AMMAN - Le roi Abdallah II de Jordanie a reconnu jeudi en recevant une délégation du Front de l'action islamique (FAI), la branche politique des frères musulmans, que les réformes s'étaient "ralenties" dans le royaume.
"Le processus de réformes s'est ralenti ce qui a fait perdre de nombreuses opportunités à la nation pour progresser", a dit le roi aux responsables du FAI selon un communiqué du palais royal.
Mais, a souligné le monarque, "je vois une opportunité réelle de réaliser des réformes globales qui permettront à la Jordanie de devenir un exemple de sécurité et de stabilité".
L'entretien du souverain avec la délégation a été qualifié de "positif" par Zaki Bani Rsheid, membre du comité exécutif du FAI.
"Nous avons eu un entretien positif avec le roi, mais je ne peux pas fournir de détails avant la réunion du parti pour évaluer la situation", a-t-il dit, précisant que le FAI publierait ensuite un communiqué.
Principale force de l'opposition, le FAI n'appelle pas à un renversement du régime dans le royaume mais réclame des réformes politiques. Il a appelé à une nouvelle manifestation vendredi, suite à plusieurs autres organisées ces derniers jours.
Ces manifestations, bien que pacifiques, ne sont pas sans rappeler celles en Tunisie et d'Egypte.
Un mouvement de contestation sociale et politique sans précédent a abouti en Tunisie à la fuite du président Zine El Abidine Ben Ali mi-janvier et en Egypte à des manifestations massives ébranlant le pouvoir du raïs Hosni Moubarak.
Le roi Abdallah II de Jordanie a limogé mardi son Premier ministre pour calmer la rue qui réclamait son départ, mais l'opposition islamiste a critiqué le choix de son remplaçant, Maarouf Bakhit.
Le roi a multiplié ces derniers jours des contacts avec notamment d'anciens dirigeants, des militants et des syndicalistes pour écouter les doléances des Jordaniens face à une grogne populaire depuis un mois.
Entre-temps, le Centre national des droits de l'homme (CNDH) a prévenu jeudi que le "laxisme" du gouvernement dans l'introduction et la mise en oeuvre des réformes politiques, économiques et sociales constituait "une grave menace pour la société et l'unité nationale".
"Renforcer les libertés publiques et de la presse ainsi que permettre aux gens de prendre part aux décisions constituent des éléments clés des réformes", indique le CNDH dans un communiqué.
M. Bakhit s'est entretenu dans la nuit de mercredi à jeudi avec des responsables du FAI. Les deux parties ont jugé la rencontre "positive".
"Le Premier ministre s'est engagé à donner à l'amendement de la loi électorale la priorité dans le dialogue en cours", a indiqué un membre de l'entourage de M. Bakhit.
L'amendement de la loi électorale est une des demandes prioritaires des islamistes qui estiment que son système uninominal est à leur désavantage, ce qui les a poussés à boycotter les élections législatives en novembre dernier.
M. Bakhit a entamé mercredi des consultations en vue de la formation de son gouvernement.
(©AFP / 03 février 2011 18h59)
URl de l'article: http://www.romandie.com/ats/news/110203175951.8jfxlz0a.asp

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