"Au cours des troubles de cet après-midi au Caire, le journaliste belge Serge Dumont a été maltraité et arrêté", indique M. Vanackere dans un communiqué, confirmant une information du quotidien Le Soir, pour lequel travaille M. Dumont.
Le journaliste, qui couvre également le Proche-Orient pour le journal suisse Le Temps et le quotidien régional français la Voix du Nord, "a été arrêté par les forces de l'ordre égyptiennes après avoir été agressé alors qu'il suivait les manifestations en cours en tant que journaliste", ajoute le chef de la diplomatie belge.
Selon le communiqué, l'ambassade de Belgique au Caire a eu un contact téléphonique avec Serge Dumont après son arrestation.
"Notre ambassade demande aux autorités égyptiennes d'assurer la sécurité du reporter belge et de faire tout ce qui est nécessaire pour pouvoir le localiser", explique le ministre, en réclamant sa "libération immédiate".
La rédaction du Soir a également pu parler brièvement avec son correspondant et a publié ses propos sur son site internet: "C'était musclé, violent. J'ai reçu une volée de coups à la figure. Ils prétendaient que j'étais un pro-Baradei (Mohamed ElBaradei). J'ai ensuite été emmené chez les militaires, dans l'une des casernes à la sortie de la ville".
"J'ai reçu un verre d'eau, du Nil, m'ont-ils dit, pour que j'attrape la diarrhée. Je suis sous la garde de deux militaires, avec kalachnikovs et baïonnettes. Ils disent que je vais être emmené auprès des services secrets. Ils me reprochent d'être un espion", a-t-il ajouté.
Serge Dumont était présent à une manifestation pro-Moubarak dans le quartier Choubra, dans le centre de la capitale égyptienne, lorsqu'il a été pris à partie, selon Le Soir.
Les trois journaux "ont immédiatement informé les autorités compétentes de leurs pays respectifs", ainsi que des organisations de défense de la liberté de la presse telles que Reporters sans frontières et Human Rights Watch, ajoute le journal.
Au moins 500 manifestants exigeant le départ du président égyptien Hosni Moubarak ont été blessés mercredi dans des heurts avec ses partisans place Tahrir, dans le centre du Caire, selon des sources médicales.
Dans son communiqué, le chef de la diplomatie belge a dit "désapprouver l'usage de la violence aujourd'hui dans les rues du Caire".
"Aucune forme de violence contre des manifestants pacifiques ne nous rapprochera d'une Egypte démocratique, bien au contraire", a estimé Steven Vanackere, en plaidant en faveur d'un "dialogue ouvert et pacifique avec tous les partis politiques et avec la société civile".
"Ceci doit mener à une transition rapide vers des institutions démocratiques respectant pleinement les droits fondamentaux. Des élections libres et honnêtes, cette année encore, sont indispensables", a-t-il ajouté.
(©AFP / 02 février 2011 17h45)
URL de la dépêche: http://www.romandie.com/ats/news/110202164556.synrinst.asp
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