vendredi 25 mars 2011

On ne se moquera pas deux fois de l'islam!

Mohammed BOUBAKEUR parle ….

Avec ce nouvel opus consacré à la Grande Mosquée de Paris, Mohamed Boubakeur nous emmène encore plus loin dans les labyrinthes de cette institution qui, comme nous l’ont montré ses précédents textes, ne semble avoir été construite que dans le sinistre but de se moquer de l'islam et de mieux l'asservir.
Evidemment chacun comprendra, à la veille du débat sur l’islam imposé par l’UMP (qui dès son lancement avant les cantonales de ce mois de mars, n’a cessé de donner le tournis aux politiques de tous bords, suscitant depuis moult déclarations et débats délétères en tout genre) que les informations contenues dans ce texte nous sont très précieuses pour mieux comprendre comment nous avons pu en arriver à une telle stigmatisation institutionnelle de l’islam en France !
La visée évidente du texte de Mohammed Boubakeur (et nous l’en remercions) est bien celle de montrer à tous les musulmans comment, à travers cette Grande Mosquée de Paris qui n’a jamais été un lieu de culte ordinaire… mais bien une institution dont les recteurs ont toujours joué le rôle éminemment politique de serviteurs au dessein d’une croisade permanente et insidieuse (elle n’a jamais dit en effet son nom jusqu’à ces derniers jours… ), les politiques jusqu’à ceux parvenant au plus haut sommet de l’Etat, n’ont eu de cesse de souiller le sacré des musulmans !
Une fois encore, nous avons la démonstration irréfutable qu’il s’agit bien là d’une mosquée dérar à l’instar de celles construites par les hypocrites à l’époque du prophète Muhammad (SWS) pour servir encore et toujours le dessein de ceux qui s’érigent en ennemis déclarés de l’islam et dans laquelle Dieu a interdit à son prophète (SWS) d’y accomplir la prière et que Muhammad (SWS) a ordonné de détruire ( sur ce point consulter le Coran , sourate 9 Tawba/ verset 107-108)
C’est ainsi que Mohammed Boubakeur nous confronte avec le postulat suivant : celui qui n’ignore rien du passé ne peut se laisser avoir une deuxième fois !
Avec ce texte, nous n’en sommes qu’au début de l’étude de ces statuts ; il y aura bien évidemment une suite et l’auteur nous promet que les révélations vont aller crescendo...
Note
Les éléments, qui au début du texte peuvent apparaître personnel au recteur, sont en réalité essentiel pour comprendre l’étendue de l’imposture !
Le CCY



Voici donc exposée l’histoire des statuts de la mosquée de Paris. Un mystère qui n’a pas été vraiment éclairci jusqu’à aujourd’hui. Les présentes lignes sont extraites du livre que j’ai consacré aux activités de mon père, Hamza Boubakeur, intitulé "Itinéraire d’une folie coloniale".

Pour une meilleure compréhension, j’indique que le texte ici transcrit fait suite à quelques chapitres consacrés dans mon ouvrage à ses œuvres en Algérie coloniale. Ces chapitres qui ne sont pas reproduits, sont rappelés par le signe …/… mentionné au début de l’article ci-après.

Dans mon récit, j’ai ajouté à ces chapitres, la description de notre vie à Alger, jusqu’à la fin de l’année 1957 afin de décrire au mieux ses troubles caractériels qui se traduisaient par un autoritarisme féroce, des accès de colères très violents et des délires insensés. Ceux qui l’ont connu - notamment comme recteur de la mosquée de Paris de 1957 à 1983 - confirmeront son caractère impossible. En particulier, les innombrables salariés de la mosquée de Paris qui se sont pourvus en justice contre ses abus. Et qui ont presque toujours gagné.

On remarquera, toutefois, qu’il n’est pas rare de rencontrer des troubles caractériels comparables chez certaines personnes à l’esprit perturbé par le système colonial, le meilleur exemple étant celui de l’empereur Bokassa.

C’est dans ce contexte psychologique que les statuts de la mosquée de Paris ont été élaborés.

On devinera la vie infernale que cette personnalité dérangée réservait à son entourage. Nous en avons eu tous notre part et ma mère, bien plus que nous tous réunis. Ces troubles se sont trouvés exacerbés par l’intérêt que lui accordait le pouvoir colonial, tant il trouvait en ses dérèglements un soutien appréciable à l’environnement institutionnel de ce temps.

A ceux qui voudraient en douter, je les renvoie à nouveau à l’exemple de l’empereur Bokassa pour regarder à quels égarements la puissance coloniale pouvait se laisser prendre quand ses intérêts étaient en cause.

