
samedi 5 février 2011, par
Deux personnes au moins ont été tuées et 17 autres blessées samedi dans le nord de la Tunisie, où la police a ouvert le feu pour repousser des manifestants qui lançaient pierres et cocktails Molotov sur un poste de police, a-t-on rapporté de source proche du ministère de l’Intérieur.
"Un millier de personnes se sont rassemblés lors d’une manifestation devant le commissariat de police d’El Kef afin de réclamer le limogeage du chef de la police de la ville pour abus de pouvoir dans l’exercice de ses fonctions", a-t-on indiqué de même source à Reuters.
Les manifestants ont criblé le commissariat de pierres et de cocktails Molotov en tentant d’en occuper les locaux, a-t-on précisé de même source. "La police a ouvert le feu pour empêcher les manifestants de faire irruption dans le commissariat."
Le ministère de l’Intérieur a arrêté le chef de la police d’El Kef à la suite de ces incidents, a-t-on ajouté.
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Incendie d’un commissariat à Sidi Bouzid en Tunisie, deux morts
Plusieurs centaines de Tunisiens ont manifesté vendredi à Sidi Bouzid après la mort dans un incendie de deux jeunes gens en garde à vue au commissariat, rapportent des témoins et des médias tunisiens.
Sidi Bouzid est la ville-symbole de la "révolution du jasmin" qui a balayé le régime de Ben Ali. C’est dans cette localité du centre de la Tunisie que Mohamed Bouazizi s’est immolé par le feu le 17 décembre. Son geste est considéré comme l’événement fondateur de la révolution.
"A la suite d’un incendie qui s’est déclaré vendredi après-midi dans un commissariat de police de Sidi Bouzid, deux jeunes gens arrêtés pour des faits liés à leur état d’ébriété ont péri dans les flammes", rapporte l’agence officielle de presse TAP, qui ajoute qu’une enquête est en cours pour déterminer les causes de cet incident.
Selon des témoins, plusieurs centaines de jeunes gens se sont rassemblés devant le commissariat pour manifester leur colère.
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La révolution tunisienne "ressemble un peu à la chute du mur de Berlin", selon Patrick Baudouin (FIDH)
Longtemps honnis par l’ancien régime tunisien, deux dirigeants de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), Patrick Baudouin et Sidiki Kaba, sont arrivés samedi après-midi à Tunis, pour une visite de trois jours.
Président d’honneur de la FIDH, M. Baudouin a, dans une déclaration à la presse, exprimé son "immense joie" d’être en Tunisie d’où il a été "refoulé à trois reprises" ces dernières années en étant contraint de rembarquer dans le même avion qu’il a emprunté de Paris où se trouve le siège de son organisation.
A ses yeux, la révolution tunisienne est "un grand moment pour les Tunisiens et la Tunisie, d’abord, et pour le monde arabe, ensuite, parce que l’expérience tunisienne peut et doit avoir valeur de symbole".
C’est "un grand moment pour le monde entier, parce qu’on est sur une phase qui ressemble un peu à ce qui s’est passé après la chute du mur de Berlin", a-t-il opiné, en se félicitant des libertés "que le peuple tunisien est en train de conquérir" après en avoir été privé.
De son côté, Sidiki Kaba s’est dit porteur d’un "message d’espoir, et pour être aux côtés du peuple tunisien, des militants des droits de l’Homme, des opposants et des femmes tunisiennes, qui ont montré la voie et le chemin de la liberté".
Au cours de son séjour, la délégation de la FIDH doit rencontrer plusieurs membres du gouvernement provisoire et des composantes de la société civile tunisienne.
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Tunisie : chute de 40% du tourisme en janvier
Un des principaux secteurs pourvoyeurs de devises étrangères et d’emplois en Tunisie, le tourisme a subi le contrecoup de la "révolution du jasmin" qui a secoué le pays pendant plusieurs semaines.
Lors d’une conférence de presse, le nouveau ministre du Tourisme Mehdi Haouas a fait état d’une chute de 40% des chiffres enregistrés en janvier (entrées et recettes) par rapport au même mois de 2010. Il s’attend à un déficit plus sévère pour le mois de février.
Le tourisme, qui contribue à hauteur de plus de 6% au PIB de la Tunisie et emploie quelque 400.000 personnes, avait procuré en 2010 des recettes de l’ordre de 3,5 milliards de dinars (plus de 1,8 milliard d’euros).
Malgré cette baisse, M. Haouas s’est dit "très optimiste" pour l’avenir en se basant sur "l’amélioration notable de la situation sécuritaire". "Nous voulons rassurer tous les pays amis qui envoient leurs ressortissants en vacances en Tunisie qu’ils peuvent désormais le faire dans la sécurité totale en plus d’une atmosphère de liberté absolue", a-t-il dit.
Pour sauver la saison touristique, ce jeune membre du gouvernement de transition venu de Marseille où il était établi, a dévoilé "des mesures d’urgence" qui prévoient notamment une offensive en direction des tours opérateurs de pays comme la France, l’Allemagne, l’Italie et la Grande Bretagne.
En plus du soleil et de la mer, il souhaite que les professionnels tunisiens "garantissent un accueil de grande qualité" aux visiteurs. Selon lui, "la révolution que vient de connaître le pays offre des opportunités nouvelles dans la mesure où elle a révélé au monde entier un peuple extraordinaire".
Aussi, s’est-il dit persuadé que "cette année sera exceptionnelle" pour le tourisme tunisien. "Si ce plan de sauvetage n’aboutit pas, il faudra me trouver un remplaçant", a-t-il ironisé.
Présent à la conférence de presse, le président de la fédération turque des agences de voyages (TURSAB) Bassaran Ulosoy a dit vouloir "tendre la main aux amis tunisiens qui traversent une période difficile". A la tête d’une organisation regroupant 6.500 agences de voyage, il a promis de faire passer le nombre de touristes turcs en Tunisie de 20.000 actuellement à 200.000 dans les deux années à venir.
(Samedi, 05 février 2011 - Avec les agences de presse)
URL du billet: http://www.aloufok.net/spip.php?article3223
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