NEW YORK - Les efforts pour obtenir une reconnaissance internationale d'un Etat palestinien ne constituent pas une manoeuvre et favoriseront la paix avec Israël, affirme le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, dans une tribune publiée mardi.
Notre recherche de reconnaissance en tant qu'Etat ne devrait pas être considérée comme une manoeuvre. Trop de nos hommes et femmes ont péri pour que nous puissions pratiquer un tel théâtre politique, écrit M. Abbas dans le New York Times, annonçant que la demande sera présentée lors de la session annuelle de l'Assemblée générale des Nations unies en septembre.
Nous allons devant les Nations unies maintenant pour garantir notre droit de vivre libres sur 22% du territoire de notre patrie historique, parce que nous avons négocié avec l'Etat d'Israël pendant vingt ans sans nous rapprocher de la création de notre propre Etat, explique-t-il.
La Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza, occupés par Israël à la suite de la guerre de 1967, couvrent 22 % de la Palestine sous mandat britannique jusqu'en 1948.
Les Palestiniens veulent demander au Conseil de sécurité de reconnaître leur Etat sur les lignes de 1967, quitte à se retourner vers l'Assemblée générale, au cas où les Etats-Unis mettraient leur veto, comme attendu.
Dans cette hypothèse, ils comptent invoquer une résolution de 1950 autorisant l'Assemblée générale à se substituer au Conseil de sécurité quand celui-ci est paralysé par le veto d'un membre permanent.
Nous ne pouvons attendre indéfiniment pendant qu'Israël continue d'envoyer encore plus de colons en Cisjordanie occupée et dénie aux Palestiniens l'accès à la plupart de notre terre et de nos lieux saints, en particulier à Jérusalem, ajoute M. Abbas.
Ni la pression politique ni les promesses de récompenses par les Etats-Unis n'ont fait cesser le programme de colonisation d'Israël, poursuit-il, alors que le président américain Barack Obama doit prononcer jeudi un discours sur la situation dans le monde arabe.
Selon le dirigeant palestinien, une reconnaissance internationale permettrait une discussion avec Israël d'égal à égal: La Palestine négocierait en qualité de membre des Nations unies dont le territoire est occupé militairement par un autre et non en tant que peuple vaincu prêt à accepter n'importe quelle condition qui nous serait présentée.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé M. Abbas de travestir l'Histoire, selon un communiqué de son bureau. Ce sont les armées arabes avec l'aide des forces palestiniennes qui ont attaqué l'Etat juif afin de le détruire et cela n'apparaît pas dans l'article, déplore-t-il.
Il faisait référence à un passage dans lequel M. Abbas écrit qu'à la suite du plan de partage de la Palestine par l'ONU en 1947, les forces sionistes ont chassé les Arabes palestiniens pour assurer une majorité juive décisive dans le futur Etat d'Israël, et les armées arabes sont intervenues.
On peut en outre en déduire que la direction palestinienne considère la création d'un Etat palestinien comme un moyen de poursuivre le conflit avec Israël et non d'y mettre fin, estime M. Netanyahu, sans indication sur le passage visé.
(©AFP / 17 mai 2011 19h58)
URL de la dépêche: http://www.romandie.com/news/n/_Abbas_la_demande_d_un_Etat_palestinien_n_est_pas_une_manoeuvre170520112005.asp
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