vendredi 16 septembre 2011

Le traité de paix avec Israël n'est pas « sacré », dit l'Égypte

Publié le jeudi 15 septembre 2011 sur le site radio-canada.ca

Essam Charaf, premier ministre égyptien

Photo: AFP Essam Charaf, premier ministre égyptien

Le premier ministre égyptien, Essam Charaf, a déclaré jeudi que le traité de paix signé avec Israël en 1979, après plusieurs jours de négociations secrètes à Camp David, n'était pas « sacré ».

Le document, premier traité ratifié entre l'État hébreu et un pays arabe, « peut toujours être sujet à discussion quand il s'agit de servir les intérêts de la région et la cause d'une paix juste », a expliqué le premier ministre égyptien en entrevue sur les ondes d'une chaîne turque. Nous pourrions y apporter des modifications si nécessaire », a-t-il ajouté.

Ces déclarations surviennent dans un contexte où les relations entre l'Égypte et Israël sont tendues. L'ambassade d'Israël au Caire, symbole de la paix conclue il y a plus de trente ans, a d'ailleurs été attaquée la semaine dernière lors d'une manifestation violente.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, avait cherché à minimiser la portée de cette attaque, réaffirmant son engagement « à préserver la paix avec l'Égypte, ce qui est dans l'intérêt de l'Égypte et d'Israël ».

Plusieurs des militants qui ont provoqué en février la chute d'Hosni Moubarak réclament une révision du traité de paix signé avec Israël. Le mouvement des Frères musulmans a lui aussi déclaré vouloir une révision de ce traité, sans aller jusqu'à réclamer sa rupture.

De son côté, l'armée égyptienne aujourd'hui au pouvoir a affirmé à maintes reprises son attachement aux pactes internationaux conclus par le passé.

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Les accord de Camp David

Les deux accords-cadres de Camp David ont été signés à Washington en 1979, sous l'égide du président des États-Unis, Jimmy Carter, à l'issue d'une conférence tenue en septembre 1978 à Camp David, résidence d'été du président américain située au Maryland.

Dans le premier accord, Israël s'engageait notamment à restituer le Sinaï à l'Égypte, l'Égypte reconnaissait à Israël un droit de libre passage dans le canal de Suez, le détroit de Tiran et le golfe d'Aqaba.

Le deuxième accord fixait un cadre de la paix au Proche-Orient. Il prévoyait des négociations égypto-israélo-jordano-palestiniennes, appelées à déboucher sur une autonomie transitoire de la Cisjordanie et de Gaza. Ce deuxième accord ne sera toutefois jamais appliqué.

Le traité de paix avait suscité une forte opposition dans le monde arabe et en Israël. Le président égyptien, Anouar el-Sadate, et le premier ministre israélien, Menahem Begin, ont reçu le prix Nobel de la Paix, en décembre 1978.

Sources : Le Monde diplomatique, Perspectives (Université de Sherbrooke), Le dossier Israël a 50 ans de Radio-Canada.ca

URL du billet: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/09/16/001-israel-egypte-paix.shtml

3 commentaires:

juste a dit…

Ça reste les paroles d'un 1er ministre transitoire, qui peut-être veut par cette déclaration, renforcer sa popularité, redorer son image et gagner le coeur d'un peuple égyptien, qui connait un raz-le-bol historique et une soif de justice et d'honneur. C'est du surf politique, pratiqué en plus depuis les plages turques, connues pour son champion olympique toutes catégories: M. Erdogan, le roi du surf sur la monstrueuse vague appelée "tsunami vers israel"!
Ce qui m'importe le plus, c'est la position de l'armée égyptienne, qui contrôle effectivement le pays, qui connait mieux que personne ses compétences et ses moyens et qui est malheureusement sous le joug (logistique, technologique, financier...) du gouvernement américain principal allié d'israel.

mokhtar a dit…

Tout à fait Juste
Ce n’est qu’un casting pour d’éventuels postes après la période de transition.
Ce qui importe c’est de connaître le jury .
Nous attendons des actes concrets et non pas du blablatage.

Ibn Islam a dit…

Ce n'est pas qu'il n'est pas sacré, c'est que c'est une pourriture c'est une paix unilatérale.