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| Photo: AFP/AFP Des manifestants syriens réclament plus de liberté dans le village d'Ankhal, près de Deraa. |
Des témoins et un militant des droits de l'homme affirment qu'au moins cinq personnes ont été tuées dans des affrontements entre les forces de l'ordre et des manifestants à Deraa, où des manifestations contre le régime syrien se déroulent depuis cinq jours.
Selon ces mêmes sources, des dizaines d'autres manifestants ont été blessés près de la mosquée Omari, où le mouvement de contestation avait débuté vendredi, jour de la prière. Six autres morts avaient déjà été rapportées au cours des derniers jours.
Les forces de l'ordre ont utilisé tiré à balles réelles et utilisé des gaz lacrymogènes contre les manifestants, ont affirmé les mêmes sources.
Limogeage d'un gouverneur et arrestation d'un écrivain
La ville de Deraa est depuis cinq jours le théâtre de manifestations malgré une loi d'urgence en vigueur en Syrie depuis 1963. Six personnes ont été tuées depuis vendredi par les forces de l'ordre qui ont utilisé des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des balles réelles contre la foule.
Le mouvement a pris de l'ampleur, après l'arrestation de 15 élèves qui avaient écrit sur des murs des slogans appelant à la chute du régime.
« La tension est latente, la situation est explosive » si des réformes substantielles ne sont pas appliquées, affirme l'avocat des droits de l'homme Haytham Maleh, 80 ans, arrêté en octobre 2009 pour avoir critiqué le gouvernement, puis libéré le 8 mars.
Selon lui, il est nécessaire de libérer les détenus politiques, de lever la loi d'urgence décrétée il y a 48 ans et d'annuler l'article 8 de la Constitution stipulant que « le parti Baas est le dirigeant de l'État et de la société ».
De plus, 80 % des recettes du pays sont « entre les mains d'une poignée » de personnes, dénonce-t-il.
Les inégalités se sont accentuées dans le pays, la pauvreté touchant 14 % des 22 millions de Syriens. Le taux de chômage, qui frappe particulièrement les jeunes, est évalué par des experts à 22 %.
Pour tenter de calmer la colère de la population qui a incendié plusieurs édifices gouvernementaux, Damas a annoncé mardi le renvoi du gouverneur de la province, Faisal Kalthoum. Ce dernier était notamment accusé de corruption par les habitants de Deraa.
De son côté, le quotidien gouvernemental Al-Baas a annoncé un projet d'eau potable pour Deraa d'un coût de quatre millions de dollars.
Cependant les annonces du gouvernement ont eu lieu en même temps que l'arrestation à Damas de Louaï Hussein, écrivain et défenseur des droits de l'homme.
Selon un communiqué de l'Organisation syrienne des droits de l'homme (OSDH), l'écrivain avait publié lundi sur Internet un communiqué pour recueillir des signatures en solidarité avec les habitants de Deraa, souligne le communiqué.
Louaï Hussein avait été détenu de 1984 à 1991 pour son appartenance au Parti de l'action communiste (interdit).
Par ailleurs, les services de sécurité ont arrêté Rami Suleimane Iqbal à Daël, dans le gouvernorat de Deraa, après un entretien avec la radio BBC en langue arabe au cours duquel il avait évoqué la situation à Deraa.
Une enquête sur les violences en Syrie
Face aux violences des derniers jours, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme exige que la Syrie mette en place en enquête transparente.
« Nous sommes très préoccupés par les récents meurtres de manifestants en Syrie », a indiqué Rupert Colville, le porte-parole du Haut-Commissariat en insistant sur la « nécessité de mettre fin immédiatement à l'usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques, en particulier l'utilisation de balles réelles ».
L'Union européenne a également dénoncé la répression des manifestants syriens. La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton a jugé inacceptable l'usage de la violence et à demander à la Syrie « d'écouter les aspirations légitimes » de la population.
Un avion iranien suspect
Un avion-cargo iranien à destination de la Syrie, forcé d'atterrir samedi en Turquie, est toujours retenu pour un contrôle de sa cargaison.
Les autorités turques ont procédé à des fouilles après des soupçons de transport de matériel militaire.
L'Iran, un des alliés de la Syrie, est sous le coup de sanctions et d'un embargo des Nations unies sur les livraisons ou les exportations d'armes.
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters
URL du billet: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/03/22/009-syrie-manifestation-mardi.shtml
Nous ajoutons les vidéos suivantes
URL du billet: http://www.rue89.com/2011/03/23/syrie-on-ne-nous-laisse-pas-recuperer-les-cadavres-196587

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