Après 1962, ses troubles de personnalité n’ayant plus d’utilité, il fut tenu à l’écart de toute activité politique en France.

Dans mes écrits, je ne cherche ni profit ni notoriété. En ces moments de bouleversements pour la communauté musulmane de France, seule m’anime la volonté d’aider à connaitre son histoire et de lui montrer combien, par le passé, elle a été mystifiée pour qu’on ne se moque pas deux fois de l’Islam.

Car la communauté musulmane de France n’a pas d’avenir si elle ne connait pas son histoire.

Ces lignes ne sont que l’introduction à la question que j’ai traitée. Des éléments plus graves viendront dans les prochaines semaines.

Mais aujourd’hui nous parlerons des fondements coloniaux des statuts actuels de la mosquée et d’une association "le comité de gestion de la confrérie des Ouleds Sidi Cheikh" dont les statuts ont servi de modèle à ceux établis pour la Mosquée de Paris en 1958.
LES STATUTS ET LEURS MYSTERES.
1ere partie : Les fondements coloniaux du texte de 1958.

PREAMBULE

Pour faciliter la compréhension des lignes qui vont suivre, il faut rappeler que la mosquée de Paris a appartenu originellement à la Société des Habous et Lieux saints de l’Islam. Que cette société de droit islamique a été originellement créée en 1917 par Abdelkader Ben Ghabrit et qu’elle s’est perpétuée sans contestation jusqu’au 23 juin 1954, date de la mort de cet homme.

Il est alors apparu que cette société dont la gestion avait été négligée n’avait pas survécu à son fondateur. En effet beaucoup de ses membres étaient également décédés.
Quant aux survivants, nonobstant leur âge (Abdelkader Ben Ghabrit est mort à 91 ans) les convulsions qui traversaient le Maghreb rendaient leur recherche très difficile.En droit, Abdelkader Ben Ghabrit n’avait pas préparé sa succession et on a laissé à ses successeurs le soin de régler cette question.


En fait, Abdelkader Ben Ghabrit avait simplement
"cédé son bureau" à son neveu, Ahmed Ben Ghabrit, personne sans envergure et très éloigné des questions de droit.

Telle était la situation de la mosquée de Paris jusqu' en mai 1957, date à laquelle Hamza Boubakeur a été désigné par Guy Mollet pour la diriger. Cette décision fut suivie de l’expulsion par la force publique de Ahmed Ben Ghabrit, en août de la même année.

En 1958, le nouveau directeur donna à cette association des statuts nouveaux qui ont soulevé mille contestations à partir de 1962 (essentiellement du gouvernement Algérien).
Selon les documents dont on dispose, les réunions constitutives de ces nouveaux statuts ont eu lieu le 26 janvier 1958, nous verrons dans un prochain article ce qu’il en est exactement.
Nous nous proposons de faire l’entière lumière sur cette affaire qui pèse encore lourd sur la destinée de l’Islam de France.
Dans un premier temps, je décrirai les conditions dans lesquels les idées de mon père se sont développées.
En effet, il faut comprendre que dans cette affaire, comme dans certaines maladies, il faille chercher très loin les racines du mal.
.../...
CREDO.
En 1957, la personnalité inquiétante de Hamza Boubakeur était assez connue. Il était détesté et redouté. Dans sa maison, dans son quartier et dans sa tribu les Ouleds Sidi Cheikh. Une tribu parmi celles qui comptaient le plus dans le Sahara Algérien, par son nombre, par les étendues qu’elle occupait et pour avoir combattu (avec quelques succès) la colonisation vers 1860.
Mon père affectait n’être pas gêné par ces inimitiés et affirmait parfois : "la valeur d’un homme se mesure au nombre des ses ennemis.

Il était aussi jalousé. Surtout parmi les siens, avec en tête de file, son demi-frère, le bachaga Cheikh. Aux yeux de sa parenté, la position sociale du professeur agrégé qu’il était, ne résultait que du hasard. "Seigneur, dit un jour l'un des siens en s'adressant au ciel, pourquoi donnes-lui tu autant, sansrien donner à nous" ?

Mon père n'ignorait rien des mauvais sentiments que lui vouait une bonne part de sa tribu mais il taisait sa rancune car son ambition était de placer tout ce monde, sous sa coupe. Pour ce faire, il eut l'idée, le
4 avril 1951, de donner une structure juridique à sa tribu. C'est au terme de longues réflexions, sur les conseils d'amis juristes et avec le soutien des autorités coloniales qu'il se mit en devoir de l'organiser en une association répondant à la loi de 1901 : "LE COMITE DE GESTION DE LA CONFRERIE DES OULEDS SIDI CHEIKH".
Ce cadre lui convenait à souhait et dans cet espace de liberté ses projets pouvaient se développer à leur aise. Par l'écriture et l'équivoque, la personne morale instituée était le moyen idéal pour dissimuler ses ambitions et les conduire au mieux.
Les statuts qu'il rédigea, grâce au concours des mêmes amis, devaient faire de lui un petit dictateur. Elles le posaient comme le chef omnipotent d'une entité juridique à laquelle devait se soumettre toute sa parenté. Sachant l’importance capitale de certains lieux de cultes pour sa tribu, le fond de son intention était de se faire reconnaître des pouvoirs illimités sur ces sanctuaires ancestraux et d’en contrôler l’accès.

L’ordre public colonial lui étant, bien entendu, acquis.

Dans le cadre juridique algérien des années 1950, l’ordre public lui aurait donc permis d’excommunier tout membre de la tribu qui lui aurait déplu et d’interdire à qui il voulait l’accès des lieux saints de cette tribu.
Nonobstant le contrôle des revenus très significatifs récupérés par la tribu, le commandement qu’il aurait exercé sur ses possessions tels les lieux d’inhumation, les biens immobiliers et, selon les termes mêmes des statuts, les "serviteurs"…

Des pouvoirs exorbitants propres à engager toute cette communauté, sous la conduite de son guide, vers les pires aventures. On le contestera bien sûr. Mais pour qui a connu mon père, il n’était pas homme à disposer des pouvoirs aussi excessifs sans ressentir l’ardente nécessité de les utiliser.

Car ces principes seront toujours les siens. Et il le démontrera tous les jours à la mosquée de Paris, comme en 1965, lorsqu’il en refusera l’accès à l’ambassade du Maroc qui souhaitait dire une prière en mémoire du sultan Mohammed V. Parce qu’il avait un vieux compte à régler avec son fils Hassan II. C’est ainsi que plusieurs centaines de personnes (des autocars entiers) se trouvèrent ainsi, dans la rue, face aux portes fermées de la mosquée de Paris.

Ce ne fut pas la seule fois qu’il eut recours à ce procédé.

En 1980, c’est dans une démarche similaire qu’il voulut poursuivre de sa vindicte un imam dénommé Farfour, qu’il avait chassé de la mosquée. Pour ce faire il édicta contre l’imam une sorte de fatwa afin de l’exclure de l’Islam. Cette initiative aboutit à un procès à l’issue duquel mon père sera condamné en 1982 pour avoir usé de faux en écriture

Nous donnons ci dessous une photocopie des statuts originaux modifiés en 1962 (pour le transfert de son siège d’Alger vers Paris). On voudra bien excuser la qualité de cette reproduction faite avec une photocopieuse à émulsion d’il y a environ 50 ans.







Les statuts de cette association doivent être examinés avec attention car ils ont servi de modèle à ceux qui seront donnés à la mosquée de Paris en 1958. Dans leur rédaction et dans leurs intentions.

Pour mettre en place les termes de l'équivoque, le texte rappelle dans son préambule toute la misère du monde que cette société viendrait soulager. Les malheureux, les déshérités, les infirmes, les étudiants, les hommes de sciences, les veuves et les orphelins sont appelés à y trouver le réconfort et la protection dont ils ont besoin.

Le prélude étant joué, le grand air est attaqué pour poser un thème essentiel : "l'autorité du secrétaire général."

C'est de l’autorité de Hamza Boubakeur qu'il s'agit. Autorité sans limite que tout le monde doit révérer. Par principe, elle est infaillible. Le rappel de cette vérité s’égrène au long des paragraphes comme sur un chapelet. Les répétitions des mots et des idées l'élèvent au rang d'un dogme :

- "Le secrétaire général est désigné à vie et exerce ses fonctions sans limitation. Le secrétaire général a les pouvoirs les plus étendus. A lui appartiennent la décision, l'autorité et la signature (...). Il est le vrai détenteur de l'autorité et de l'héritage de Sidi Cheikh".

Suivent une série de phrases commençant toutes par "IL" comme si le rédacteur, emporté par son inspiration, s'invoquait lui-même.

C’est le credo qui réglera la vie de l'association. La vie personnelle de son fondateur se situait dans la stricte orthodoxie de la foi proclamée car s'il avait mis en ce début des années 1950, son épouse à la rue avec ses deux bébés, c’était pour le crime le plus grave qui puisse se commettre : cette femme avait contesté son autorité.
Dans cette organisation, les autres membres ne sont que des créatures sans importance, des figurants que le secrétaire général peut chasser "de sa propre autorité" bien entendu.

