vendredi 25 février 2011

Irak: meurtrière "journée de la colère"

Publié le 25 février 2011 sur le site lemonde.fr

La "Journée de la colère" contre l'impéritie du gouvernement irakien et la concussion a tourné à la violence avec la mort par balles de quinze manifestants dans tout le pays lors d'affrontements avec les forces de sécurité. Selon la police et les hôpitaux, il y a eu cinq morts à Mossoul (nord), deux à Hawija, dans la riche province pétrolière de Kirkouk, cinq à Tikrit et deux à Samarra (centre), et un jeune de 15 ans à Calar, une localité kurde dans la province de Diyala. Cela porte à 19 manifestants et un policier le nombre des tués depuis le début de la contestation il y a trois semaines. En outre, 134 personnes, dont 21 policiers et soldats, ont été blessées dans une dizaine de villes et quatre bâtiments publics incendiés. Dans cinq villes, dont la capitale, l'interdiction de circuler était maintenu jusqu'à samedi.

Début de la manifestation pour la "Journée de la colère", le 25 février à Bagdad.

Début de la manifestation pour la "Journée de la colère", le 25 février à Bagdad.REUTERS/SAAD SHALASH

A Bagdad, quelque 5 000 manifestants s'étaient rassemblés sur la place Tahrir en présence d'un important déploiement militaire et policier. Un mouvement dénommé "la Révolution de la colère irakienne" a appelé via Facebook à manifester pour exiger "le changement, la liberté et une démocratie véritable". La majorité des organisateurs insistent sur leurs seules revendications de "réformes".

Jeudi, le premier ministre Nouri al-Maliki avait accusé les organisateurs de la manifestation d'être des partisans de l'ancien dictateur Saddam Hussein, des "terroristes", appelant "dans un souci de contrecarrer les plans des ennemis" à ne pas participer à cette manifestation. "Aucun de nous n'appartient à Al-Qaïda ni aux partisans de Saddam, nous sommes des citoyens irakiens ordinaires qui protestons contre l'absence de services publics, la corruption et nous voulons la réforme du système", a rétorqué l'une des organisatrices, Chourouq al-Abayachi.

Pour tenter de calmer la grogne, le gouvernement a récemment multiplié les gestes, augmentant notamment d'un milliard de dollars le montant alloué aux rations alimentaires distribuées à six millions de familles.

URL du billet: http://www.lemonde.fr/international/article/2011/02/25/la-tunisie-et-l-egypte-sous-pression-journee-de-la-colere-meurtriere-en-irak_1485296_3210.html


0 commentaires: