Autre sujet qui fâche : la candidature turque à l'Union européenne, à laquelle Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, chancelière allemande, sont fermement opposés. "J'ai mis de nombreuses fois en garde Monsieur Sarkozy sur cette question. Nous lui avons dit que son attitude concernant la Turquie est totalement erronée et nous allons l'interroger sur ce point", a déclaré Erdogan, lors d'une interview à la télévision turque ATV, jeudi, tard dans la soirée. Selon le Premier ministre turc, "l'Union européenne a besoin de la Turquie, la Turquie a besoin de l'Union européenne". "Mais si les choses continuent comme ça, alors prenez une décision et annoncez : nous ne voulons pas de la Turquie dans l'Europe, a-t-il ajouté, à l'adresse du président français.
Des relations étroites
Dans une interview au journal turc Posta publié vendredi, le président français déclare notamment : "Je reste convaincu que la Turquie et l'UE doivent entretenir des relations aussi étroites que possible, sans aller jusqu'à l'intégration, qui ne profiterait en réalité ni à la Turquie, ni à l'Union européenne." Les négociations entre la Turquie et l'Union européenne, qui ont commencé en 2005, sont au point mort, du fait de la question de Chypre et de l'opposition de plusieurs pays européennes à une adhésion turque. Nicolas Sarkozy considère que la Turquie ne fait, géographiquement, pas partie de l'Europe et estime que ce pays devrait former "un partenariat privilégié" avec l'UE.
Selon l'Élysée, cette visite - la première d'un président français depuis celle de François Mitterrand en 1992 - est avant tout "dédiée aux dossiers du G20", le forum des principales économies auquel appartient la Turquie, 17e puissance mondiale. Comme il l'avait fait auprès du président américain et avant lui auprès des dirigeants chinois et indien, fin 2010, Nicolas Sarkozy devait exposer les priorités de sa présidence du G20 à Recep Tayyip Erdogan et au président Abdullah Gül.
Il s'agit de "la réforme du système monétaire international, dont tout le monde reconnaît aujourd'hui la nécessité, de la lutte contre la volatilité excessive du prix des matières premières, énergétiques et agricoles", ainsi que de la "question des financements innovants", a-t-il rappelé au Posta. La Turquie devrait être attentive à ces chantiers, alors que le Fonds monétaire international, tout en saluant sa croissance vigoureuse, vient de la mettre en garde contre des risques de déséquilibres financiers.
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