Autorité ! Autorité ! Pour reprendre les mots de Landru, on pourrait croire que Hamza Boubakeur regrettait d'en avoir qu'une seule à ne jamais s'offrir.

Après s'être attribué des pouvoirs "judiciaires", car le secrétaire général est aussi détenteur de la vraie justice, le patrimoine de l'association est évoqué avec précaution. Ce patrimoine est à la fois moral et matériel. Il est aussi, si l'on peut dire, "humain". C'est au détour d'une phrase que cette question délicate est abordée : "les serviteurs". Le secrétaire général exige le pouvoir de les diriger et de les contrôler à sa guise.

J'avais assisté aux discussions interminables qui avaient lieu à ce sujet. Les membres de sa tribu se rassemblaient alors en grande réunion dans la pièce principale d'une maison saharienne. Ses péroraisons retentissaient au milieu des clameurs. Les mots "mefteh" (clé) et "'abd" (serviteurs) revenaient tout au long de ses discours.

Mais les membres de sa tribu n'étaient pas assez crédules pour tomber dans le piège de cette association dont le but, les statuts ne le cachaient pas, était de tout confisquer au profit du secrétaire général. Très peu le suivirent dans ses idées et personne parmi ceux qui avaient à y perdre quelque chose. Son demi-frère, le bachaga Cheikh, ne s'en laissa pas compter. Pas plus que son oncle, l’alcoolique bachaga El Arbi Ben Eddine, qui, reconnu unanimement comme seul à pouvoir s'exprimer au nom de la tribu, rejeta sans ménagement les propositions de l’ambitieux secrétaire général.

Alors les affaires prirent un tour dramatique. Mon père accusa son oncle El Arbi d'avoir projeté de le faire assassiner et porta l'affaire devant la justice coloniale. Nous étions toujours au début des années 1950.
Aucune suite ne fut donnée à cette plainte, mais ce conflit lui désignera pour toujours ceux en qui il pouvait avoir confiance et ceux qu'il devait considérer comme des traîtres. Les années passaient. Dans cette évolution mon père apparaissait plus comme un personnage très influent et bien introduit auprès des autorités coloniales, que comme le chef de sa tribu.

PSYCHOSE.

Pourtant, il avait pour sa tribu des projets grandioses. Il aimait l'appeler "confrérie" ou mieux encore "ordre" qu'il disait chevaleresque. Comme celui de Malte, des Templiers ou de la Hanse Teutonique. Il se déclara un sceau avec des "armoiries" qui représentaient dans un double cercle une épée, un chapelet et un fer à cheval entrelacés : l'épée pour ses vertus guerrières, le chapelet pour sa piété et le fer à cheval pour son esprit chevaleresque. Le sceau figurait sur ses cartes de visite et son papier à lettres. cette composition, le chapelet dont les grains sont d’environ 33 (on ne peut les compter exactement) est à peu près conforme à celui de 33 grains utilisé en Islam à la différence qu’il ne porte aucun grain de repère. A ce titre, il pourrait tout aussi bien être inspiré d’un chapelet chrétien dont on aurait supprimé le crucifix.

En revanche, l’épée est typiquement européenne C’est une épée de combat, de style médiéval et à forte connotation chrétienne. Sa forme anguleuse et droite avec une garde perpendiculaire à la lame, est semblable à celle d’un crucifix (Cf. "la chanson de Roland" où ce dernier, agonisant parle à son épée Durandal bourrée de reliques dans son pommeau).Au contraire, les épées utilisées par les arabes (et donc les Ouleds Sidi Cheikh) sont habituellement courbes pour des capacités offensives plus marquées. Leur poignée est le plus souvent en crosse et leur forme asymétrique comme on le constate sur le drapeau saoudien.


C’est précisément en raison de ce rapport au crucifix que la forme d’épée en croix a été maintenue en Europe sous la pression de l’église, malgré sa moindre nocivité, notamment lors de l’assaut de Jérusalem par les croisés. Cette agression et le massacre qui s’en est suivi devait se faire par le crucifix et en son nom.



L’épée représentée sur ces armoiries est nettement inspirée des ces superstitions telles qu’elles se représentent dans l’imaginaire chrétien : Excalibur l’épée du roi Arthur (ci-dessus, les deux épées à gauche) et l’épée Charlemagne dite "la Joyeuse" (ci-dessus à droite) dont une copie serait détenue au musée du Louvres.



Pour vérifier le bien fondé de ces observations on fera la comparaison entre une représentation de l’épée Excalibur et celle dessinée sur ces armoiries.

