Les manifestants ont continué de défier mercredi le président Moubarak en encerclant le Parlement au Caire sans tenir compte des mises en garde du régime qui les accuse de risquer de faire basculer l'Egypte dans le chaos. La journée a été endeuillée par la mort de trois personnes dans le sud.
A la contestation politique se sont ajoutés plusieurs mouvements sociaux portant sur les salaires ou les conditions de travail, dans les arsenaux de Port-Saïd, dans plusieurs sociétés privées travaillant sur le canal de Suez ou encore à l'aéroport du Caire.
Le vice-président Omar Souleimane a assuré mardi soir que M. Moubarak était en faveur d'une "passation du pouvoir", à travers le dialogue engagé avec l'opposition, mais a réaffirmé qu'une fin immédiate du régime "signifierait le chaos".
Malgré tout, au Caire, sur la place Tahrir, rond-point devenu symbole du mouvement de contestation déclenché le 25 janvier, des dizaines de milliers de protestataires étaient à nouveau rassemblés mercredi pour réclamer le départ du chef de l'Etat, qui a gouverné l'Egypte d'une main de fer pendant près de 30 ans.
Non loin de là, des centaines de personnes ont encerclé le Parlement et le siège du gouvernement, situés l'un en face de l'autre. Les deux bâtiments étaient protégés par des blindés et le Conseil des ministres a dû se tenir dans un autre lieu.
Parallèlement, la plupart des commerces ont rouvert, alors que le couvre-feu reste en vigueur dans la capitale, à Alexandrie et Suez de 20h00 (19h00 suisses) à 06h00 (05h00).
La mobilisation a aussi touché le sud de l'Egypte. Des manifestations mercredi à El Kharga, à 400 kilomètres au sud du Caire, au cours desquelles la police a utilisé des balles réelles pour disperser les protestataires, ont fait une centaine de blessés dont trois ont succombé.
Une foule en colère a réagi à ces morts en mettant le feu à sept bâtiments officiels, dont deux commissariats, un tribunal et le siège local du parti au pouvoir.
(ats / 09 février 2011 19:20)
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