mercredi 25 mai 2011

Il réclame justice pour ses 8 ans passées à Guantanamo : Saber Lahmar contre George W. Bush

Publié le 24 mai 2011 sur le site dna-algerie.com

Saber Lahma contre George Bush. Saber Lahmar, un Algérien de 42 ans, qui a passé huit ans au camp de Guantanamo à Cuba avant d'être libéré en 2009, va porter plainte contre les autorités américaines, notamment l'ancien président George W. Bush, pour détention abusive. Saber qui a quitté l'Algérie au milieu des années 1990 vivait en Bosnie avant d'être arrêté et détenu dans le camp de Guantanamo. Aujourd'hui, il réclame justice pour ses huit ans à Guantanamo.

Saber Lahmar, originaire de Constantine, a été arrêté le 18 octobre 2001, après la fouille de la maison de Sarajevo où il résidait avec sa femme bosnienne et son fils de deux ans. Il enseignait alors l'arabe dans un centre culturel islamiste financé par l'Arabie Saoudite.

« En octobre 2001, la police bosnienne a débarqué chez moi à 20 heures. Ils ont fouillé ma maison jusqu'à 2 heures du matin. Après avoir vérifié ma voiture, ils m'ont amené au commissariat, où j'ai été soumis à un long interrogatoire », a-t-il raconté au journal Sud Ouest.

A sa sortie de trois mois en détention préventive, des « voitures américaines » l'attendaient. Sans explication, il était emmené à Guantanamo.

« J'ai fait trois mois de détention préventive, raconte-t-il encore à Sud Ouest et le juge a reconnu n'avoir aucune raison de me garder. Je pensais rentrer à la maison. Mais, à la porte de la prison, des policiers bosniens et des militaires américains m'ont interpellé. J'ai été emmené à la base américaine de l'aéroport de Sarajevo. On m'a encagoulé, passé les menottes aux mains et aux pieds, et je suis resté trois jours attaché au sol et frappé par les soldats. Puis on m'a passé une combinaison orange et embarqué en hélicoptère pour la base de Tuzla, puis vers une base en Turquie. »

Suivent huit ans « d'une vie d'animal », selon lui, dans une cellule en métal de 2 X 1,5 mètre, émaillée de « tortures étudiées selon des programmes validés par les responsables politiques américains » : pauses de 18 heures sur un siège très bas sans dossier, privation de sommeil, électricité, simulation de noyade...

« J'ai été interrogé par tous les services - FBI, CIA, sécurité militaire - et ils me disaient que j'étais là pour donner des informations. Ils n'avaient pas l'air de bien savoir ce qu'ils cherchaient. Il y avait un interrogatoire tous les vingt jours », relate Saber Lahmar.

Soumis à différentes tortures, Il aurait « aimé avoir quelque chose à avouer, mais il n'avait rien, et souhaité comprendre ce qu'ils cherchaient, mais eux-mêmes ne semblaient pas le savoire. Aujourd'hui Saber « voudrait que les Américains s'appliquent à eux-mêmes le respect du droit qu'ils exigent des autres ».

Finalement, le 20 novembre 2008, le juge du district de Columbia Richard J. Leon le libère avec quatre autres hommes, faute de preuve qu'ils voulaient « se rendre en Afghanistan pour combattre les forces américaines et alliées », hypothétique projet, unique motif de leur détention. M. Lahmar reste cependant encore neuf mois, comme oublié dans le camp.

Au terme d'un accord franco-américain, M. Lahmar, qui a eu entre-temps en Bosnie une fillette qu'il n'a jamais vue, arrive à Bordeaux. Il est aujourd'hui sans travail et « complètement dans le brouillard » quant à sa situation juridique, se demandant si la France « ne s'est pas contentée de prendre l'argent des Américains » sans plus se préoccuper de lui.

Son avocat bordelais Me Pierre Blazy, qui s'occupe de la plainte, a souligné « le préjudice énorme et incontestable » subi pendant huit ans par cet homme « qui a tout perdu ».

Avec AFP et Sud Ouest

URL du billet: http://www.dna-algerie.com/interieure/il-reclame-justice-pour-ses-8-ans-passees-a-guantanamo-saber-lahmar-contre-george-w-bush-

Toujours au sujet de Guantanamo

Marqué au fer rouge par Guantánamo
Publié le 25 mai 2011 sur le site cyberpresse.ca


Libéré de la base militaire de Guantanamo Bay... (Image tirée du film You don't like the truth, 4 days inside Guantànamo)

Libéré de la base militaire de Guantanamo Bay en 2005 sans avoir été accusé, Moazzam Begg dirige aujourd'hui une organisation de défense des détenus de la prison américaine.

Image tirée du film You don't like the truth, 4 days inside Guantànamo

Libéré de la base militaire de Guantanamo Bay en 2005 sans avoir été accusé d'aucun crime, le Britannique Moazzam Begg croyait la page tournée depuis longtemps: en trois ans, il a fait le tour du monde deux fois plutôt qu'une. Mais en tentant de prendre l'avion pour Toronto vendredi dernier, il a appris que la marque de Guantánamo n'est toujours pas disparue aux yeux des autorités canadiennes.

Lorsqu'il s'est présenté pour son vol, des représentants d'Air Canada lui ont signifié qu'ils ne pouvaient pas le prendre à bord, sur ordre du haut-commissariat du Canada au Royaume-Uni. «Les gens d'Air Canada m'ont dit que j'étais sur une liste de sécurité. Qu'ils ne pouvaient pas me prendre à bord dans l'éventualité peu probable que l'avion soit redirigé vers les États-Unis», a dit à La Presse M. Begg, joint en Grande-Bretagne hier.

Selon lui, le gouvernement canadien est le seul à blâmer dans cette affaire. «C'est un pays souverain qui doit appliquer ses propres lois, pas celles du pays voisin», tonne-t-il.

Un compagnon de cellule d'Omar Khadr

L'homme qui dirige aujourd'hui l'organisation Cageprisoners, se portant à la défense des détenus de Guantánamo, devait prononcer un discours à Montréal hier soir à l'invitation du Réseau de la commission populaire, une organisation non gouvernementale s'intéressant aux questions de droits humains dans la lutte contre le terrorisme. M. Begg comptait notamment parler du jeune Canadien Omar Khadr, toujours détenu à la base militaire américaine et dont il a partagé la cellule. «J'ai été témoin de la torture qu'il a subie», a-t-il noté hier au téléphone.

Malgré l'absence du conférencier, les organisateurs de l'événement montréalais ont décidé d'aller de l'avant. «Nous voulons discuter de la riposte que nous devons organiser et demander au gouvernement canadien de rendre des comptes, notait hier Mary Foster. Je suis estomaquée par la situation. Moazzam Begg n'a jamais été accusé de quoi que ce soit. Il voyage partout dans le monde et ça ne lui est jamais arrivé avant.»

La Presse a tenté d'obtenir des explications de la part du gouvernement canadien, mais au moment de mettre sous presse hier, aucune réponse ne nous avait été fournie.

Citoyen britannique, Moazzam Begg a été arrêté en janvier 2002 à Islamabad par les services secrets pakistanais et américains qui le soupçonnaient d'avoir des liens avec Al-Qaïda. Il a été détenu à Kandahar et à Bagram avant d'être transféré à Guantanamo Bay, où il dit avoir été victime de mauvais traitements. Il a été relâché en 2005 sur ordre du président américain George W. Bush.

URL du billet: http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201105/25/01-4402519-marque-au-fer-rouge-par-guantanamo.php

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