De la même façon, on remarque que le fer à cheval est à 7 clous, ce qui est rare…Les fers héraldiques en comptent plutôt 8 (exemple : blason de Fère-en-Tardenois dans l’Aisne ou de Maiche dans le Doubs). Le métier de maréchal ferrant exige que ce nombre, le plus souvent supérieur, soit adapté à chaque animal, selon sa conformation, sa marche, ses infirmités éventuelles et le travail auquel il était astreint. D’où un métier qui exigeait beaucoup d’expérience et un clouage "personnalisé".
En réalité, les 7 clous dessinés sur le fer de ces armoiries se rencontrent le plus souvent lorsqu’il s’agit d’un fer à cheval « porte bonheur », le chiffre 7 étant associé à la chance. Le fer à cheval de ces armoiries pourrait bien plus tenir du trèfle à 4 feuilles que des chevaliers du temple. C’est à cette conclusion qu’aboutit une étude faite avec un blason discutable, celui de la ville de Mertzwiller, où est figuré un fer à cheval à 7 trous.


Tout ceci montre que ces armoiries relèvent plus d’une réflexion hâtive que de la symbolique ancestrale et que le graveur qui avait réalisé ce sceau n’avait rien compris à ce qui lui était demandé.

IL AURAIT SUFFI D'UNE SEULE FOIS.


