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| Photo: Télévision d'État égyptienne |
Dans une allocution diffusée à la télévision d'État, le président égyptien Hosni Moubarak a annoncé qu'il restera au pouvoir, mais a délégué des pouvoirs au vice-président Souleimane. Ce dernier invite les manifestants à rentrer chez eux.
Au pouvoir depuis 30 ans, le raïs contesté a dit qu'il refusait de se plier aux diktats étrangers. Il a cependant annoncé avoir délégué certains pouvoirs de la présidence à son vice-président, Omar Souleimane, en accord avec la Constitution égyptienne.
Je ne peux pas et n'accepterai pas d'ordres provenant de l'étranger, peu importe leur origine.
— Hosni Moubarak
Il a ajouté que l'Égypte se dirige jour après jour vers un transfert pacifique de pouvoir. Il s'est dit aussi déterminé à protéger la Constitution jusqu'au transfert de pouvoir au vainqueur d'une élection honnête. Il a en outre promis de réaliser les réformes promises et a annoncé six amendements à la Constitution.
« Le sang de vos martyrs n'a pas été versé en vain », a lancé le président, le ton grave, aux manifestants.
Pendant toute la journée, des chaînes de télévision et des agences de presse ont relayé des informations sur la démission du chef d'État.
Une demi-heure après le discours de Moubarak, le vice-président Omar Souleimane s'est lui aussi adressé à la nation, s'engageant à tout faire pour satisfaire les revendications du peuple par le dialogue et pour assurer un transfert pacifique du pouvoir.
Appelant le peuple à s'unir et à regarder vers l'avenir, il a invité les manifestants à retourner chez eux.
Omar Souleimane a par ailleurs mis en garde contre les télévisions satellitaires.
N'écoutez pas les chaînes satellitaires. N'écoutez que votre propre conscience et le bon sens.
— Omar Souleimane
Colère sur la place Tahrir
Le discours de Moubarak a été accueilli avec des huées de milliers de manifestants rassemblés sur la place Tahrir, au Caire, épicentre du mouvement de contestation. Certains brandissent des chaussures en signe de colère.
L'envoyé spécial de Radio-Canada au Caire, Jean-François Lépine, a rapporté que des manifestants se dirigeaient vers le palais présidentiel, situé à quelques kilomètres de là.
Le mouvement de protestation, qui est à son 17e jour, a pris un nouveau souffle au cours des deux derniers jours avec le déclenchement de grèves à travers le pays. Jeudi, des centaines d'avocats vêtus de robes noires ont franchi un cordon policier et se sont dirigés vers un des palais de Moubarak. Le président n'était toutefois pas sur place.
Des médecins en grève, vêtus de leurs sarraus blancs et accompagnés par des avocats, avaient rejoint jeudi les manifestants sur la place Tahrir.
L'armée veut appuyer les demandes légitimes du peuple
À l'issue d'une rencontre tenue sans Moubarak, son premier responsable, le conseil suprême des forces armées égyptiennes a annoncé jeudi dans un communiqué avoir commencé à prendre les mesures nécessaires « pour protéger la nation » et « pour appuyer les demandes légitimes du peuple ».
Un haut gradé de l'armée égyptienne s'est d'ailleurs déplacé à la place Tahrir, épicentre de la contestation, pour annoncer aux manifestants que toutes leurs revendications seront satisfaites sous peu.
La télévision d'État égyptienne a rapporté pour sa part que le conseil supérieur de l'armée va siéger en permanence pour protéger le pays.
Communiqué du conseil suprême des forces armées égyptiennes
« Compte tenu de la responsabilité des forces armées et leur engagement à protéger le peuple et préserver ses intérêts et sa sécurité, et pour veiller à la sécurité de la nation et des citoyens, et aux acquis du grand peuple égyptien, et pour soutenir les demandes légitimes du peuple, le conseil suprême des forces armées s'est réuni aujourd'hui jeudi 10 février.
Il a décidé de rester réuni en session permanente pour examiner les décisions qui peuvent être prises en vue de protéger la nation, les acquis et les ambitions du grand peuple d'Égypte. »
URL du billet: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/02/10/015-egypte-moubarak-discours.shtml

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