereux vide juridique
C'est en 1963 que Louis Lecoin, militant pacifiste et anarchiste, arrachait à de Gaulle, à la suite d'une grève de la faim qui avait mis sa vie en danger, un bien timide statut pour les objecteurs, renforcé ultérieurement par une législation qui, bien que restrictive, autorisait à se déclarer « opposé à l'usage personnel des armes ».
La « suspension » du service militaire en 1997, rendant obsolète le statut si chèrement acquis, a créé un dangereux vide juridique car c'est bien une liberté fondamentale, la liberté de conscience, que le serment d'allégeance remettrait en cause.
Faire jurer à toute une population, en dépit des convictions morales, politiques, philosophiques ou religieuses de chacun de ses membres, qu'elle est disposée à tuer ou se faire tuer sur ordre de son chef, n'est quand même pas chose négligeable. S'en servir comme argument dans le cadre d'une campagne électorale est le signe d'une sérieuse dérive de la démocratie.
URL du billet: http://www.rue89.com/2011/09/22/allegeance-aux-armes-le-racisme-mesquin-de-lump-223249
5 commentaires:
C'est cool! Il faut voir le bon coté des choses! On a là l'occasion de pouvoir emprunter à l'armée française un porte-avion et quelques rafales pour aller faire un joli petit feu d'artifice à Tel Aviv pour le hanouka!
Je n'en crois pas mes yeux! Est-on devenu si insignifiant pour que l'on nous piétine de la sorte??!
La France instaure son 3ème reich.
REGARDEZ MOI CE SIONISTE QUI PERD PAS UNE.SECONDE POUR DÉTRUIRE CE PAYS
Mais où va la France? Encore.
Ceci devrait bien provoquer un tollé national!
Nous faire prêter serment d’allégeance, militariser encore plus le pays, mourir POUR LES INDUSTRIELS ni plus ni moins (Anatole France a les bonnes réflexions;). Ce n'est pas que du racisme, c'est bien le 3è Reich comme le souligne Anti_Illusion!
Ou n'est-on capable de débattre dans cet hexagone que de l'augmentation des prix du soda? Ah non, ça ce sont les politiques en train de haleter derrière le grand prix de la Présidence, se vendant à vil prix à cet objectif en allant plus bas que la vermine.
Eh bien, cette nouvelle trouvaille de l'UMP mérite bonne presse! Les racistes les plus acharnés de ce pays ne se soucient-ils pas quand-même des libertés fondamentales qu'est sensée endosser la France?
Après réflexion, je vois ce que vous voulez dire d'un point de vue plus large au sujet de cette néo colonisation.
Débat sur l'identité nationale?
Débat sur l'Islam (euh, ou devrais-je dire Laïcité)?
Toutes ces choses semblent se rejoindre vers un seul but, et toutes les législations qui passent petit à petit semblent renforcer et rapprocher peu à peu de ce but.
Quand les propos xénophobes et extrémistes semblent être allés trop loin, on "enterre" le débat et on en trouve un autre, en fait le même baptisé différemment.
C'est juste l'histoire qui se répète, et la France en a fait, des choses laides.
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