Surmontant sa rancune, Hamza Boubakeur se réconciliait parfois avec ses adversaires, selon les intérêts du moment. Dans l'espoir de placer cette tribu saharienne à sa botte et de se faire attribuer tous les pouvoirs, pour toujours.
Il aurait suffit d’une seule fois.
La grande majorité de sa parenté avait compris le piège et refusait farouchement de lui donner ce blanc-seing, même lorsque son étoile brillait au plus haut en l'Algérie coloniale.
Faute du consentement de la tribu, cet ordre n'existera jamais que dans son imagination. Le Grand-Maître en puissance pouvait bien aider ses disciples espérés à obtenir une fonction ou une décoration longtemps convoitée, il n'excitait jamais que des sentiments motivés par l'immédiat intérêt. L'intuition de ces gens du désert, dressée à pressentir les dangers, l'empêcha de faire avec sa tribu ce qu'il réussira avec la mosquée de Paris.
Cela ne l'empêchait pas de rêver à haute voix de la "principauté" saharienne (comme il dira dans son livre "Sidi Cheikh" page 143 (dernier alinéa) qu'il entendait constituer autour de cette tribu, avec l'appui du pouvoir en place et en sécession du reste de l’Algérie.
Sauf qu’il n’était pas homme à prendre des risques : il ne voulait pas, expliquera-t-il plus tard, être le "Tschombé de l'Algérie" et "faire du Sahara un nouveau Katanga". Ce qui était vouloir à la fois, une chose et son contraire. Son délire fut à son comble lorsque qu'avec les essais atomiques français au Sahara en 1960, il prétendait que la principauté de ses rêves disposerait de l'arme nucléaire...
Il avait laissé échapper cette idée devant une assistance médusée. Nos yeux étaient sans doute écarquillés comme ceux de l’entourage de Bokassa quand lui prit l’envie de créer son empire centrafricain. Mais nous voyions aussi le temps passer et nous commencions à comprendre que ses rêves de dictature ne dépasseraient jamais l'enceinte de sa maison. Parce que s’il avait des qualités intellectuelles certaines, il était dépourvu de l'audace et de l'esprit d'aventure nécessaires à cette entreprise.
Bref, tant que la tribu vivait en Algérie française peu des siens entrèrent dans cette association. Ce fut le mérite des Ouleds Sidi Cheikh, pendant la guerre d’Algérie, de s'être gardés de toute atteinte à l’intégrité de leur territoire national. Il n’en fut pas de même après l’indépendance où certains crurent bon de rejoindre l’association pour servir leurs intérêts, notamment ceux qui s’étaient repliés en France pour y vivre dans le dénuement et le mépris.
L’indépendance de l’Algérie fut aussi durement ressentie par mon père. Il réservera à son demi frère, grand opposant à ses projets un jugement cruel en conclusion de son livre Sidi Cheikh page 274 paragraphe "3 »
"CHEIKH : ancien caïd d’Al Abiad….personnage insignifiant, le moins qu’on puisse dire"
Appréciation assez correcte dans le mépris qu’elle exprime, mais certainement excessive quant à l’insignifiance du personnage.
DU REVE ET DES REALITES.
L'association fut pourtant rejointe à son origine par quelques personnes de la tribu qui, pour des raisons diverses, lui accordèrent leur soutien. Elles n'étaient pas toutes sans importance, tant s’en faut et mon père ne pouvait exercer sur elles un ascendant très fort. Avaient-elles, pour autant, conscience de ses véritables intentions ? Je ne le pense pas.
Le soutien de Boubekri Bahous, personnalité éminemment respectable parmi les Ouleds Sidi Cheikh, s’expliquait par des sentiments d’affection envers nous et surtout par l’espoir de mettre un terme à l'inconduite des chefs traditionnels de la tribu. Il était scandalisé par l’ivrognerie du bachaga El Arbi et sa passion des casinos. Il était indigné par le bachaga Cheikh qui garnissait sa table de vins quand des européens se trouvaient parmi ses convives. Son nom est mentionné dans le procès verbal de la rréunion constitutive de la nouvelle Société des Habous en date du 26 janvier 1958.
Boussaïd Laïd dont le nom est aussi mentionné sur ce document était un homme dont la grande moralité n’avait d’égal que la discrétion. Il inspirait naturellement confiance et la méfiance maladive de mon père trouvait son repos avec lui.Son nom est mentionné dans le procès verbal de la réunion constitutive de la nouvelle Société des Habous en date du 26 janvier 1958.
Mohammed Ben Dine était pour mon père un neveu. Un personnage sans conviction qui ne suscitait pas vraiment la sympathie tant son opportunisme était grand. A force de vouloir manger à tous les râteliers, il finira par avoir de graves ennuis. Il fut incarcéré en août 1962, avec le bachaga Cheikh, bien qu’il ait offert aux nouveaux tenants du pouvoir, méchouis et fantasia par dizaines, pour tourner la page sur son passé colonial. Et quant il put se replier en France, on lui reprocha ces mêmes réjouissances destiner à fêter le départ de l’administration française. Sans compter qu’à vouloir trop côtoyer mon père, il eut parfois à essuyer des humiliations cruelles et injustifiées.
Il y avait aussi d’autres gens qui espéraient tirer quelque avantage de l’opération. Tel son neveu (au 2e degré) dénommé Mahmoud. Un personnage rusé. L’homme avait compris qu'il s'entendrait d'autant mieux avec son oncle qu'il se trouvait physiquement éloigné de lui. Ce qui est prouvé par une lettre qui m'a été remise. On ne le voyait donc jamais sous son toit. Il ne représentait rien parmi les Ouleds Sidi Cheikh, mais comme dans une course de chevaux, il misait sur le tocard en espérant toucher le gros lot.
Et parmi ces membres, il y avait en 1962, son fils aîné, au premier rang de ses rêves.
Cette association ne fut pas rejointe par ceux qui devaient, en échange, renoncer à leurs prérogatives. Parmi eux, son demi-grand frère, le bachaga Cheikh qui, de bonne naissance, et de père et de mère, avait "tous ses quartiers de noblesse" (mon père ne les avait pas en raison des origines de sa mère). Les droits du bachaga Cheikh à commander la tribu étaient incontestables et cette association fabriquée par un demi-petit frère bien encombrant, ne pouvait que nuire à ses intérêts.
Paradoxalement la signature de cet homme figure au bas des statuts fondateurs de la Société des Habous et Lieux Saints de l’Islam, en date du 26 janvier 1958.
J’ai bien entendu entrepris des recherches afin d’expliquer ce fait. J’aurais une explication à proposer, preuve matérielle à l’appui. Ceci sera exposé lors de mon prochain article.
MONSIEUR LE SENATEUR DIT « KSE ».
Selon ce qui m’a été rapporté et ce dont j’ai pu être témoin, une lutte d'influence devait, dans l'âpreté et le silence, toujours les opposer. Mille fois, mon père tenta d'endormir sa méfiance. En vain. Jamais le bachaga ne fit le plus petit faux pas, même quand il fut élu sénateur en 1959, grâce aux diligences de mon père.
Alors qu’il savait à peine lire et écrire : "KSE" dira-t-il un jour où il eut à épeler un mot contenant la lettre "X". Ce qui ne l’empêcha pas de faire partie de la commission des Affaires…Culturelles du Sénat.
Car le bachaga ne se reconnaissait qu’une seule obligation : celle de tout ramasser. Les cadeaux, les honneurs, les privilèges, les décorations et l’argent quand il y en avait.
Pour disparaitre, sans un mot. Tel le chat qui s'en va tout seul et pour qui tous les lieux sont pareils
A l'exaspération du demi-petit-frère qui, semblable à l’homme de Kipling, prodiguait ses largesses sans jamais apprivoiser l’animal. Cette inimitié fut clairement affichée après juillet 1962, lorsqu'avec la destruction des structures coloniales, le bachaga Cheikh fut jeté en prison. Il n’était plus rien. Alors le demi-petit frère put, enfin, lui témoigner pour le restant de leurs deux vies, une rancœur depuis toujours contenue.
Bien qu’il l’ait sans doute sauvé en alertant le Président du Sénat de son incarcération….
FILIATIONS
A la mort de son père en 1995, le fils aîné prit naturellement la tête de cette association.
Il eut l’idée extraordinaire de se faire décerner par les Ouleds Sidi Cheikh une "déclaration d'allégeance" dans les locaux de la mosquée de Paris, le 4 mars 1995. Cette démarche scandalisa la plupart des musulmans dont l'éphémère Haut Conseil des Musulmans de France.





