Des milliers d'Égyptiens sont de nouveau rassemblés place Tahrir, vendredi, dans le cadre d'une nouvelle « journée de la colère ». Les manifestants veulent protester contre la lenteur des changements mis en oeuvre par le Conseil suprême des forces armées, qui dirige le pays depuis la chute du président Hosni Moubarak, en février.
![]() |
| Photo: AFP/Khaled Desouki Les manifestants réclament des procès pour les principales figures du régime d'Hosni Moubarak. |
Les manifestants, majoritairement jeunes, sont associés aux factions libérales et laïques du mouvement d'opposition à l'ex-raïs. Ils réclament un retour rapide à un pouvoir civil, une purge complète de tous les cadres de l'ancien régime des institutions publiques, la fin de la corruption politique et des procès pour Hosni Moubarak, les membres de sa famille et ses proches.
Le raïs a remis sa démission le 11 février, après plusieurs jours de manifestations dans plusieurs villes du pays, et plus particulièrement à la place Tahrir (Libération), qui est devenu du coup un symbole de la libération du peuple égyptien. L'armée avait alors protégé les manifestants.
« Nous voulons un procès public pour Moubarak et les voleurs », scandait la foule. Le slogan laisse croire que la population doute que l'ancien président et ses fils soient jugés, comme l'a pourtant annoncé mardi le procureur général.
À Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, des centaines de personnes ont défilé devant l'hôpital où Moubarak est détenu, en attendant que son état de santé permette son transfert dans une prison, rapporte un correspondant de l'AFP.
![]() |
| Photo: La Presse Canadienne /AP/Nasser Nasser Des milliers d'Égyptiens crient leur désapprobation place Tahrir. |
Des milliers de personnes manifestent aussi à Alexandrie, dans le nord du pays.
« Après quelque 1000 martyrs, les gens ne voient pas de changement », explique Mustafa Ali Menshawi, un comptable de 38 ans qui aidait à diriger les gens vers la place Tahrir. « Le seul changement que nous voyons, c'est la station de métro Moubarak qui a été rebaptisée station des Martyrs ».
« Nous voulons une nouvelle Constitution avant les élections. Des amendements ne sont pas suffisants », affirme pour sa part Randa Gohar.
Dans la foulée de la chute de Moubarak, les Égyptiens ont entériné dans une proportion de 77,2 % des amendements constitutionnels qui ont éliminé les restrictions sur les droits politiques et ont ouvert la voie à l'organisation d'élections législatives, prévues en septembre.
Mouhannad Galal, âgé de 27 ans, conçoit sa présence comme un message au Conseil suprême des forces armées, que dirige un ex-ministre de la Défense d'Hosni Moubarak, le général Hussein Tantaoui. Ils « ont été avec Moubarak pendant des années. C'est nous qui l'avons renversé, pas eux », a-t-il fait valoir.
L'armée avait prévenu jeudi qu'elle se tiendrait à l'écart des manifestations pour éviter toute violence. Elle a cependant mis les manifestants en garde contre « les éléments suspects qui vont essayer d'opposer l'armée au peuple ».
Les Frères musulmans, qui s'étaient joints au mouvement de protestation contre Honsi Moubarak, ont choisi de se tenir à l'écart. Ils ont dit être « très préoccupés » par ces appels à manifester, de crainte que cela ne divise l'armée et le peuple et nuise du coup au processus de transition.
Quelques centaines d'Égyptiens se sont aussi rassemblés dans le quartier al-Hussein du Caire en guise de soutien à l'armée. Ils soutiennent qu'elle a besoin de temps pour parvenir à mener le pays à bon port. « Pour le salut de notre pays, nous voulons être dirigés par l'armée », a scandé la foule.
Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, Associated Press et Reuters
URL du billet: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/05/27/008-egypte-manifestation-tahrir.shtml


0 commentaires:
Enregistrer un commentaire