Les membres de cette instance dénoncèrent l'association sans se rendre compte qu'ils tenaient alors le fil d'une très vilaine pelote. Il leur fallait seulement rester unis, prendre acte des éléments portés à leur connaissance et laisser faire les choses. Mais ceci est une autre histoire.

Par la suite cette association par la suite a voulu changer de nom. A ma connaissance de "tribale" elle prit un caractère plus….

On remarquera les dispositions relatives aux émoluments du président qui ne peuvent dépasser le maximum légal prévu par la loi sont très précises (article 10.2 des nouveaux statuts) et celles qui concernent ses associés égales à zéro. On constate également que son fils en est le secrétaire général et sa femme, la trésorière.


La Société des Habous et Lieux Saints de l'Islam qui gère la Mosquée de Paris depuis 1958 est la fille directe du Comité de gestion de la confrérie des Ouleds Sidi Cheikh constitué en 1951.
Les motivations de bienfaisance, de défense de la veuve et de l'orphelin se retrouvent mot pour mot en préambule de ses statuts. Rien n'y manque. En particulier ce chef inamovible, omnipotent et omniscient, entouré de personnages sans pouvoir qu'il peut chasser à sa merci. Pour ce qui est des "serviteurs" au sens des statuts de la confrérie, on pourrait se renseigner auprès des domestiques au service de mon père, tant à Alger qu’à Paris et des travailleurs de la mosquée pour savoir si leur condition était celle de salarié ou des "serviteurs".

Nous reproduisons deux extraits des statuts (les articles III et V) de la Société des Habous et Lieux Saints de l’Islam pour que le lecteur puisse faire la comparaison de lui même.






Ces montages juridiques sont, comme le montrent leurs préambules, deux variations sur un même thème : l’abaissement de l’Islam. La différence de leurs environnements explique leurs destinées respectives.

Si l’association saharienne n'a pu atteindre son but dans les profondeurs du désert, l'autre a prospéré à Paris. Malgré mille contestations, elle a atteint la prescription trentenaire pour acquérir aujourd'hui une valeur légale indiscutable. C'est une des étrangetés à laquelle a pu aboutir le système colonial algérien.

Pour l’expliquer, il faut considérer que, dans un cas comme dans l'autre, il s'agissait de serrer au plus fort l’emprise exercée sur des populations musulmanes qui s'ouvraient aux idées d'après guerre. Aucune réforme n’étant possible, le champ de leurs pensées religieuses devait se soumettre aux impératifs de ce temps : ceux d’un avilissement qui n’irait qu’en s’aggravant pour finir dans les ratonnades et la torture. En l'absence d’un cadre religieux unique, tel l’Eglise en qui le colonisateur aurait pu trouver un soutien, l’entreprise s’annonçait bien plus difficile que celle de la conquête militaire de l'Algérie du XIXe siècle qui avait été aidée par la vénalité des chefs locaux.
Car il est plus difficile de soumettre les esprits que de s’approprier la terre des gens.
C'est à ce stade que l'analyse fait diverger le sort des deux associations. Dans le Sahara les populations musulmanes concernées étaient sur leur terre, rassemblées et conscientes de l’indignité vers laquelle on voulait les conduire. Il était donc difficile de les manipuler.
En métropole, leur nombre réduit, leurs disparités d’origine et leur vulnérabilité morale rendaient cet obstacle insignifiant face à une puissance coloniale qui, de plus, était chez elle.
Faute d'un consentement vainement escompté, les projets sahariens de mon père n'aboutirent pas et le "comité de gestion" qui devait enrôler les Ouleds Sidi Cheikh pendant la colonisation n’eut jamais le succès espéré. A Paris, au contraire, en l'absence de toute opposition, l'idée d’asservir l’Islam de France fut poussée jusqu'aux confins d'une logique entêtée et absurde pour aboutir, avec la Société des Habous ET Lieux Saints de l'Islam, à une situation politique et juridique inextricable
Tels sont les éléments que je peux apporter à la communauté musulmane de France sur les fondements réels de la Société des Habous ET Lieux Saints de l’Islam propriétaire de la mosquée de Paris depuis 1958 et que je soumets à son jugement.
Quels sont les rapports de la société créée par Abdelkader Ben Ghabrit en 1917 qui se dénommait Société des Habous DES Lieux Saints de l’Islam et chargée de gérer la mosquée de Paris à sa construction et celle établie en 1958 par Hamza Boubakeur, la Société des Habous ET Lieux Saints de l’Islam. Nous le montrerons par l’étude mot à mot des deux textes constitutifs avec leur analyse juridique approfondie, l’identification des personnes présentes, la mécanique de leur participation et l’examen serré des signatures.
On verra également comment, lors des innombrables proçès qui eurent lieu après 1962, la justice administrative française a été débordée par le tir de barrage argumentaire très serré de mon père et à quel instant elle a perdu pied pour lui laisser un avantage qu’il ne perdra jamais.
Quelles que furent sa personnalité et ses intentions, on ne pourra qu’être impressionné par sa ténacité en un combat qui était juridiquement perdu d’avance. Dans cette longue lutte, il s’est comporté, certes comme un juriste expérimenté, mais plus encore comme un grand joueur d’échec affrontant simultanément plusieurs adversaires ligués contre lui chacun dans sa partie.
Dans notre prochain article nous commencerons par évoquer l’état matériel et moral de la mosquée de Paris, en août 1957, lorsque mon père prit la tête de cette institution. Nous examinerons ensuite les circonstances dans lesquels la "Société des Habous DES Lieux Saints de l’Islam" (qui a une signification bien précise) se transforma en "Société des Habous ET Lieux Saints de l’Islam"(ce qui ne veut rien dire).

La 2e partie de cet exposé sera intitulée : LA LOI ET LA NECESSITE.
Mohammed BOUBAKEUR

Ce texte ne peut être reproduit qu'en mentionnant explicitement le lien ci-dessous

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7 commentaires:

Anonyme a dit…

Salam,

ce que je ne comprend pas c'est qu'en allant prier a la mosquee de paris (quand j'etais sur paris) je n'ai jamais remarqué de statuts???

seulement des "signes" bizarres sans plus.....peut on voir des images actuels de statuts ou de motifs faisant reference a du shirkh??

Merci d'avance.

Anonyme a dit…

Oups je viens de comprendre....ici ca traite des statuts de la mosquee de paris (lois et regles regisssant ce lieu)....non des statues sous formes humaines ou animales........interessnt l'article et ces gens semblent apparteniràa une secte (david boubakeur, Dahmane etc)...

Anonyme a dit…

Une fois de plus nous vous remercions tous au nom de la communautee Musulmane Mr Boubakeur pour nous devoilee ces secret de famille bien garder et nous faire partagee ce mepris de l Islam dont font preuve nos anciens colon, qui une fois chassee des terres tente de colonnisee les esprits quitte a deformee la religion d Allah azawajeel et mettre a leurs tete des gens dont le sort de la communautee et dont la fidelité au texte n est pas la plus importante de leurs missions mais au contraire qui sont pres a tous pour leurs interet personnel!!! encore merci j attend la suite avec impatience!

Anonyme a dit…

Cet article est parsemé de preuves !!! On découvre à chaque fois que la fondation de cet endroit est de plus en plus obscure et souillée.

On sait ce qu'il nous reste à faire.

Saïd a dit…

Je suis vraiment troublé par tous les éléments que vous mettez en évidence dans vos textes qui concernant la Grande Mosquée de Paris ; pour la vivre au quotidien je sais combien la haine de l’islam est grande dans ce pays mais je n’avais pas conscience qu’elle avait été en réalité institutionnalisée depuis toujours !
Comme le commentaire précédent, je souligne le fait que tous vos arguments sont appuyés par des preuves que quiconque ne saurait réfuter sous peine d’être ridiculiser ! C’est un très gros travail que vous avez réalisez ces derniers mois et je vous en remercie personnellement ! A chaque fois que sont dénoncés sur la place publique de telles impostures sur la question de l’islam c’est nous tous qui gagnons en dignité. Merci encore !

Anonyme a dit…

asalaamoualeykom

merci a Mohammed Boubakeur pour cette article plus que enorme !

Savez vous s'il sera present a la manifestation du 2 avril ????????? ce serai super

Anonyme a dit…

C'est énorme quand même que cet Islam de France soit à l'origine d'une personne, quoi que si ça n'avait pas été lui ça aurait surement été quelqun d'autre..